Après la caravane de la presse qui a sillonné, du 13 au 15 janvier 2018, le cercle de Dioïla, l’honorable Mamadou Diarrassouba a bien voulu nous accorder une interview au cours de laquelle il s’est prononcé sur les réalités politiques de sa circonscription ainsi que les différents projets de développement.

Le Pays : Qu’est-ce qui vous a motivé à réaliser tous ces projets dans votre localité ?

Je crois que dans le cadre du développement, on ne dit pas ce qui nous a motivés. Non, je pense que le développement, c’est à tous les niveaux, à tous les échelons. En tant que natif d’une zone, tu vis les préoccupations et les problèmes réels. Donc, en écoutant les gens, tu dois savoir ce que chacun vit. Tu n’as pas besoin qu’ils viennent en toi pour te dire qu’aujourd’hui, j’ai besoin de cela. Si tel est le cas, cela veut dire que tu n’as pas joué ton rôle. C’est pourquoi, je dis, on a écouté les gens, on a entendu leur cri de cœur, on sait vraiment quelles sont leurs préoccupations. C’est la raison pour laquelle, chaque fois qu’il y a une solution aux problèmes posés, il va falloir agir de manière à les satisfaire. Donc, on n’a pas besoin de vous dire à chaque fois, honorable, venez faire telles ou telles réalisations. En tant qu’élu de la localité, je dois savoir déjà la préoccupation majeure dans tel village et savoir que dans tel autre village, il y a ce problème.

Je donne un exemple, notre préoccupation majeure, c’est vrai qu’il y a le pont de Dioïla, mais ce n’est pas le pont. La préoccupation majeure du cercle, c’est la route Dioïla-Massigui-Koualé ainsi que celle de Fana-Béléco-Kignan. Si tu réalises n’importe quel autre projet, cela ne sera jamais bien apprécié par les populations si ces deux routes ne sont pas encore réalisées.

Certes, aujourd’hui, il n’y a pas que la route. Pour ce qui est en train de se faire, ce n’est pas à six mois des élections que nous nous sommes levés. Non ! Pour le CSCOM de Togo, par exemple, j’avais ce projet sous la main à la veille des élections régionales avortées. Pour éviter la polémique, j’ai demandé de sursoir aux activités avant les élections régionales qui étaient à l’horizon. Après le report, j’ai demandé aux spécialistes de lancer les travaux. Si nous devons faire les élections, je souhaite que nous allions à égalité de chance. Je suis un légaliste, je respecte les principes républicains. Donc, ce que vous avez vu sur le terrain n’ai pas forcement le fruit d’une requête des populations locales. Pour moi, c’était une nécessité. Depuis la campagne pour les législatives, j’ai pu identifier ces besoins sur le terrain. C’est le cas de la mosquée de Dioïla, qui est la première mosquée de la ville.

Le Pays : Aujourd’hui, la préoccupation majeure dans votre circonscription, c’est bien la route. À quel niveau se trouvent ces deux projets ? 

Concernant le projet de la route Dioïla-Massigui-Koualé, les études ont été lancées avec le bureau d’étude CIRA pour un coût de 500 millions F CFA. Le bureau procédera très bientôt au bornage, mais il n’attend que le début de l’hivernage pour connaitre le niveau exact des différents cours d’eau. Nous n’avons pas encore commencé pour le moment les études de l’axe Fana-Béléco-Kignan. En attendant, nous souhaitons que cette route soit réalisée en latérite.

Le Pays : Pouvez-vous nous parler de votre partenariat avec l’ONG Alfarouk ?

L’ONG Alfarouk est un partenaire de taille. Mais, pour qu’elle intervienne dans une localité jusqu’à un certain niveau, il faut d’abord la confiance. Que ce soit la mosquée de Bolibana (Dioïla) comme beaucoup d’autres mosquées, il y a un principe que j’ai adopté. À savoir que je ne me suis pas mêlé dans les passations des différents marchés. Mon seul souci était que les travaux se réalisent, normalement. Aussi, de savoir si la contribution de la population bénéficiaire est versée. En cas d’insuffisance du côté des populations, je me charge de payer la différence. Les bénéficiaires devraient apporter du sable et du gravier pour être éligibles au projet.

Mon dernier chantier, c’est les 100 logements sociaux de Fana. Ces logements étaient destinés pour le cercle de Kati, mais le projet a rencontré des difficultés à tel point que le partenaire (le Qatar) était sur le point de retirer le projet au Mali.

Quand j’ai eu vent de cette situation, j’ai invité le responsable de l’ONG Alfarouk pour le proposer de changer de site. Car le Mali ne pouvait pas se permettre de perdre ce projet dont la réalisation n’était prévue que dans dix pays dans toute l’Afrique. Je lui ai dit que je pouvais lui trouver gratuitement des parcelles. Il m’a demandé où, j’ai répondu dans le cercle de Dioïla. Et il m’a fait savoir que le partenaire voulait que le projet se réalise au bord du goudron. Alors qu’il était en train de négocier la délocalisation du projet avec les responsables de Kati, je suis allé directement à Fana pour rassembler les jeunes, les notabilités et les autorités de la ville de Fana pour leur expliquer le contenu et les critères.

