Le dimanche 18 octobre 2020, le Coordinateur du Mouvement Espoir Mali Koura (EMK), Cheick Oumar Sissoko, était l’invité de l’émission ‘’Vis-à-vis’’ de la Radio Peace FM. Entretien avec notre confrère, Bourama Diallo dit Mass !

Peace Fm : comment se porte le M5- RFP ?
Cheick Oumar Sissoko : à merveille !

On le disait pourtant mort de sa belle mort. Qu’en est-il ?
Je n’ai pas connaissance d’une quelconque mort du Mouvement du 5 juin/Rassemblement des Forces Patriotiques.

C’est Issa Kaou Djim qui le dit ouvertement. Qu’en dites-vous ?
Je ne suis pas là ce soir pour parler des turpides d’un homme qui n’est que la voix de son maître. Tout ce qu’il dit et tout ce qu’il fait lui sont dictés. Peut-être qu’en disant cela, il avait pris une dose de Tramadol (Foura Kisséni).

Pouvez-vous nous faire le rappel historique des rapports EMK – M5 -RFP ? Qui est venu vers qui ?
Nous n’avons pas pour principe de nous vanter. Nous ne nous vanterons que si le ‘’Mali Koura’’ verra le jour. Voilà ce qui s’est passé. Nous avions fait le lancement de notre mouvement, le Vendredi 14 mai 2020 à la Mairie du District de Bamako. Le Vice-Président du Front pour la Sauvegarde de la Démocratie (FSD) Choguel Kokalla Maïga, est venu à cette rencontre. Pour nous écouter et comprendre les motivations profondes de notre appel pour l’émergence d’un nouveau Mali.
En marge de cette rencontre, il s’est longuement entretenu avec notre camarade, Prof Ibrahima Ikassa Maïga. Le lendemain, Issa Kaou Djim nous a appelés pour nous rencontrer le même jour. Il a été reçu par une délégation du Mouvement Espoir Mali Koura (EMK). Le Coordinateur de la CMAS a été très élogieux vis-à-vis de notre mouvement ce jour- là et nous a demandé de faire front commun, puisque nous avions les mêmes objectifs. Nous lui avons demandé des garanties. Par exemple si leur mouvement religieux qui, a pour habitude de faire sortir les gens pour renverser le régime et reculer par la suite ne ferait la même chose si nous mettons ensemble ? Il nous a clairement dit :’’non !’’ sans baisser la tête, qu’il ne peut pas répondre à la question. L’histoire nous donne raison car nos craintes ont été justifiées.

Les relations entre l’imam Mahmoud Dicko et le M5 -RFP sont-elles au beau fixe?
L’imam Mahmoud Dicko est en mission. Dès qu’il sera à Bamako, nous allons le rencontrer pour échanger à cœur ouvert sur notre collaboration. Je profite de l’occasion pour dire que l’imam Mahmoud Dicko était notre autorité morale et non politique. Raison pour laquelle, il ne participait pas aux réunions du M5- RFP.

L’autorité morale c’est l’appui- conseil. Qui est fou au point de se passer des conseils d’un imam, qui constitue par excellence, une référence sociale ?
Le fait que la CEDEAO rencontrait l’imam et le M5 RFP séparément n’était-il pas de bon aloi ?
Peut-être que oui. Je te disais tantôt que l’imam n’était pas membre du M5 -RFP, mais son autorité morale. C’est peut-être pour cette raison qu’elle procédait ainsi. Cependant, l’imam a fait croire plus d’une fois à l’opinion nationale qu’il était à la fois l’autorité politique et morale du M5- RFP.
La première, c’était lors du Rassemblement du 5 juin 2020, plus de deux heures d’attentes pour lui seul. Quand il a parlé, il est parti. Et beaucoup de gens sont partis à sa suite. D’autres sont restés.
La seconde, c’est le 19 juillet. On avait convenu de se diriger avec la foule sur la colline lors de nos réunions. Il a opté pour l’envoi d’une délégation restreinte à Koulouba. Ce jour- là, j’étais mécontent du haut du podium.

Certains responsables du M5- RFP sont ministres du Gouvernement de Transition, mais le mouvement a fait un communiqué pour dire qu’il n’a aucun représentant dans l’exécutif ? Qu’en pensez-vous ?
Certes, nous avons des camarades dans le Gouvernement, mais ce n’est pas notre regroupement qui a envoyé leurs CV. Ils ont été choisis à notre insu. Au cours d’une rencontre avec le Premier ministre Moctar Ouane, le dimanche, on lui a dit que notre regroupement a besoin de 8 postes ministériels pour contribuer à la mise en œuvre des réformes politiques et institutionnelles. A notre grande surprise, nous avions appris la mise en place du Gouvernement le lendemain.

