L’organisation sous-régionale a conditionné la levée de ses sanctions à une transition rapide.
Elle demande un civil à la tête de l’État et des élections dans un an.

 

«Le putschisme est une grave maladie. Pour en guérir, une seule ordonnance : les sanctions». Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, a donné le ton de la réunion virtuelle de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), vendredi. La Cédéao ne compte pas relâcher la pression sur les auteurs du coup d’Etat contre l’ordre institutionnel. Les chefs de la junte sont allés en personne plaider leur cause auprès des dirigeants de la région. Jeudi, le colonel Malick Diaw, vice-président de l’autoproclamé Conseil national de salut du peuple (CNSP), a rencontré successivement le président burkinabè, Roch Kaboré, à Ouagadougou, puis Mahamadou Issoufou à Niamey. Le même jour, les officiers ont fait publier au Journal officiel de la République du Mali un «Acte fondamental», rédigé à la manière d’une mini-Constitution, afin de donner un vernis juridique au nouveau pouvoir. Sans remplacer la loi fondamentale de 1992, le texte la «complète, modifie ou [y] supplée», précise l’article 41, «avant l’adoption d’une charte pour la transition». En attendant, le président du CNSP, le colonel Assimi Goïta, 37 ans, «assure les fonctions de chef de l’Etat». Une façon de combler le «vide constitutionnel», qui préoccupe la Cédéao. Ces efforts n’ont toutefois pas été suffisants aux yeux des dirigeants ouest-africains, qui ont choisi de maintenir les sanctions imposées au Mali au lendemain du coup d’Etat. La Cédéao «prend acte de la libération du président Keïta ainsi que celle des autres officiels détenus», a indiqué Mahamadou Issoufou à la sortie de la réunion, mais «demande aux responsables du CNSP d’engager une transition civile immédiatement». Plus précisément, l’organisation sous-régionale souhaite la «nomination d’un président de la transition», qui ne «sera pas candidat à l’élection présidentielle». Elle détaille même son profil : «Une personnalité civile reconnue pour ses qualités professionnelles et sa probité intellectuelle et morale.» Par ailleurs et après avoir annoncé son retrait de la scène politique, l’imam Mahmoud Dicko, figure centrale de la crise politique au Mali, a refait surface en adressant une mise en garde sans ménagement à la junte, la pressant de tenir la promesse du changement et refusant de lui donner «carte blanche». «J’ai demandé à tout le monde de se réunir autour du Mali. Je le demande toujours mais cela ne veut pas dire que les militaires ont carte blanche», a-t-il déclaré.
R. I.

El Moudjahid

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L'organisation sous-régionale a conditionné la levée de ses sanctions à une transition rapide. Elle demande un civil à la tête de l'État et des élections dans un an.   «Le putschisme est une grave maladie. Pour en guérir, une seule ordonnance : les sanctions». Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, a donné...