Rien ne peut plus mieux enterrer la fonction présidentielle au Mali. Après quatre années de complexe respiration, la boulimie du pouvoir s’empare définitivement d’un homme qui surprend même ses propres collaborateurs et ministres. La constitution n’a encore rien validé dans le processus de personnalisation du Mali.

Comment un chef de l’Etat peut-il oser, facilement et publiquement, déclarer la donation de 150 hectares à un potentiel milliardaire ? C’est un délire de l’avoir fait et c’est une folie que de l’accepter. La République du Mali n’est pas un Etat mitigé, composé de businessmans et de promoteurs religieux, dont les actions sont parfois aux antipodes de l’éthique religieuse.

La communauté musulmane, monsieur le Président, ne se résume pas à Ousmane Chérif Madani Haïdara, avec tout le respect que nous lui devons. Le Maouloud est une fête nationale et de plus en plus, les chefs religieux qui l’organisent, chacun ayant ses raisons et ses intentions, manquent de place dans les stades. Parmi les fidèles de ces religieux qui avaient favorisé et fait basculer les élections en votre faveur, se trouvent des partisans de vos détracteurs et de vos adversaires politiques.

Nous sommes dans un islam où les têtes ont pris leurs positions. Il ne manque aux leaders religieux qu’une déclaration de politique générale car ils connaissent parfaitement le jeu politique. Comment vouloir défendre un prophète dont certains ne célèbrent ni sa naissance ni son baptême ? Quelle mention donner à un islam où les partisans se font la guerre autour d’un imamat ?  Que certains de nos responsables religieux sachent que dans une démocratie comme le Mali, la religion peut influencer le pouvoir d’autant plus que c’est le bâton de pèlerin de Ladji.

Si vous croyez que les maliens sont si bêtes, vous leur faites offense et leur manquez de respect pour vous avoir élu. Dans plusieurs de vos déclarations, vous avez rappelé que c’est Dieu qui vous a donné le pouvoir,  peut-être. Mais personne ne l’a vu dans aucun bureau de vote. Le pourcentage de maliens qui vous ont porté à Koulouba est connu et Dieu même ne souhaiterait pas vous agissiez ainsi.

Que faites-vous de ces maliens qui sont quotidiennement dépossédés de leurs terres ? De ceux qui investissent tous les jours les mairies, les préfectures ou les gouvernorats à la recherche d’une petite parcelle pour leurs familles ? Oh  Excellence, c’est une erreur que vous avez commise, si elle se concrétise, l’histoire et Dieu vous jugeront car vous ne l’aurez pas seulement fait pour l’Islam. Face à la volonté de Dieu, rien n’est opposable. Ces religieux étaient au cœur et en faveur de la révision, mais vous avez été contraint, face à furie d’une force populaire, de renoncer à votre projet.

L’islam n’est pas une propriété privée et nul ne détient le monopole de l’interprétation. Tidjanya, wahabya, quadriya, soufi, ahmadiya, An sardine et autres sèment la confusion loin d’un islam unitaire et non lucratif. Cet acte est une faute présidentielle et même les amis du chef de l’Etat pensent la même chose bien qu’ils ne puissent le dire. Il faut arrêter de sauver le régime au détriment de la République car personne ne doit surpasser la constitution. Que ça soit Ansar dine ou son guide, ils détiennent les moyens financiers pour s’offrir plus que 150 hectares. Cette décision est tellement religieuse qu’elle tue toute notion de laïcité. Mais les précisons du tribun ministre des domaines pourra encore apporter des précisions sur une décision que même un moineau n’aurait prise au regard des circonstances.

ABC

Source: figaromali

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