Evoluant dans les étages supérieurs du pouvoir depuis les années 90 jusqu’à son départ de la primature en 2011 à quelques mois avant le coup d’ « Etat » de mars 2012, Modibo SIDIBE n’avait jamais lutté politiquement au sens strict du terme. C’est-à-dire, il n’a à aucun moment engagé un combat en vue de conquérir le pouvoir politique.

Proches des Présidents Alpha Oumar KONARE et de Amadou Toumani TOURE qui le propulsèrent de manière déterminante dans la haute sphère de l’Etat, Modibo SIDIBE alias VAN ne serait-il pas en train d’attendre qu’on (ATT) lui donne le pouvoir sans répondre d’un parcours politique qui aurait pu lui permettre d’être mieux connu dans sa vision, ses convictions auprès de ses compatriotes ?

C’est du moins ce que l’on est tenté de penser lorsque Modibo SIDIBE ne fait son entrée sur la scène politique de manière officielle qu’en 2011-2012 avec une volonté vraisemblable de devenir Président de la République. La création d’un parti politique dénommé FARE (Forces Alternatives pour le Renouveau) vient lever toute équivoque sur les ambitions politiques de l’homme (Modibo SIDIBE) fortement soupçonné dans les rumeurs être le dauphin de Amadou Toumani TOURE qui aurait déjà jeté son dévolu sur lui pour le soutenir.

Si l’on devait croire à cette version des faits, Modibo SIDIBE avait un soutien de taille : celui du Président sortant qui de surcroit, organisait l’élection de son remplaçant. Pour qui sait, en Afrique de manière générale, il est possible de perdre les élections dont nous avons en charge l’organisation. Cependant, il est honnête de reconnaître que ce scenario n’est pas fréquent.

Cette réalité est tant ancrée dans nos usages politiques que très souvent, les Présidents candidats ont tendance à se légitimer pour un autre mandat avant même d’avoirle quitus du Peuple souverain pour les pays qui vivent en démocratie comme le nôtre.

Malheureusement, l’élection présidentielle prévue pour le 29 avril 2012 ne se tiendra plus.  La situation sécuritaire a fait un bilan lourd en pertes humaines,…Ce qui provoqua une ébullition du front social (femmes de soldats) à partir de Kati jusqu’au renversement du Président Amadou Toumani TOURE.

Celui qui fut hier un soutien déterminant à Modibo SIDIBE, prétendant au fauteuil présidentiel, renda sa démission avant de s’exiler à Dakar au Sénégal. Dès lors, Modibo SIDIBE dépourvu de soubassement politique digne de ce nom et voyant son mentor dans une situation ne lui permettant d’apporter un appui determinant dans la perspective de la réalisation de son vœu : celui de devenir Président de la République, a vite compris la nécessité de se construire une vraie trajectoire politique.

Cependant, il est déplorable pour Modibo SIDIBE d’avoir choisi de se promouvoir sur l’arène politique à un moment où la génération de dirigeants (celle des années 90) dont il fait partie, sont de plus en plus désavoués par le Peuple qui commence à dire son ras-le-bol à une race de leaders, responsables de nombreux échecs contre lesquels, les maliens se dressent aujourd’hui. Comme le dit un éminent penseur, l’on ne peut pas créer des problèmes et vouloir être de leurs solutions. C’est une duperie ni plus ni moins.

Quoi qu’il en soit, Modibo SIDIBE ne semble pas prêt à jeter l’éponge en dépit de toutes ces incertitudes qui devraient normalement l’amener s’il veut être réaliste à redéfinir ses ambitions politiques.

Ce qui est sûr, le moment du repos n’est pas celui du travail encore moins s’il se fait intensément. Chaque chose a son temps et Modibo SIDIBE semble s’égarer dans la compréhension de cette sagesse. Il parait que l’on apprend souvent dans la vie à ses dépens !

La rédaction

Par Midi-Info

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Evoluant dans les étages supérieurs du pouvoir depuis les années 90 jusqu’à son départ de la primature en 2011 à quelques mois avant le coup d’ « Etat » de mars 2012, Modibo SIDIBE n’avait jamais lutté politiquement au sens strict du terme. C’est-à-dire, il n’a à aucun moment engagé un combat...