Parmi les 15 États membres de la CEDEAO, il n’y en a pas un qui ait autant sacralisé la mystique de l’intégration africaine en l’incluant dans le Serment du Président comme une quête sacerdotale de son mandat, mais aussi en écrivant en lettres d’or dans sa Constitution que « le Mali est prêt à perdre tout ou partie de sa souveraineté pour la réalisation de l’unité africaine ». Ce rappel pour dire que notre pays ne saurait récuser a priori les bons offices des frères africains dans le règlement d’une crise dont la solution a été longtemps entre les mains d’un président de la République qui a joué le pourrissement jusqu’à perdre le contrôle de la situation.


Cette faillite au sommet justifie l’initiative de l’Organisation régionale commune qui, malheureusement, a montré son pire visage aux Maliens dans la gestion de la crise de 2012 et celle de 2020. Il y a 8 ans, la CEDEAO, avec Blaise Compaoré à la manœuvre, a signé un Accord politique avec une junte qu’elle avait tous les moyens de contraindre à rendre gorge pour le retour à la légalité constitutionnelle et d’envisager avec les autorités légales les modalités de la fin de mandat de ATT dans un pays en guerre. Mais elle a préféré s’associer à la demande de démission du président démocratiquement élu de l’époque. Ironie de l’histoire, le putsch est intervenu en pleine réunion du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine qui avait finalement compris les enjeux de la guerre opposant l’armée à la Coalition rebelles-djihadistes ouvertement soutenue par la France qui avait installé les présidents burkinabé et mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz aux rangs de chouchous pour reconfigurer l’Afrique de l’ouest et surtout le Sahel à sa volonté.

En 2020, même pays, mais un décor radicalement différent. La France a atteint, entre-temps, tous ses objectifs politiques au Mal: elle a sanctuarisé la Région de Kidal, fait progresser le projet de l’Azawad, soutenu victorieusement l’élection du président IBK et obtenu du Mali un Accord de coopération militaire et de défense que le vainqueur (Paris), dans l’ivresse d’une revanche, voulait faire signer un… 20 janvier pour laver l’affront de cet autre 20 janvier 1961 quand le Président Modibo KEITA demanda au dernier soldat français de libérer la Base 101 et celle de Tessalit consacrant l’armée malienne dans le rôle exclusif de défense de la Nation. 8 ans après, un Nouvel acteur de premier plan, Alassane Ouattara, a pris le relais de Blaise mais toujours au service du même mentor français qui se satisfait du statut quo à la tête du Mali même si elle eût souhaité du partenaire malien (IBK) un peu plus d’efficacité dans l’action en plus de sa fidélité inébranlable.

Pour imposer cet agenda politique, le président ivoirien a sorti le grand jeu combinant la brutalité et le mépris face au M5-RFP sommé de se rallier aux Recommandations de la CEDEAO. La famille Ouattara est d’ascendance malienne, mais il faut croire que l’homme a perdu le fil du récit généalogique héroïque de ce Peuple pour penser infantiliser les Maliens et les faire fuir au premier coup de semonce. Quelle méprise ! Il faut dire que la célérité, voire la docilité, mise par Koulouba à accepter l’offre CEDEAO a sans doute incité Alassane Ouattara à pousser son avantage plus loin. On croit rêver, mais c’est la CEDEAO qui a fixé l’architecture du gouvernement restreint autour des postes dits de souveraineté. Au Mali, quel ministère de souveraineté plus que celui de l’Agriculture en pleine saison des pluies et au moment où pèsent de sérieuses menaces sur la campagne cotonnière 2020-2021 ? Dommage, ça ne figurait pas sur la liste de Ouattara ! En pleine pandémie du Covid-19, quel ministère de première importance que celui de la Santé ? La vision souveraine de la CEDEAO ne prend pas en compte ce secteur.

Le drame ne réside pas dans le fait que la CEDEAO ait imposé ses choix, la tragédie pour nous Maliens, c’est que notre président ne sache plus les priorités de notre pays où, plus grave, ne soit pas capable de les défendre. Cela fait mal, très mal même !

Bakary Diarra

In Refondation du Mali

Source: Journal l’Aube-Mali

MaliwebMaliweb Malijet MaliactuPolitique
Parmi les 15 États membres de la CEDEAO, il n’y en a pas un qui ait autant sacralisé la mystique de l’intégration africaine en l’incluant dans le Serment du Président comme une quête sacerdotale de son mandat, mais aussi en écrivant en lettres d’or dans sa Constitution que «...