La Coalition des alternatives africaines, dettes et développement du Mali (CAD-Mali), dans le cadre de ses actions de lutte pour le respect des Droits humains, a organisé, mercredi, à son siège, un débat sur la question de la justice migratoire débattue, en même temps, à Bruxelles en Belgique. Comment résoudre cette préoccupation qui mobilise actuellement le monde entier? Quelle relation entre la dette et la migration ? Autant de questions qui étaient à l’ordre du jour de ladite journée qui a mobilisé, des organisations membres de la CAD-Mali, des partenaires du Haut conseil des Maliens de l’extérieur et de la Belgique.

Le débat organisé mercredi dernier par la CAD-Mali se situait dans le contexte de la mobilisation euro-africaine du 13 décembre 2017 dans le cadre d’une campagne belge pour la justice migratoire.
La cérémonie d’ouverture, présidée par le directeur exécutif de la CAD-Mali, Souleymane Dembélé, a enregistré la présence de nombreux responsables de la Coalition ; et des associations partenaires.
Il était notamment entouré par M. Oumar Sidibé et notre confrère Abdou Moumouni Bocoum qui a eu la chance de sillonner l’itinéraire migratoire Sahara-Libye jusqu’au débarquement des migrants au niveau de l’Océan.
En effet, les acteurs africains de la migration sont aujourd’hui unanimes que la politique migratoire européenne est contre-productive à plusieurs titres du fait des forteresses qu’elle a dressées, transformant ainsi la Méditerranée en véritable cimetière pour migrants ; de l’extermination des frontières entrainant la violation du droit d’asile et des valeurs humanistes que prétend présenter l’UE.
Les failles de la directive européenne sur le détachement des travailleurs permettent à des sociétés «boîte aux lettres» d’exacerber le dumping social.
Aussi, les idées fausses colportées sur les migrants nourrissent-elle les forces social-populistes et eurosceptiques.
La justice migratoire qu’on veut construire dans ce contexte, a fait savoir Souleymane Dembélé, est un mot d’ordre fédérateur qui veut remédier aux injustices migratoires en proposant de : lutter contre les inégalités pour que toute personne puisse vivre décemment là où elle souhaite vivre ; mettre en place des voies d’accès sûres et légales au sol européen et mettre fin aux violences aux frontières ; instaurer l’égalité de droit afin de mettre fin au dumping social ; détruire les préjugés et construire un discours objectif et constructif sur les migrations.
En effet, a-t-il noté, depuis 2017, une coalition d’ONG, de syndicats et d’associations diverses dont certaines issues des diasporas, a lancé une campagne en Belgique pour la justice migratoire.
À la veille du Conseil européen du 13 décembre 2017 qui clôture l’année 2017, l’UE persiste jusqu’à ce jour dans le déni et la fuite de ses responsabilités, alors que le renforcement du modèle d’extermination via la négociation de pactes migratoire (sur le modèle de l’Accord UE-Turquie), l’échec du plan de relocalisation des demandeurs d’asile depuis la Grèce et l’Italie, ainsi que l’incapacité à réformer la directive sur le détachement des travailleurs, empêchent l’adoption de solutions concrètes, a-t-il fait constater.
Face à cette tragédie humaine, des milliers de citoyens s’engagent auprès des migrants et refusent de fouler au pied les valeurs de solidarité et d’humanité : comité de soutien, accueil des migrants, aides humanitaires…
«La solidarité est palpable. Loin d’être une fatalité, le repli sur soi peut être combattu par des propositions positives autour de la justice migratoire qui allie la mise en place de voies sûres et légales de migrations et le refus de la mondialisation débridée qui favorise le dumping social dont la majorité des travailleurs sont les perdants, dira le Secrétaire exécutif de la CAD-Mali.
Pour lui, les propositions de solutions issues des organisations de défense des droits des migrants en Europe visent entre autres à garantir des voies sûres et légales de migration fondées sur des critères clairs et équitables ; mobiliser les moyens nécessaires pour atteindre les Objectifs de développement durable de l’ONU à l’horizon 2030 et éradiquer les inégalités mondiales et la pauvreté ; renforcer la directive européenne sur le détachement des travailleurs pour garantir le principe à travers « travail égal, salaire égal ».
Au cours du débat, les intervenants ont surtout insisté sur l’insuffisance d’information ou de prise de conscience au niveau des populations à la base des drames de la migration, considérée toujours par beaucoup de nos compatriotes comme une valeur culturelle ; l’absence ou insuffisance d’alternatives pour des jeunes qui se voient souvent contraints de partir.
Ainsi, les participants aux débats ont proposé plus de financement pour les projets jeunes, le développement des avantages comparatifs au niveau des régions, cercles et communes en vue d’occuper et de fixer les jeunes ; la multiplication des campagnes d’information et de sensibilisation sur les drames de la migration.
En tout état de cause, la bonne gouvernance, à travers une gestion rationnelle des maigres ressources de l’État, s’avère également, selon certains responsables de CAD-Mali comme une alternative crédible pour faire face au phénomène. Toutefois, l’on ne pense pas moins que la migration reste un droit universellement reconnu pour tous et garanti par les textes communautaires et même internationaux.

Par Sidi Dao

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La Coalition des alternatives africaines, dettes et développement du Mali (CAD-Mali), dans le cadre de ses actions de lutte pour le respect des Droits humains, a organisé, mercredi, à son siège, un débat sur la question de la justice migratoire débattue, en même temps, à Bruxelles en Belgique. Comment...