«  Le Mali est debout et en ordre de marche » » tels sont les mots du nouveau président de la nouvelle république du Mali. Nouvelle, parce que la crise que nous venons de traverser ne peut nous donner qu’une renaissance.

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L’élection de Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA est le résultat d’une demande d’autorité que lui-même ne peut ignorer, et son discours martial contre la corruption, l’absentéisme, les retards chroniques de nos fonctionnaires, la demande de travail des jeunes et la justice pour tous en est la preuve.

Les discours  incantatoires ne suffisent plus, le Mali a besoin d’actes et d’actions forts pour que le peuple puisse avoir confiance dans ses dirigeants.

 

Les chemins sont désormais balisés, mais faudrait-il encore les suivre, ce qui est encore à voir.  Au Mali, nous sommes habitués aux préjugés, soyons patients et attendons de voir IBK et son gouvernement à l’œuvre.

 

Ce qui me paraît important aujourd’hui, c’est de prendre conscience des besoins du peuple malien et d’aider désormais les gouvernants à en prendre conscience. Personne n’ignore que le lit de tous les extrémismes du monde entier  est la misère et la crise sociopolitique du Mali n’est pas une exception à la règle. Ce dont le Mali a besoin aujourd’hui, c’est un développement économique, un développement de toutes les régions.

 

Pays aussi vaste s’il en est, le Mali est aussi varié proportionnellement à sa superficie, mais tout ce qui s’est passé depuis notre accession à l’indépendance dans le domaine du développement, m’a paru nourri par une politique à courte vue. Rien n’a été pensé et réalisé sur la base du long terme. Nous nous sommes contentés de petits projets « qui suffisaient juste  pour aujourd’hui » comme on a l’habitude de le dire chez nous.

 

Pour exemple je prends la politique de désenclavement intérieur et extérieur du pays. On a construit des routes c’est très bien, mais combien faudrait-il de camions pour transporter le chargement d’un train de marchandises de Mopti à Kidal ?, A t-on jamais pensé à l’impact de la fréquence des camions sur les routes,  est-ce que les camions peuvent jouer le rôle des transports de masse que constituent les voies de chemin de fer ? A-t-on seulement entamé une étude de coûts comparatifs entre les chemins de fer et les routes, leurs impacts respectifs sur le développement de nos contrées ?

 

A-t-on jamais mis en parallèle la complémentarité qui peut exister entre les chemins de fer et le transport par route ?

 

Le monde sait que le Mali regorge de richesses minières, mais comment les exploiter au bénéfice du peuple malien. Prenons pour exemple les minerais de fer de Tienfala, tout près de Bamako, et le Manganèse des régions du nord, sachant que l’acier est fait de minerais de fer, de manganèse, du carbone et d’autres produits dans des hauts fourneaux ou des aciéries, bref de la métallurgie, comment faire en sorte que ces richesses puissent être traitées chez nous pour le bénéfice du malien, la richesse du pays et l’équilibre de notre balance commercial sans citer la valeur ajoutée à nos produits et les créations d’emploi induites. Cette vision du développement ne peut aller sans la construction des voies de transport de masse que sont les chemins de fer. Le coût peut en être très élevé, mais les retombées en termes de création d’emplois et de développement économique et humain sont incalculables et leur longévité n’est plus à démontrer. Tout le monde sait que le malien est non seulement un voyageur, mais aussi un entrepreneur émérite, il sait comment chercher sa fortune, mais comment faire pour l’aider dans sa quête si nous ne mettons à sa disposition que des moyens limités ? ce qui revient à briser son élan.

 

Comment comprendre, dans un pays aussi vaste que le Mali, que ce qui se produit à Kayes ait du mal à arriver à Tombouctou et ce qui se produit à Mopti ne puisse pas être consommé à Nioro, sans parler des produits de Sikasso que Gao ou Kidal ne puissent pas voir la couleur encore moins de les goutter.