Ce gouvernement est-il à la hauteur pour faire face aux enjeux de l’heure ?
Accordons-lui trois mois d’exercice pour mieux le juger à l’œuvre. Ce gouvernement contient beaucoup de patriotes intègres et compétents, mais aussi quelques petits voyous. C’est dommage qu’il n’y ait pas eu d’enquêtes de moralité sur les différents ministres.
Sur le nombre, nous avions proposé un gouvernement de 20 ministres eu égard au contexte actuel. Je pense que 25 ministres est de trop pour un gouvernement de Transition. Tout de même, c’est mieux que 34 ministres sous le magistère d’Ibrahim Boubacar Kéita.

Allez-vous retourner dans la rue contre ce gouvernement ?
Nous n’allons pas combattre ce gouvernement, à moins qu’il ne pose des actes allant dans le sens de la régression de notre pays. C’est dommage que toutes les actions posées par le gouvernement s’inscrivent en droite ligne de l’organisation des élections. Il n’y a pas que les élections. Il y’a des réformes politiques et institutionnelles à mettre en œuvre, des services publics à auditer et la commission d’enquête pour les victimes des 11,12 août. Aussi, je pense que ce gouvernement doit réduire le train de vie de l’Etat en diminuant les grands voyages et la charge commune (budget de 500 milliards sur un budget national de 2 mille milliards) géré entre le ministre de l’Economie et des Finances et le Président de la République après que les autres institutions ont reçu leurs dotations budgétaires. Personne ne sait l’usage fait de cette colossale somme.

Vous parlez de réduction du train de vie de l’Etat. Une vice-présidence a été créée dont personne ne connait les avantages financiers. Était-elle pertinente ?
Honnêtement, je pense qu’elle est inopportune. Ça pouvait passer dans le cadre d’une révision constitutionnelle. Aussi, elle n’est pas de nature à favoriser la cohésion entre le Président de la République et son Premier ministre. Le colonel Assimi Goïta pouvait participer dans la gestion des affaires publiques autrement.

A quand la mise en place du Conseil National de Transition ?
Nous avions rencontré le Comité National pour le Salut du peuple (CNSP) pour échanger sur les conditions de mises en place de cet organe politico- législatif de 121 membres. Nous voulons nos représentants là-dans, pour peser sur les réformes politiques et institutionnelles.

Il semble que le CNSP veut la présidence de ce conseil aussi ?
Nous voulons l’entendre directement de leurs bouches.

Beaucoup de zones d’ombres existent dans ce coup d’Etat. En est-il un ? Comment comprendre la non-arrestation du Directeur de la Sécurité d’Etat, Moussa Diawara et du fiston national, Karim Keita ?
Ces interrogations sont légitimes. Mais, c’est vous les journalistes qui doivent mener des investigations et non se contenter de poser des questions. En tous cas, j’ai pas compris la non arrestation de Moussa Diawara et le fait de laisser libre Karim Keita. Tout porte à croire qu’il y’a beaucoup de zones d’ombres dans ce coup d’Etat. Et les premières actions du CNSP, qui a d’abord pris langue avec l’ancienne majorité présidentielle que nous avions combattue, collaborent cela. C’est peut-être des erreurs. Je voudrais bien y croire.

Revenons sur la mise en place du Président et du Premier ministre de Transition…
Nous avions échangé avec le Comité National pour le Salut du peuple (CNSP) autour de l’idée de collège pour la désignation du Président de la transition. Je pense que le collège devait choisir entre plusieurs candidats. Ce qui n’a pas été fait. Aussi, le M5-RFP n’était représenté dans ce collège, mais l’imam Mahmoud Dicko.
Concernant la primature, l’imam Dicko nous a fait savoir que nous ne sommes pas à la hauteur de la tâche. Il a proposé Moctar Ouane, Abdoulaye Idrissa Maïga et Samba Lamine Sow. Les deux derniers ont fini par désister. Nous avions notre part de responsabilité dans cette affaire, car nous avons laissé faire le CNSP.

Le M5- RFP et d’autres organisations réclamaient la libération de Soumaïla Cissé, qui l’est enfin. Quel sentiment vous anime ?
C’est un sentiment de satisfaction. Dans cette affaire, ce qui est important c’est que les modes opératoires des terroristes sont en train d’évoluer. Hier c’était des prises d’otages occidentaux. Aujourd’hui, c’est des personnalités nationales. On ne sait pas demain à qui le tour ? Peut-être que ces groupes terroristes s’attaqueront demain à Bourama Diallo dit Mass, animateur-vedette de la Radio Peace Fm, pensant faire une bonne moisson avec cette prise. Que Dieu nous en garde !(Sic).

Propos transcrits par Alpha Sidiki Sangaré

Le challenger

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