Dans un regroupement fondé autour des intérêts, il est souvent difficile de faire un choix. Cela semble d’ailleurs se dessiner à l’Adema, où le simple choix d’un candidat à l’élection présidentielle de juillet est en passe d’ébranler ce géant aux pieds d’argile. En effet, les plus cohérents y sont combattus par les chasseurs de primes.

Pour  le choix d’un candidat à la présidentielle du 29 juillet prochain, l’Adema-Pasj est en ébullition. Le parti est partagé entre ceux qui, par décence, assument leur responsabilité d’être comptable du bilan du quinquennat du Président IBK, ceux qui  renient leur conviction sous la pression, et des aigris  qui s’agitent  et n’aspire qu’à se venger du régime. Entre  ces tendances, on s’achemine vers une implosion inévitable du parti de l’abeille solitaire. Car, la candidature du Pr Dioncounda Traoré, passée aux forceps, ne semble rien rangé au sein de la «Ruche». D’autant plus que l’ex-président de la République par transition entretient lui-même  le suspense autour de cette candidature.

Faut-il rappeler que depuis la validation de la candidature du Pr Traoré par le comité exécutif du parti, les proches de l’intéressé, ainsi que des cadres du parti vont, chacun, de leur déclaration. Pour certains, Dioncounda Traoré a accepté d’être le candidat du parti. Pour d’autres, à 76 ans, l’ancien président de l’Assemblée nationale du Mali ne souhaiterait pas entamer une nouvelle aventure, pour ne pas dire une mésaventure.  Au même moment, certains confrères ont  affirmé que le Pr Traoré a démenti les informations qui lui donnaient partant pour la conquête du pouvoir. A côté de ce monde, se trouve un groupe d’aigris qui s’agite. En l’occurrence Dramane Dembélé (familièrement appelé Dra), un ancien ministre déflaté qui ne cache pas sa frustration.

Face à ce flou artistique,  les récents débats et communications contradictoires entre les cadres du parti de l’abeille solitaire  font craindre le pire. Il s’agit des correspondances du président Tiémoko Sangaré et de son secrétaire général,  Assarid Ag Imbarcaouane,  qui ont enflammé les réseaux sociaux la semaine dernière.

Dans ladite correspondance, le président de l’Adema a, au nom de la direction du parti, notifié à Dioncounda Traoré une lettre  ainsi libellée: « candidature du parti à l’élection présidentielle. Camarade, le comité exécutif  de l’Adema,  Parti africain pour la solidarité et la justice  à la suite de sa réunion du 19 mars 2018, a lancé l’appel à candidature en prélude de la présidentielle du 29 juillet 2018. A l’issue de cette réunion, la direction du parti a aussi procédé, conformément à l’article 84 du règlement intérieur, à la mise  en place d’une commission  de dépouillement des dossiers de candidature à la candidature du parti à l’élection présidentielle du 29 juillet 2018. A l’issue de l’examen du rapport déposé par  cette commission, le comité exécutif, à l’unanimité de ses membres, a validé votre candidature pour être le porte-étendard du parti à l’élection présidentielle du 29 juillet 2018. Par conséquent, par la présente, je vous notifie cette déclaration de la direction et l’ensemble de l’Adema Pasj et voudrais qu’il vous plaise de vous mettre à la disposition du parti pour l’exécution de la mission du parti.  Je puisse vous assurer d’ores et déjà que pour garantir le succès de cette mission à vous confiée, le peuple Adema  et l’ensemble des sympathisants du parti sont engagés à faire tous les sacrifices nécessaires».  Il n’en fallait plus pour  provoquer l’ire du secrétaire général du parti, Assarid AG Imbarcaouane, qui a aussitôt exprimé sa désapprobation.

Dans sa correspondance adressé à Tiémoko Sangaré, Assarid AG Imbarcaouane appelle à ne pas sauter des étapes. «Invalidation du contenu de votre lettre sans N° du 25/04/2018 adressée à Monsieur Dioncounda Traoré, candidat à la candidature du parti à l’élection présidentielle. Contrairement à ce que vous avez écrit, le CE, lors de la réunion d’analyse des résultats  de dépouillement des dossiers,  a certes validé la candidature du Pr Dioncounda Traoré pour la phase du choix du candidat, mais a retenu la mise en œuvre de cette phase qui comporte : l’écoute du candidat en réunion du comité exécutif ;  un vote formel à bulletin secret ; la convocation de la conférence nationale d’investiture du candidat. Votre lettre n’est donc acceptable ni dans la forme encore moins dans le fond. Seul le vote à bulletin secret après l’écoute du candidat peut valider le choix d’un candidat pour  la conférence nationale d’investiture. J’invite les membres du Comité exécutif à se prononcer sur la situation grave créée par le premier responsable du parti », précise le document de M. Imbarcaouane.

Parallèlement à ces déclarations contradictoires, ceux n’ayant pas voix au chapitre, comme le candidat malheureux à la présidentielle de 2013,  Dramane Dembélé, sortent de leur trou pour s’agiter sur les réseaux sociaux.  A l’analyse des publications de Dembélé, on sent de la frustration.  Visiblement consacré à des publications sur facebook, sa sortie du gouvernement oblige, a livré des messages dont nous la teneur est la suivante: «Le peuple Adema-Pasj ne demande que le respect et de la considération pour lui mettre en confiance.DD

Un terme a été fixé par notre 16ème  Conférence nationale. Une fois ce terme échu, le peuple Adema prendra toute sa responsabilité. La conjoncture ne saurait tenir lieu de vérité; l’Adema -Pasj aura son candidat à l’interne

Un large front de militants Adema désignera un candidat à l’interne même si nous serions à un mois des élections malgré le flou entretenu. Ça ne marchera pas!!!».

Au regard de ces déclarations, on peut affirmer que ce parti est en pleine ébullition et s’achemine vers une implosion.

Oumar KONATE

Par La Preuve

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Dans un regroupement fondé autour des intérêts, il est souvent difficile de faire un choix. Cela semble d’ailleurs se dessiner à l’Adema, où le simple choix d’un candidat à l’élection présidentielle de juillet est en passe d’ébranler ce géant aux pieds d’argile. En effet, les plus cohérents y sont...