 

Comme la vie politique et sociale du pays a été balisée, il conviendrait aussi de baliser les voies pour les réalisations conséquentes de développement auxquelles le pays doit s’attaquer. Nous devrions commencer par la réalisation d’unités de transformation de nos produits chez nous, ou de faire des infrastructures dans les régions de production pour faciliter les exportations. Il serait convenable par exemple de faire un aéroport fret à Sikasso qui est une très grande zone de production de fruits et légumes, cette infrastructure permettrait l’exportation de la production vers d’autres cieux avec une plus-value aux bénéfices des populations. Nous devons avoir à l’esprit que le Mali est non seulement tributaire de ses voisins qui ont une ouverture sur la mer, mais aussi qu’il est vaste et que son développement va de pair avec le développement des transports dont les transports de masse. Bref les voies de chemin de fer.

 

Le Mali est un pays ambitieux, mais personne de ses dirigeants, sauf Modibo KEITA ne l’a été pour lui, depuis Modibo, nous n’avons pas eu de grands travaux au Mali, il n’y a pas eu de politique ambitieuse pour le développement de notre pays, nous nous sommes contentés  des « peu » qu’on nous proposait, nous étions préoccupés par nous remplir les poches sur le dos  du malien plutôt que de faire des choses pour le bénéfice de tout le monde.

 

Le Mali est un pays singulier, singulier sur le manque de contrôle sur les concessions que lui-même donne. Y a-t-il jamais eu un contrôle effectif sur les cahiers de charges sur la base desquels a été signé le contrat de concession des opérateurs téléphoniques. Sait-on seulement combien ils gagnent et combien ils investissent chez nous ?  Quel est le niveau de réalisation de  ces dits cahiers et dans quels délais. Toutes ces questions auraient mérité d’abord l’attention de nos dirigeants et ensuite portées à la connaissance du public qui doit en être le premier bénéficiaire. Il n’y a-t-il pas une entente illicite entre les différents opérateurs de téléphonie. Comment s’en rendre compte , si les tarifs sont pratiquement identiques, et où est la concurrence, et que sont les avantages pour le consommateur malien ? Seul au Mali on entend dire qu’un débit de 1 méga constitue du haut débit, alors que dans les autres pays on tourne autour de 28 MGHZ par seconde et nous nous contentons des miettes qu’on nous offre avec à la clé les bonnes manières de tromper notre conscience en faisant des dons insignifiants d’ordre caritatif. Le malien, au vu et au su de ses dirigeants est devenu le mouton à tondre. Que font donc les opérateurs de téléphonie mobile chez nous ? Rien, pas d’investissement à hauteur de leur gain, les connexions internet sont inexistantes et le consommateur pas satisfait. Existe-t-il seulement une association de consommateurs digne de ce nom. J’en doute.

 

Il nous sera difficile de nous développer si nous ne nous donnons pas les moyens. Le soleil est ce qu’il y a de mieux chez nous, nous en bénéficions 365 jours dans l’année, mais pourquoi ne pas faire en sorte d’investir dans le solaire, si nous ambitionnons de créer des usines pour le bonheur du peuple malien, alors il faut se donner les moyens de faire baisser le coût de l’électricité. Nous sommes le pays dans la sous région où l’électricité coûte le plus cher, or elle constitue un élément indispensable à notre développement.

 

Les sujets de développement sont légion chez nous, mais tout ce qu’on peut en dire ne peut être que critique. Le Mali est le premier producteur de bovins, ovins et caprins dans la région, mais la Côte d’Ivoire est le premier exportateur de cuirs et peaux  dans cette même région, comment peut-on expliquer que ce pays importe nos animaux pour en tirer le plus de profit ?, c’est tout simplement parce que nous n’avons pas créé d’infrastructures viables pour notre élevage, nous achetons donc la pauvreté des autres avec notre richesse, il en va de même dans presque tous les domaines de nos richesses. Nous n’avons pas cherché à ajouter de la valeur à ce que nous produisons.

 

Les chantiers et voies de réflexion de nos nouveaux dirigeants sont énormes, ils ont certainement une idée de l’ampleur de la tâche, mais il est du devoir de chaque malien de faire autant pour que notre pays soit prospère et le plus tôt sera le mieux.

Moussa KONE

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Source: Tjikan