Une mission de la CEDEAO dirigée par Goodluck Jonathan vient de boucler un séjour de 2 jours dans notre capitale (11 et 12 janvier 2020). Lors de ce déplacement de 48 heures, des rencontres avec des acteurs chargés de l’organisation des élections présidentielle et législatives de l’année prochaine, les autorités de la transition et la classe politique ont eu lieu. L’ancien président nigérian qui n’est plus à présenter dans notre pays était accompagné par Mme Shirley Ayorkor Botchway, ministre des Affaires étrangères de la République du Ghana, Présidente du Conseil des ministres de la CEDEAO et du Président de la Commission de la CEDEAO, Kassi BROU. Les acteurs politiques n’ont pas raté l’occasion de décharger leur bile en portant sur la place publique leurs griefs sur les reformes, l’organisation d’élections générales, la ‘’mise en place rampante d’un régime autocratique’’… Toutes choses qui placent les autorités dans une posture inconfortable.

 

Selon un communiqué de la Primature, trois domaines ont constitué le centre d’intérêt de la mission de la CEDEAO conduite par SEM Goodluck Jonathan dans notre pays.
Il s’agit de: la feuille de route de la transition ; l’inclusivité du processus ; le niveau de concertation avec les différents segments de la société.
Le médiateur a aussi fait remarquer que l’ébullition du front social et les récentes arrestations ne sont pas de nature à faciliter la conduite de la transition. Le Premier ministre Moctar Ouane a souligné que le programme de la transition assorti d’un chronogramme est bien ficelé depuis le 25 novembre 2020 et n’attend que le quitus du Conseil National de la Transition censé valider selon la charte de la transition.
Quant à l’inclusivité, tous les acteurs seront impliqués au processus qui sera enclenché.
Enfin s’agissant de la question des personnalités arrêtées, le dossier est entre les mains de la justice. Moctar Ouane rassure, que son gouvernement veillera au respect des lois et des droits.
Pour rappel, le communiqué en date du 31 décembre 2020 du Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de la Commune III du District de Bamako informe qu’une ‘’information judiciaire a été ouverte contre les nommés Mahamadou KONE, Vital Robert DIOP, Souleymane KANSAYE, Aguibou Macky TALL, Youssouf Mohamed BATHILY alias RASBATH et Boubou CISSE pour complot contre le Gouvernement, association de malfaiteurs, offense à la personne du Chef de l’État et complicité de ces faits’’.
Dans son mémoire devant la Mission de la CEDEAO, le Président du M5-RFP, Dr Choguel Kokalla MAIGA, parlant de ‘’l’inacceptable mise en place rampante d’un régime autocratique, avance : ‘’en témoignent les arrestations extrajudiciaires qui se généralisent et qui sont inacceptables dans un État de droit nonobstant la présentation ultérieure des personnes « enlevées » devant les autorités judiciaires’’.
Au cours d’une conférence de presse organisée le vendredi 8 janvier 2020, le Collectif des avocats pour la défense des personnes arrêtées pour ‘’complot contre le Gouvernement association de malfaiteurs, offense à la personne du Chef de l’État et complicité de ces faits’’ dénonce plutôt un procès politique, une violation des droits de leurs clients garantis par l’article 10 de la Constitutions du Mali.
‘’Le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP) suit avec gravité l’évolution de la situation nationale caractérisée par des arrestations extrajudiciaires (…). La présentation ultérieure des personnes arrêtées ou détenues en dehors de toute procédure et délais légaux ne saurait, en aucun cas, ni justifier les méthodes employées, ni couvrir les graves violations de la loi et encore moins préserver les libertés et droits fondamentaux du citoyen énoncés dans la Constitution de la République du Mali et dans les Conventions internationales dûment ratifiées’’.
En attendant que la justice ne fasse ‘’toute la lumière sur ces faits suffisamment graves (NDLR : complot contre le Gouvernement, association de malfaiteurs, offense à la personne du Chef de l’État et complicité de ces faits), ce dossier n’en finit pas de meubler les conversations des salons feutrés de Bamako et de faire des vagues avec des manifestations de soutien au PDG de PMU-Mali Vital Robert DIOP des travailleurs de la boîte ou des tentatives de manifestation des militants du CDR dont la demande n’a pas reçu suite favorable du Gouverneur du District de Bamako au double motif de l’état d’urgence et des mesures de restriction liées à la propagation de la maladie à Coronavirus.
Sur le rapport du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le Conseil des ministres du mercredi 23 décembre 2020 a adopté un projet d’ordonnance autorisant la prorogation de l’état d’urgence déclaré sur le territoire national. L’adoption du présent projet d’ordonnance s’inscrit dans ce cadre et permettra aux autorités compétentes d’assurer la mise en œuvre diligente des mesures d’urgence arrêtées dans le cadre de la lutte contre la COVID-19 et à faire face aux défis sécuritaires du pays. Le projet d’ordonnance adopté proroge jusqu’au 26 juin 2021 à minuit l’état d’urgence en cours.
S’agissant de l’organisation d’élections générales, le PARENA insiste à dessein sur la mise en place de ‘’l’organe indépendant en charge des élections’’, après avoir exprimé ‘’ses préoccupations relatives à la création par le Gouvernement d’une Cellule d’appui aux opérations électorales de la Transition’’.

PAR BERTIN DAKOUO

Source : INFO-MATIN

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