De 8,6%, le taux de représentation des femmes pourrait être revue à la hausse, après les législatives du 29 mars, grâce la loi N° 2015-052 du 18 décembre 2015 instituant des mesures pour promouvoir le genre dans les fonctions nominatives et électives. Comme aux élections communales, cette loi sera strictement appliquée lors des législatives, pour permettre une forte représentativité des femmes à l’hémicycle.

 

47% des députés, c’est le taux estimatif de la représentation des femmes, par des experts, à l’issue des prochaines élections législatives, dont le premier tour est fixé au 29 mars prochain. En tout état de cause, les organisations féminines et les unions des femmes au sein des partis politiques affutent leurs armes pour que le quota des femmes à l’Assemblée nationale pour être à la hauteur du défi.        

Mme MAIGA Sina DEMBA du Réseau des Femmes ministres et parlementaires a salué cette loi qui est une vraie chance pour les femmes politiques du Mali.

« Les élections législatives du 29 mars 2020 sont vraiment spécifiques pour nous (femmes) avec l’application effective de la loi 052 et la loi N° 2015-052 du 18 décembre 2015 instituant des mesures pour promouvoir le genre dans l’accès aux fonctions nominatives et électives, nous allons faire un boom extraordinaire. Parce que nous pourrions nous retrouver avec au moins une quarantaine de femmes députés à l’Assemblée nationale. Donc on est un peu confiant », s’est-elle réjouie.  Elle a ainsi indiqué que techniquement, tout est fin prêt au niveau du Département en charge de l’Administration Territoriale, pour que cette loi soit strictement respectée sur les listes des partis politiques.

Selon Mme KONE Kadidia TOURE, secrétaire exécutive de l’Union des femmes du bureau national du RPM, cette loi sera une opportunité dans certaines localités du Mali où la tâche est très difficile pour les femmes, à cause de certaines réalités socioculturelles.

« Les femmes du Mali doivent se taper la poitrine pour l’adoption de cette loi qui est une première dans notre pays. Que le président de la République en soit vivement remercié. Nous sommes fières, nous les femmes du RPM, de notre président pour sa volonté réaffirmée dans la promotion des femmes », a-t-elle dit, avant de révéler que le président IBK avait toujours refusé des listes nominatives ou électives qui ne contenaient pas de femmes.

Elle a en effet rassuré que bon usage sera fait de cette loi, car au sein du RPM, grâce aux campagnes de sensibilisation, ladite loi a été un succès pour les femmes du parti lors des dernières élections municipales.

« Elles ont été informées et formées sur les enjeux et les avantages de cette loi. Nous veillerons aussi au respect de cette loi. Nous n’allons pas nous battre contre qui que ce soit. Mais nous allons nous faire entendre, car la loi, c’est la loi et force doit rester à la loi. Il faut reconnaître aussi que sans nous les femmes, il n’y a pas d’élection », a-t-elle martelé. À Mme KONE de rassurer que le parti fera toujours de la sensibilisation son cheval de bataille, dans les coins les plus reculés du Mali, en faisant comprendre qu’être femme n’est nullement un handicap pour devenir maire ou député.

« À Bamako ou dans les capitales régionales, ça va un peu. Mais au-delà de ces grandes circonscriptions, les femmes ont tout un tas de problèmes pour se faire élire comme député. On va faire comprendre aux gens qu’une femme peut être maire et député et respecter les réalités de sa communauté », a-t-elle dit.

Quant à Oumou DIAKITE, une militante de l’URD (Union pour la République et la démocratie) à Kita, elle affirme que cette loi a encouragé d’autres femmes comme elle à s’intéresser à la politique.

« On m’a expliqué qu’avec cette loi, les hommes du parti ne peuvent plus nous marginaliser. Vraiment, IBK merci pour cette loi qui est salutaire et pour les femmes de la majorité et celles de l’opposition », a-t-elle martelé. Selon elle, cette loi seule ne suffit pas. Il faut, insiste-t-elle, une volonté politique à atteindre l’objectif de cette loi, qui est de veiller pour que les femmes soient nombreuses dans les instances de décidions.

« Ce qui est intéressant avec les femmes, c’est que quand elles sont dans les partis, leur engagement ne fait pas défaut, mais elles sont souvent bloquées par des problèmes de supports de campagne, donc des problèmes financiers. Or, il faut quand même un minimum de capacité financière et l’accompagnement des organes exécutifs au niveau des partis politiques. Quand le parti est convaincu qu’une femme au niveau de la commune peut apporter un plus, moi je pense que la direction nationale doit tout mettre en œuvre pour l’aider », a-t-elle conseillé. Elle a, par ailleurs, encouragé les femmes à se mobiliser pour qu’elles puissent participer massivement à ces élections communales parce que l’opportunité est là et ‘’la balle est dans le camp des partis politiques et des organisations de femmes’’, a-t-elle dit.

Aux femmes, Oumou DIAKITE a fait un appel de soutenir la liste des partis politiques qui respectent cette loi.

« Laissez les thés, les marmites et les pagnes des hommes. Aidons-nous même à être de l’avant. Ne votez surtout pas pour des hommes, votez pour les femmes. Comme cela, on sera plus nombreux qu’eux dans l’Assemblée nationale », a-t-elle dit.

Signalons que 14 femmes sur 147 soit 8,16% sont à l’Assemblée nationale pour cette législature. Ces résultats sont encore une déception pour beaucoup de femmes et les organisations qui défendent la cause des femmes.

Pour cette année, elles comptent renverser la donne, en faisant usage de cette loi qui est perçue comme un bouillée de sauvetage pour les femmes politiques afin de joindre l’autre bout de l’océan.

PAR CHRISTELLE KONE

INFO-MATIN

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De 8,6%, le taux de représentation des femmes pourrait être revue à la hausse, après les législatives du 29 mars, grâce la loi N° 2015-052 du 18 décembre 2015 instituant des mesures pour promouvoir le genre dans les fonctions nominatives et électives. Comme aux élections communales, cette loi sera...