Se confiant la semaine dernière à notre confrère Jeune Afrique, le président du parti YELEMA (le changement) l’ex-premier ministre Moussa Mara, probable candidat à la présidentielle 2018 déplore le fait que l’administration soit moins présente sur le territoire national aujourd’hui qu’en 2012. Il estime, en outre, que le récent projet de la révision constitutionnelle aurait dû être lancée en 2015, le timing comptant beaucoup en politique.

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– A la question de savoir quelle appréciation il fait du bilan d’Ibrahim Boubacar Keïta Moussa Mara estime que le président a respecté son engagement de consacrer 5 % du budget de l’État à l’agriculture, ce qui fait du Mali un exemple pour l’Afrique. Avant de tempérer que « d’autres dossiers peinent à aboutir, notamment celui du déploiement de l’État dans le nord du pays. L’Administration est aujourd’hui moins présente sur le territoire qu’en 2012 ».

Parlant du projet référendaire sursis, le leader du parti YELEMA déclare que c’est en 2015 qu’il aurait fallu lancer cette révision constitutionnelle. « Une réforme est indispensable. Notre Constitution a presque trente ans et l’accord de paix exige sa refonte. Mais ceux qui se sont emparés du dossier l’ont mal géré. En 2014, dans ma déclaration de politique générale, j’avais recommandé de procéder suffisamment tôt à cette révision pour que le débat ne soit pas pollué par les élections. Il aurait fallu lancer ce chantier en 2015. En politique, le timing compte beaucoup », a-t-il expliqué.

Par ailleurs, relève-t-il, le projet devrait en finir avec le présidentialismeIl ajoute qu’on sentait une volonté inutile de présidentialiser un peu plus notre régime. « Selon moi, on devrait plutôt proposer que le président ne puisse plus dissoudre le Parlement et que ce dernier ait un droit de regard sur certaines nominations ».

Moussa Mara sera-t-il en lice à la présidentielle 2018 ?

L’ex-Premier ministre se contente de dire qu’il est probable que sa formation politique participe à l’élection, avant de relever qu’aucun parti ne devrait se lancer seul dans cette course pour la conquête du fauteuil présidentiel. « Il faut essayer de concourir à la tête d’un mouvement où la société civile non partisane ait sa place ». Et de citer la décentralisation comme axe majeur de éventuel programme de campagne, pour un Mali aussi vaste. « En tant qu’ex-élu municipal et en tant que conseil des collectivités locales dans le privé [il est expert-comptable], je sais ce que pèse la centralisation : 80 % des dépenses publiques sont déboursées selon des plans entièrement pensés depuis la capitale. Or l’accord de paix est clair : 30 % des ressources publiques devraient être allouées aux collectivités locales. Moi, j’irais même jusqu’à 40 % ».Et d’ambitionner également d’une réforme consistant à fusionner le département de la sécurité avec celui de la défense.

Boubou SIDIBE

 

La rédaction 

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