Nous, signataires du présent Manifeste,

Après avoir fait les constats suivants :
1 Sept ans de pratiques de mauvaise gouvernance de toutes sortes du régime ont plongé le Mali dans une crise profonde aux plans sécuritaire, politique, économique et social avec comme conséquence un pays en lambeaux, des conditions de vie et de travail extrêmement difficiles pour le peuple malien, voire quasi-intenables pour une large frange de la population.


La corruption et l’enrichissement illicite adossés à l’impunité généralisée et l’absence de redevabilité, le népotisme et le clientélisme (notamment en matière de recrutement dans les structures publiques, d’accès aux postes de responsabilité de l’Etat, d’élection des représentants du peuple) et la fraude électorale ont pris une ampleur jamais égalée compromettant ainsi l’existence même du Mali.

2 En effet, le régime a enlevé toute dignité à la procédure électorale dans notre pays et l’a conduit dans l’impasse. L’élection n’est plus un instrument efficace de régulation du processus démocratique et ne permet donc plus de réaliser le désir fort de changement de gouvernance souhaité par le peuple. C’est ainsi qu’il a réduit à néant la possibilité de changement de gouvernants et de gouvernance par les élections communales de 2016, présidentielles de 2018, aussi et surtout des législatives de 2020. Les tripatouillages des résultats des législatives de 2020 par la Cour Constitutionnelle ont fini par ruiner tout espoir qu’une élection organisée par le régime puisse être autre chose qu’une mascarade pour se maintenir au pouvoir.

3 En plus des mascarades électorales, le régime a choisi d’empêcher le peuple de manifester son mécontentement et son rejet d’une gouvernance inacceptable en recourant systématiquement à : la répression sauvage des manifestants et des leaders politiques ; l’enlèvement de journalistes et de leaders politiques ; la prise d’arrêtés liberticides, les assassinats de manifestants.
Il a par conséquent fait de l’Etat malien, un Etat hors-la loi. La brutale répression par les forces de sécurité, et en particulier par les forces anti-terroristes, des manifestations contre le tripatouillage des résultats des élections législatives de 2020 par la Cour Constitutionnelle ont fini par convaincre les plus sceptiques à ce sujet.

4 La pression de plus en plus forte exercée par le régime sur le pouvoir judiciaire devient un handicap pour l’instauration de l’Etat de droit. Il existe une volonté manifeste de mettre fin aux actions courageuses de lutte contre la corruption engagée par la justice.

5 Le régime est prêt à payer un prix encore plus fort pour rester au pouvoir : la partition du Mali à travers la mise en œuvre de certaines dispositions de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation issu du processus d’Alger (APR). L’installation de l’Assemblée Nationale au forceps et la désignation de son Président le 11 mai 2020 en exerçant une forte pression sur les députés et l’achat de votes ne vise qu’à engager sans délai le processus de révision constitutionnelle dont l’objectif inavoué est d’ouvrir la voie à l’application de ces dispositions. Une volonté manifeste de prendre le peuple malien de vitesse en cette période de pandémie du coronavirus !

6 Le blocage de l’école malienne par le refus du gouvernement d’appliquer la loi et de respecter ses engagements,

7 La privation des maliens d’eau et d’électricité en cette période de forte chaleur et de pandémie du coronavirus.

8 Le désir de changement de gouvernance du peuple malien pour des lendemains meilleurs n’a jamais été aussi fort et il ne croit plus en la capacité du régime actuel de le faire car il a continué à persister dans ses pratiques de mauvaise gouvernance en dépit de nombreuses protestations du peuple. Plus personne ne croit en ses promesses sans lendemain.

Au vu de tout ce qui précède, nous nous sommes engagés à mener ensemble des actions multiformes de mobilisation du peuple malien afin de :

1 Mettre fin à la gouvernance corrompue et prédatrice de ressources publiques du régime au profit d’une minorité. Entamer un processus de refondation de l’Etat dans laquelle une gouvernance vertueuse assurera la paix, la sécurité, et de meilleures conditions de vie et de travail aux populations ;

2 Préserver l’intégrité territoriale du Mali, son unité et sa souveraineté sur toute l’étendue du territoire ;
3 Restaurer l’Etat de droit et consolider la démocratie pour permettre au peuple malien de jouir librement de tous ses droits constitutionnels, y compris des élections régulières, sincères et crédibles se traduisant par une forte légitimité des institutions de la République ;

4 Exiger la libération immédiate et sans condition de Soumaïla Cissé Chef de file de l’opposition. Exiger la libération de tous détenus politiques du régime.
Convenons d’unir nos forces pour la mise en œuvre du présent Manifeste.

Fait à Bamako le 22 Mai 2020

Les signataires :

Source: Bamada.Net

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Nous, signataires du présent Manifeste, Après avoir fait les constats suivants : 1 Sept ans de pratiques de mauvaise gouvernance de toutes sortes du régime ont plongé le Mali dans une crise profonde aux plans sécuritaire, politique, économique et social avec comme conséquence un pays en lambeaux, des conditions de vie...