Les problèmes du centre ne sont pas ethniques, selon le Haut représentant du Président de la République pour les régions du centre, Pr Dioncounda Traoré.

Le Haut représentant du président de la République pour les régions du centre, Pr Dioncounda Traoré, a animé, le 23 janvier dernier, à son siège, une conférence de presse. Il était entouré par son secrétaire permanent, Diango Sissoko et son expert militaire, Colonel-major Abass Dembélé.

Pr Dioncounda Traoré a réitéré ses remerciements au chef de l’Etat pour lui avoir confié cette mission difficile, complexe mais vitale pour le Mali. Laquelle consistera à faciliter les échanges intra-communautaires et contribuer au rapprochement des points de vue à la lumière de l’intérêt exclusif du peuple malien ; instaurer et maintenir un climat de confiance entre toutes les communautés impliquées et entre ces communautés et l’Etat ; contribuer au rétablissement des services sociaux de base ; assurer le suivi des crimes perpétrés à Koulongo, Ogossagou et Sobane Da et autre crime semblable commis au centre.

Le Haut représentant du président de la République pour les régions du centre affirme avoir eu à ce jour 500 contacts en lien avec la situation qui prévaut dans ces parties du pays. Son équipe a travaillé à identifier les vraies causes de la crise. Pr Traoré met le doigt sur l’abandon de mécanismes socioculturels de règlement de conflit agriculteurs-éleveurs par les générations actuelles, la mauvaise gouvernance, la défaillance de l’Etat (des représentants devenus de véritables prédateurs), la mauvaise distribution de la justice. « Les conflits non réglés se sont multipliés, les frustrations, les rancœurs et les rancunes se sont douloureusement accumulées, aggravées et exacerbées créant une situation de violences continue et comprimée qui devrait éclatée à la première opportunité. Et cette opportunité a été fournie par le retrait progressif de l’Etat, voire son absence totale dans certaines zones. Les populations ont été livrées à elles-mêmes et ont perdu toute confiance en l’Etat dont elle n’attende plus rien. L’heure de règlements de vieux conflits a sonné, engendrant des violences intra et inter communautaires qui devaient rapidement conduire à la création de milices, de groupes d’auto-défense dont certains évolueront rapidement quant à leurs premières vocations », a expliqué l’orateur.

Enrôler des éléments de toutes les ethnies

Selon lui, ces djihadistes se sont manifestés à travers des opérations de charme pour rendre la justice, aider les habitants à récupérer leur bétail volé. Ils ont aussi semé la terreur et procédé à l’endoctrinement religieux. « Ce qui a permis d’enrôler des éléments de toutes les ethnies du Centre, Dogonons, Bozos, Peuls, Dafings, Bambara, etc. Et les ressortissants de ces ethnies sont utilisés pour des opérations ciblées. Pour attaquer un village dogonon, les Peuls sont utilisés. Et ces Dogonons pensent qu’ils sont massacrés par des Peuls. Pour attaquer un village peul, les Dogonons sont utilisés. Et ces peuhles pensent être massacrés par des Dogonons. Ce scénario avait pour but de montrer qu’il y avait un conflit ethnique au centre du Mali », a-t-il souligné.

Et la conséquence a été que les différentes ethnies se sont armées et la recrudescence des violences a créé une situation favorable aux jihadistes. Dont le dessein inavoué  est de détruire l’Etat malien démocratique et laïc à en croire l’ancien président de transition, le dessein avoué des djihadistes.

Last not the least, le djihadisme, a-t-il révélé, a acquis une nouvelle qualité qui a pour dénomination le mimétisme. Aussi met-il en cause certains pays du Moyen-Orient qui financent les groupes djihadistes.

A en croire Pr Dioncounda Traoré, « les problèmes du centre ne sont pas ethniques ». « Nous passerons par le dialogue avec les vrais acteurs. Nous sommes suffisamment avancés dans l’identification de vrais acteurs », a-t-il déclaré tout en affichant son optimisme de mettre  fin aux conflits entre les communautés. «Nous avons des plans, des solutions, des suggestions à faire au chef de l’Etat… A notre niveau, nous avons des solutions à proposer. Ce ne sont pas des solutions partielles », a-t-il lancé. Il est persuadé que les actions qui seront menées dans le futur, permettront de récupérer certains combattants djihadistes.

Toutefois, prévient-il : on ne peut pas supprimer cette menace d’un coup de baguette magique. Pr Dioncounda Traoré va plus loin en avertissant que le théâtre des opérations risque de s’étendre au Mali et ailleurs avec plus d’attaques contre les cibles militaires. Selon lui, « la lutte contre le djihadisme devrait être une lutte commune ». Certains partenaires ne sont pas nets, a-t-il regretté.

Le Haut représentant du président de la République pour les régions du centre s’est prononcé sur le débat encours relatif au départ des forces partenaires du Mali. Il s’agit, a-t-il dit, d’une propagande bien réfléchie des groupes djihadistes. « C’est une propagande qui divise les Maliens et qui crée la diversion ».

J’ai envoyé des émissaires à Kouffa et Iyad Ag Aghaly

Pr Dioncounda Traoré privilégie le dialogue sans pourtant écarter une action militaire menée par une coalition. Il affiche sa volonté de travailler avec tout le monde. « Je suis prêt à travailler avec tous les Maliens et toutes les Maliennes. Nous sommes prêts à lancer une passerelle de dialogue avec tout le monde sans exclusion. J’ai envoyé des émissaires à Amadou Kouffa et Iyad Ag Aghaly. Le dialogue est nécessaire et indispensable. Il faut qu’on se rencontre et qu’on se parle », a-t-il annoncé. Il appelle les populations, les dirigeants et les politiques à soutenir les Forces armées de défense et de sécurité du Mali.

Chiaka Doumbia

Source: Le Challenger

 

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