Monsieur le Président de Transition !

Les citoyens d’un pays constituent la plus précieuse des matières premières pour construire et soutenir le développement national. Ce n’est donc pas un hasard si cette prise de conscience a fait apparaître la notion de Ressources Humaines. Oui, Monsieur le Président, ce sont des ressources qu’il faut utiliser à bon escient pour parvenir à construire le Mali prospère et performant que nous appelons de tous nos vœux.

Ce n’est pas aussi un hasard si les pays les plus peuplés du monde et dont on se gaussait de cette surpopulation il n’ y a guère longtemps, notamment la Chine, l’Inde et autres, ont su transformer ce que beaucoup considéraient comme un handicap, en un atout important de développement, nous prouvant ainsi que lorsqu’il s’agit de population, il faut la considérer comme des Ressources dont il faut se soucier de la qualité et non seulement de la quantité.

Mais pour relever ce défi, il faut passer par l’Education et la formation, deux secteurs importants de l’activité nationale à ne plus traiter de façon marginale, mais avec plus d’attention et de rigueur.

Monsieur le Président de Transition ! Est-ce normal que dans un pays comme le Mali, le président de la République et le Premier ministre, à eux deux seulement, encaissent près de 200 millions de Fcfa par mois comme fonds politiques, alors que les écoles, les universités, sont dénuées du minimum nécessaire pour étudier sérieusement ? Est-ce normal que le minimum dû aux enseignants et relevant de leurs droits, ne puisse être payé sous le prétexte que l’Etat n’a pas d’argent, alors que des avantages véritablement superflus sont accordés à des citoyens dont le salaire mensuel et les indemnités y attenant sont  déjà suffisants pour vivre comme des bourgeois pour pouvoir regarder, de haut, le citoyen Lambda au nom et pour le compte de qui ils parlent et agissent ? Pour revenir à l’Education, est-ce normal qu’en pleine crise de Covid-19, l’Etat pense à soutenir tous les secteurs d’activité sauf celui de l’Education ?

Monsieur le Président !

Beaucoup d’écoles et instituts d’enseignement supérieur privés risquent de mettre la clé sous le paillasson, après la suspension des cours qui a écourté l’année scolaire, causant ainsi un manque à gagner énorme, pendant que de lourdes charges financières continent de peser sur eux, causant d’ailleurs des conflits entre bailleurs et promoteurs d’écoles privées menacées d’expulsion.

Dans des pays voisins, le secteur privé de l’Education a reçu une subvention de l’Etat pour faire face à la situation. Mais au Mali, le secteur de l’Education entend parler de milliards débloqués par-ci et par-là, sans jamais en humer l’odeur. Des milliards mobilisés par l’Etat, pour lesquels d’ailleurs vous devez initier une opération de traçabilité afin de rendre compte au peuple malien de leur utilisation.

Mais en attendant, Monsieur le Président, le secteur de l’Education étant une des principales préoccupations nationales relevées par les concertations organisées par le Cnsp après le coup d’Etat pour définir les priorités du Mali, il faut donc poser, hic et nunc, des actes pour soigner l’école malienne très malade. Et sauver le secteur privé de l’éducation du naufrage qui le guette doit être le premier de ces actes.

A.B.NIANG

Source: Aujourdhui-Mali

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