Le gouvernement de rupture, régime au pouvoir depuis 2013, vient de convoquer le collège électoral le dimanche 29 mars 2020, sur toute l’étendue du territoire national, à l’effet de procéder à l’élection des députés à l’Assemblée nationale. En effet, c’est dans un contexte marqué par les réformes du système politique malien avec l’application d’une nouvelle charte des partis politiques et la grogne généralisée au sein des partis politiques, que se dérouleront les législatives qui offriront un centre d’intérêt certain, pour nos analystes et politologues.

Cette élection, la seconde depuis l’accession au pouvoir du président Ibrahim Boubacar Kéita, mettra le Mali sous les projecteurs au regard du riche passé démocratique du pays, mais surtout pour un scrutin que les Maliens ne croyaient plus à sa tenue, tellement les reports se sont succédé. Le Mali est donc en pleine période électorale avec la convocation du corps électoral. Confirmera-t-il son statut de pays démocratique en cette période de crise ? Que risque le Mali ? Que gagnera le pays ? A la lecture des nouveaux textes régissant les élections en république du Mali, les acteurs impliqués dans le processus électoral pourront-ils être à la hauteur et garantir la paix ?

Tels sont quelques questionnements qui nous renvoient aux enjeux et défis des législatives de 2020, à savoir : consolider les acquis pour un Mali révélé ou déprogrammer la vision du Chef de l’Etat ? La question est d’autant plus importante que Majorité présidentielle et Opposition, aux travers des différents blocs nous livrent les prémices d’une bataille farouches : la guerre de survie ! Si pour l’Opposition, il est question, avec une majorité de sièges à l’Assemblée nationale, de «rectifier la rupture » qu’elle trouve aux antipodes des pratiques démocratiques et de la liberté d’expression. Pour la mouvance présidentielle et alliés, une «majorité de confort » aux législatives prochaines reste un gage de réussite de l’ambitieux programme d’actions du gouvernement.

Autant le dire, Majorité et Opposition jouent gros. Car pour l’une et l’autre, c’est une question de survie. Pour ce faire, convaincre les électeurs maliens de la justesse des options devient donc, un sacerdoce ‘’fastidieux”. Deux systèmes antagonistes qui jouent pour la liberté d’actions et le droit d’exister. De ces enjeux, nous voudrions vous laisser entrevoir la portée de ses élections législatives de 2020. En dépit de toutes les attentes, la portée de l’élection du 29 mars prochain est d’abord tributaire de la bonne organisation qui sera mise en œuvre par l’organe de gestion des élections ; ici la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et les autres institutions impliquées dans le processus.

C’est aussi, le rôle qualitatif des organisations de la société civile (OSC) et de la communauté internationale. C’est le respect de la législation en la matière par les listes en compétition et les partis politiques dans l’action. Et c’est aussi et surtout le comportement des électeurs avant, pendant et après le scrutin. En tout cas, sensibiliser tous les acteurs du processus électoral sur les enjeux des présentes élections nous parait une option indispensable pour asseoir la complicité des électeurs au projet sociétal des listes en compétition.

Paul Y. N’GUESSAN

Le Flambeau

MaliwebPolitique
Le gouvernement de rupture, régime au pouvoir depuis 2013, vient de convoquer le collège électoral le dimanche 29 mars 2020, sur toute l’étendue du territoire national, à l’effet de procéder à l’élection des députés à l’Assemblée nationale. En effet, c’est dans un contexte marqué par les réformes du système...