Le président de la République Ibrahim Boubacar Kéita et son gouvernement ont du pain sur la planche. Ils sont pris dans le feu d’une alliance diabolique des législatives, l’insécurité et le Covid-19. Tandis qu’ils envisagent un bon ménage du trio, les Maliens sont partagés entre le pour et le contre. La situation devient du fil à retordre pour l’instance dirigeante du Mali.

Les défis n’ont pas fait de cadeau au régime du Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita. Et pour cause, l’insécurité au nord n’a pas connu de répit depuis le coup d’Etat de 2012. Au cas du septentrion malien s’est ajouté celui du centre où les FAMa, leurs alliés et les populations civiles tombent sous les balles des terroristes.

Il n’est caché de personne que deux candidats aux législatives ont fait l’objet de rapt. Il s’agit de Mohamed Ag Ahmed alias Mohamed Dofana, maire de la commune de Soumpi et candidat sur la liste RPM aux législatives en cours à Niafunké. Il a été enlevé le 17 mars puis libéré quelques jours après. Dans la même circonscription électorale, le chef de file de l’opposition non moins Président de l’Union pour la république et la démocratie (URD), Soumaïla Cissé, est porté disparu depuis le mercredi 26 mars dans le cadre de sa campagne entre Saraféré et Koumaïra.

Dans le besoin de changer le visage de l’Assemblée nationale, la tenue des législatives est devenue une obligation pour le gouvernement qui a décidé de les maintenir même si le coronavirus entre dans le pays.  Dans la mesure où le dialogue national inclusif (DNI) en fait la vedette des recommandations, le Chef suprême des Armées, IBK, s’est engagé devant l’Eternel et le peuple malien à les appliquer à la lettre.

Pendant que les candidats sont en train de faire la cour au bétail électoral, le coronavirus s’y est greffé et continue de répandre la terreur partout dans le monde. Ce qui faisait la particularité du Mali, c’est que cette maladie n’y avait pas encore fait son introduction.  Maintenant, la Mali enregistre 18 cas du Coronavirus. Malgré ce constat amer, les hautes autorités maliennes ont tenu à ce que l’élection des députés se tienne à bonne date.  Malgré aussi les critiques de beaucoup de Maliens via les réseaux sociaux, le 1er tour des législatives a eu lieu ce dimanche 29 mars 2020.

Bien avant ce 1er tour, une campagne de découragement se tenait sur les réseaux sociaux. Pour beaucoup de Maliens qui s’expriment sur la toile, le Président de la République et son gouvernement tiennent plus à l’élection qu’à la vie des citoyens. Donc, voulant le triomphe du faible taux de participation, ils appellent les Maliens à rester chez eux le jour de l’élection pour éviter le Coronavirus.

Ces rebelles contre l’élection avancent comme raison la difficulté pour les  électeurs et agents du vote de respecter les mesures barrières. Surtout la même encre sert au vote de plusieurs personnes.

Le Covid-19 a marqué ses premiers pas déjà. Cela n’a pas pesé lourd dans la balance du gouvernement pour décider du report des législatives que beaucoup de Maliens appellent de leurs vœux y compris Moussa Mara, un candidat sur la liste Yelema. Il s’agit pour le moment d’attendre pour voir si dans l’entre-deux-tours, le Coronavirus commence à galoper dans le Mali (On ne le souhaite pas), ce que les gouvernants prendront comme décision. Sachant bien que la Métropole qui a démocratisé le Mali a reporté le 2ème tour des municipales pour épargner la population de la tragédie.

Bazoumana KANE

Source: Journal Le Prétoire- Mali

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