En ce moment même, nous avons identifié un espace juste à côté des logements sociaux de Fana, j’ai donc informé le ministre de l’Urbanisme et des Affaires foncières d’alors Mohamed Ali Bathily qui a accédé à ma requête.

Pour l’attribution du marché, je ne me suis pas mêlé. Ils ont sélectionné deux entreprises, une Malienne et une Chinoise pour réaliser les travaux. Donc, c’est pour vous dire que les relations entre l’ONG Alfarouk et ma propre personne sont basées sur la confiance et la vérité. C’est une occasion de saluer Alfarouk.

Le Pays : Au cours de notre séjour, nous avons constaté un engouement des populations pour votre personne. Est-ce que le RPM peut espérer sur Dioïla pour les élections à venir ?

Je pense que ce qui va venir viendra. Pour le moment, il faut exécuter la mission qui nous a été assignée. Il est très difficile de battre le RPM à Dioïla. Ce n’est pas parce que nous jouons un rôle fondamental dans le cercle. En 2007, je n’étais pas député, j’avais toujours le plus grand nombre de maires ainsi que de conseillers. Le poste du président du conseil de cercle a toujours été occupé par le RPM ainsi que les adjoints. Tout cela dépend de la manière dont nous nous comportons avec les gens. Quand tu es né dans une localité, il faut dire la vérité aux gens. Il ne faut pas trop créer de faux espoir chez les gens, en disant que je vais faire ceci, je vais faire cela.

En plus de cela, il y a le fait qu’actuellement dans le cercle de Dioïla, les notables de Zantiguila à Ména sont tous dans le RPM. Avec toutes ses personnalités dans le RPM, cela fait qu’en cas de problème, notamment foncier, on trouve rapidement la solution ensemble dans le cadre du dialogue et des résolutions à l’amiable. Parce que, s’il y a un conflit, et si les deux protagonistes sont du même bord politique, c’est facile à régler. Cela a fait que nous n’avons pas connu de crise lors des dernières élections. Ce dont nous avons besoin, c’est bien cela. Tu ne verras jamais quelqu’un de Dioïla aller demander une audience à IBK. Leur IBK, c’est nous. Ainsi, nous ne devons pas les mentir.

Je pense que le RPM est confiant à Dioïla, parce que le RPM règle beaucoup de choses à Dioïla. Des problèmes fonciers, aux autres conflits sociaux, on est toujours là pour trouver la solution à l’amiable. C’est pourquoi je les demande toujours de s’entendre et d’avoir la même vision. Généralement, c’est les partis qui attisent les conflits. Chacun défend son côté jusqu’à l’implication de la justice.

Je suis de Dioïla, je sais ce qu’il y a. Ce qui se passe à Dioïla, ce n’est pas bon. Vous avez certainement entendu parler des événements de mars 1991. Car, il y a eu aussi l’histoire des pieds nus qui ont tué le juge Bah. Quand il y a un événement à Dioïla, c’est très difficile de le canaliser. C’est pourquoi il faut aller au rassemblement.

Le Pays : Pouvez-vous nous parler un peu du projet de construction de la nouvelle Maison des jeunes ?

Le dimanche dernier, vous avez été témoins du lancement officiel des travaux de construction de la Maison des jeunes de Massigui. Imaginez-vous que Massigui fait partie des 23 communes du cercle de Dioïla, sinon la plus grande. Alors que plusieurs communes du cercle n’ont pas plus de 23 conseillers, mais celle de Massigui en compte 29. Imaginez une commune de près de 70 000 habitants où il n’y a même pas un endroit pour accueillir nos hôtes de marque. C’est pourquoi je ne réponds pas à ceux qui disent que nous nous sommes levés à l’approche des élections. Il est évident que ce n’est pas le cas. Nous nous sommes levés simplement parce que nous étions en retard. En 2004, il y a eu un conflit postélectoral à Massigui qui a paralysé le fonctionnement de la mairie. Et jusqu’en 2009, aucun investisseur ni aucun partenaire ne s’est rendu à Massigui pour investir. Tout simplement parce qu’ils se sont battus pour le contrôle de la mairie. Imaginez-vous que c’est l’actuel maire et son oncle qui se battaient pour le contrôle de la mairie ? Donc, des membres de la même famille. C’était tellement dangereux. Donc, il y a eu tant d’années sans investissement à Massigui. C’est pourquoi nous voulons aller vite. Aujourd’hui, c’est la maison des jeunes. Vous avez aussi appris dans les journaux que les études ont été lancées pour la construction d’un Centre de santé de référence (CSRéf) à Massigui. Nous avons déjà identifié un site de cinq hectares pour abriter le projet. Dans les mois à venir, il y aura la construction de trois nouveaux CSCOM dans la commune. Déjà, à la fin de ce mois, nous allons mettre une ambulance à la disposition du CSCOM de Massigui.

Interview réalisée par Mama PAGA

 

Source: Le Pays

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