Peu avant sa nomination au poste de nouveau ministre malien chargé des Réformes institutionnelles, Amadou Thiam présidait encore l’ADP-Maliba, parti arrivé troisième à la dernière présidentielle. Au gouvernement, le ministre âgé de 35 ans hérite du brûlant dossier de la révision de la Constitution, un pilier important de la mise en œuvre de l’accord de paix. Portrait en cinq points.

1. Le plus jeune 2e vice-président de l’Assemblée

Lorsqu’il a été élu député de la commune V du district de Bamako, lors des élections législatives de 2013, Amadou Thiam n’avait que 29 ans et était déjà une petite révolution dans le marigot politique malien connu pour être le terrain de jeu des vieux crocodiles. Mais Amadou Thiam venait à l’époque du parti de l’Alliance démocratique pour la paix (ADP-Maliba) de l’homme d’affaires Aliou Diallo, qui a été un acteur majeur de l’élection du président malien Ibrahim Boubacar Keïta en 2013. De ce fait, Amadou Thiam a été élu deuxième vice-président de l’Assemblée nationale du Mali, devenant ainsi le plus jeune deuxième vice-président de l’Assemblée.

2. Se lance dans la politique à la suite du coup d’État de 2012

Intelligent, très religieux et ayant un penchant pour le business, rien ne laissait envisager qu’Amadou Thiam allait un jour faire de la politique. Mais le coup d’État du capitaine Amadou Haya Sanogo et la crise politico-sécuritaire de 2012 l’ont finalement basculé dedans, « pour ne pas rester des acteurs passifs de la vie de la nation », explique-il aujourd’hui. Amadou Thiam fonde ainsi l’ADP Maliba avec le richissime homme d’affaires malien Aliou Diallo, qu’il a connu plus tôt dans le domaine des prestations de services pour sa mine d’or.

« C’est par patriotisme que me suis lancé dans la politique suite à la crise politico-sécuritaire de 2012 », explique Amadou Thiam à Jeune Afrique. Pour sa première année de formation, qui a coïncidé avec l’élection présidentielle, l’ADP-Maliba réussi à faire élire cinq députés à l’Assemblée nationale en se posant ainsi devant le Parti pour la renaissance nationale (Parena) de Tiébilé Dramé, ou encore le Congrès national d’initiative démocratique (Cnid) de Mountaga Tall.

3. Polyglotte et familiarisé avec le mieux religieux

« Je suis toujours religieux et ce n’est pas incompatible avec la politique », souligne Amadou Thiam, qui rappelle fièrement qu’il a toujours « évolué dans les réseaux islamistes au Mali sans pourtant être membre du bureau du Haut conseil islamique ». En 2013, lorsqu’Amadou Thiam s’était présenté pour être élu député, il a notamment bénéficié du soutien du très influent chérif de Nioro et de Mahmoud Dicko, alors président du Haut conseil islamique du Mali. Polyglotte, Amadou Thiam parle français, anglais, arabe, allemand, peulh ou encore bamanakan.

4. Diplômé de l’Achimota School

Détenteur d’un MBA Finance obtenu en 2012 à l’ESG de Paris, et d’un DESS en Communication, médias et événementiel dans le même établissement, Amadou Thiam est surtout fier de son parcours à l’Achimota School, au Ghana, où il a choisi la gestion et l’administration. C’est d’ailleurs dans cette école ghanéenne qu’ont été diplômés les anciens présidents ghanéen et zimbabwéen Kwame Nkrumah et Robert Mugabe.

C’est dans les années 2000 qu’Amadou Thiam retourne au Mali. « J’ai toujours eu la volonté de servir mon pays », précise-t-il.

5. Divorce avec son parti ADP-Maliba

Depuis 2018, une divergence de point de vue est apparue entre Amadou Thiam et Aliou Diallo, les deux fondateurs du parti l’ADP-Maliba. Alors qu’Aliou Diallo demandait aux membres du parti d’aller à l’opposition sans rejoindre la coalition dirigée par le chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé, Amadou Thiam, pour des raisons politiques, prônait le fait de rester avec la majorité présidentielle.

Le parti a fini par présenter son candidat contre Ibrahim Boubacar Keïta en 2018 et s’était classé en troisième position, mais la divergence de point de vue entre les deux hommes persiste. Le divorce entre les deux hommes est finalement consommé depuis avril 2019, lorsqu’une décision de justice a annulé le bureau politique présidé par Thiam.

JA

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Peu avant sa nomination au poste de nouveau ministre malien chargé des Réformes institutionnelles, Amadou Thiam présidait encore l’ADP-Maliba, parti arrivé troisième à la dernière présidentielle. Au gouvernement, le ministre âgé de 35 ans hérite du brûlant dossier de la révision de la Constitution, un pilier important de la...