DES BOURDES AU COMPTE DE L’IMPROVISATION  OU DE CARENCES RÉELLES ?

 

 La vision du Chef de l’Etat:

En page 3 du discours, on prend en pleine figure une formule au relent laudateur comme au bon vieux temps des anciens régimes où tout se faisait au nom et pour le compte de “son Excellence Monsieur le Président de la République”: “Le Plan d’actions du gouvernement (PAG) que j’ai l’honneur de vous présenter traduit la vision du Chef de l’Etat ….”.

Choguel a carrément personnalisé le Plan d’actions en le falsifiant en “vision du Chef de l’Etat”. Cette filiation paraît douteuse. En vérité, le Plan d’actions tire sa paternité de l’article 2 de la Charte  relatif aux missions de la Transition et surtout de la Feuille de route de la Transition conformément à son article15  selon lequel ” le Conseil national de Transition adopte le Plan d’actions de la Feuille de route de la Transition présentée par Premier ministre”.

Le Plan  d’actions n’est pas la vision du Chef de l’Etat. N’en déplaise au Conseiller scribe aigris de n’avoir pas été ministre, qui aurait contribué à cette bourde.

  1. Des poursuites judiciaires engagées qui n’en finissent pas de s’engager

Le ” ministre” Conseiller par défaut pourrait également avoir contribué à cette autre  encore plus grave au titre du quatrième Axe du Plan d’actions dit Quatrième thérapie ou l’on peut lire en page 9 : ” Les poursuites judiciaires sur les  tueries et exactions des 10, 11 et 12 juillet 2020 à Sikasso, Kayes et Bamako SERONT ENGAGÉES “.

Le Premier ministre Choguel voudrait-il  démentir le Procureur?  Est-ce à dire qu’aucune poursuite judiciaire n’avait jusque là été engagée contre ces tueries? Ce genre de bourde est impardonnable s’agissant d’un sujet aussi sensible.

  1. La sortie malencontreuse sur les Syndicats de l’Education

Comme une sortie de route, le Premier ministre s’est  écarté  de son sujet  pour se crisper sur le dossier de l’article 39. En usant bizarrement d’une argumentation qui jure totalement avec les principes républicains de l’Etat de droit.

L’argumentation erronée  et insoutenable de Choguel est de faire croire que l’article 39 demeure en vigueur malgré l’ordonnance contradictoire que le gouvernement vient d’édicter. Au même moment, il n’entend pas l’appliquer comme l’exigent les syndicats.

Dire que l’article 39 n’est pas abrogé par l’Ordonnance 2021-003/PT-RM du 16 juillet 2021 sur l’harmonisation des grilles, relève tout simplement de la manipulation et du mensonge d’Etat.

L’article 39 rentre directement en contradiction avec cette Ordonnance.

Or l’article 4 de l’Ordonnance dispose : “La présente ordonnance, qui ABROGE TOUTES DISPOSITIONS ANTERIEURES  CONTRAIRES sera enregistrée et publiée au Journal Officiel”.

De jure, l’article 39 est implicitement abrogé, car il est contraire à l’Ordonnance 2021. Que propose l’esprit du Mali Kura dans ce cas?

Dr Brahima FOMBA, Université des Sciences Juridiques et Politiques de Bamako (USJP)

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