L’histoire nous enseigne que les gouvernants maliens n’ont jamais su tirer du passé des leçons pour l’avenir de notre peuple travailleur. Bien de Maliens qui croyaient vraiment en IBK avaient cru qu’avec le départ de Modibo Keïta de la primature, ce serait pour le Mali un tout nouveau départ. A moins de s’abreuver d’illusions aberrantes, sinon il semble déjà évident que le président de la République n’a nul souci d’apporter des éléments de réponse adéquate à la crise généralisée qui creuse chaque jour davantage le fossé entre les Maliens et le régime IBK qui les étouffe.

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La crise socioéconomique et sécuritaire avait si gravement torpillé l’honneur et la dignité de notre peuple que tout le monde (ou presque) voyait en Modibo Keïta, un Premier ministre incapable de soulager les souffrances du peuple malien. C’est pourquoi, bien d’analystes voyaient dans le remaniement ministériel tant attendu un moyen d’apporter à la crise sociale désormais endémique du Mali des éléments dé réponse idoine pour notre pays. Hélas !

La première preuve que la montagne devait accoucher d’une souris, c’est la nomination de son directeur de campagne lors de la présidentielle de 2013 au poste de Premier ministre. Cet homme qui n’est plus à présenter est donc celui du sérail au service sans réserve du président IBK.

La deuxième preuve que la crise de tous les secteurs vitaux de la République dit peu de chose à IBK, c’est l’augmentation inattendue du nombre des ministres de 34 à 35. Comme pour dire que pour le président, peu importe le cri de détresse de son peuple, pourvu qu’il gouverne.

Sinon, comment comprendre qu’au moment où ça bouillonne sur tous les fronts pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des hommes de la santé et des enseignants du fondamental, du secondaire et du supérieur que le Premier ministre Abdoulaye Idrissa Maïga se donne le loisir de nommer trente-cinq (35) ministres pour la ponction dans le budget national.

Faites le petit calcul du traitement salarial de ces ministres pour un mois, vous vous prendrez la tête et le front dans la paume des mains ! Où situer alors sa fameuse phrase désormais gravée dans toutes les mémoires en République du Mali : «Nul ne peut prendre le pays en otage» ? Sauf qu’il a oublié d’ajouter tout bonnement ‘’sauf IBK et sa famille’’.

En tout cas, tout porte déjà à croire que le président se prépare, pour 2018, certainement sans compter avec les masses laborieuses du Mali. Tout compte fait, le remaniement ministériel de la semaine dernière n’augure aucune intention du président de faire face aux très nombreuses revendications de son peuple et pour cause : sur 34 ministres de l’équipe sortante de Modibo Keïta, le tout nouveau Premier ministre a reconduit vingt-quatre (24).

Les ministères stratégiques n’ont aucune chance de mieux faire au regard des nouveaux locataires :

– On constate, par exemple que  Tiéman Hubert Coulibaly, qui n’avait nullement brillé à la Défense est revenu dans le gouvernement. L’on rappelle avec amertume que sous son commandement notre armée a perdu en un temps record à Nampala dix-sept (17)  de nos soldats et 35 blessés. C’était dans la nuit du 19 juillet 2016. Ce qui a visiblement fait déborder le vase, c’est la disparition tragique de onze de nos soldats entre Téninkou et Diafrabé. C’était le 7 août 2016. Que Tiéman soit encore à l’Administration territoriale, cela ne peut servir utilement notre peuple.

– Mohamed Ag Erlaf, qui a tout fait sauf briller à la tête de l’Administration  territoriale, de la Décentralisation et de la Réforme de l’Etat, est passé à l’Education nationale en lieu et place de Kénékouo Barthélémy Togo qui s’y est livré à cœur joie au parentalisme. Il y a fort à parier que le nouveau ministre de l’Education nationale ne peut servir la haute cause de l’école malienne tant il est vrai qu’il est  en terrain pratiquement inconnu.

– Me Kassoum Tapo, ministre des Droits de l’homme et de la Réforme de l’Etat. Les Maliens n’oublieront jamais le gâchis orchestré par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) dirigée par Me Tapo lors des élections de 1997. Tenez-vous bien : ces élections organisées par la CENI et sous l’égide de Me Tapo ont coûté au contribuable malien la bagatelle de 21 milliards de F CFA. C’est bien le même Tapo qui est venu à la tête du ministère des Droits de l’Homme et de la Réforme de l’Etat.

L’on ne peut rien attendre de bon de Me Tapo car son ministère est une charge de plus pour notre peuple quand on sait qu’au Mali les droits élémentaires de l’homme n’ont jamais reçu le moindre traitement favorable et n’ont jamais fait l’objet de la moindre attention sincère de la part de nos gouvernants, hier comme aujourd’hui et cela depuis la chute de Modibo Keïta, premier président de la République. Ces droits dits de l’homme sont entre autres : la nourriture décente, les soins de santé décents, le logement décent pour le peuple.

Bien entendu, il ne s’agit pas de la farce spéculative des droits de l’homme sur toutes les lèvres ça et là en France comme au Mali. Notons en passant que le peuple malien se meurt de tous les maux comme la faim, les maladies les plus bénignes comme le paludisme, le manque de logement.

A ce niveau, il faut rappeler que les logements dits «sociaux» sont la chasse gardée des ministres, directeurs, hommes et femmes d’affaires haut perchés et sans scrupule aucun. L’on se moque de notre peuple en érigeant en son nom un ministère des «Droits de l’homme».

– Mme Diarra Raky Talla, en porte à faux avec les syndicats des travailleurs du Mali, n’a que faire au ministère du Travail, de la Fonction publique, chargé des Relations avec les institutions de la République. Ce serait une grosse aberration d’attendre de celle-ci une quelconque amélioration des conditions de vie et de travail des fonctionnaires du Mali.

– Que faut-il attendre de Mme Traoré Oumou Touré si ce n’est d’œuvrer à réveiller les vieux démons et les diables du Code la famille et des personnes qui avait failli emporter le régime conteur du général Amadou Toumani Touré ? Rien absolument !

– Nul doute que les hommes passent mais les peuples demeurent. Mais pourquoi faire appel à cet ancien ministre de Moussa Traoré et de la courte transition de Dioncounda Traoré en la personne de M. Tiénan Coulibaly ? Comme s’il est le seul financier compétent et que sans lui le Mali ne saurait marcher !

– Comme les Maliens le savent déjà, à beau chasser le naturel il revient au galop. IBK ne s’est pas dérobé à la règle en faisant appel à un novice comme Me Baber Gano au ministère des Transports et Mme Traoré Seynabou Diop à l’Equipement et au Désenclavement. Mais il ne saurait en être autrement quand on sait leur appartenance à «Ma famille d’abord».

– D’autre part, l’amère expérience du président ATT reste dans tous les esprits. Celui-ci a nommé, contre toute attente, le seul médecin néphrologue du Mali, Mahamane Khalil Maïga à la tête du ministère de la Défense et des Anciens combattants. Le constat fut cuisant : ses patients mouraient au gré du vent et des oiseaux, faute de spécialiste à leur chevet au Point G.

– Fort de ce constat, ATT a dû le remettre à son travail après tant de pépins. Ne tirant aucune leçon de ce fiasco d’ATT, IBK a nommé le professeur chercheur Samba Ousmane SOW à la tête du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique. Certainement, cette nomination ne peut que torpiller l’ardeur du professeur dans les recherches en santé publique et cela aux dépens du développement de la science. Quel gâchis pour le Mali !

Au regard de la composition du nouveau gouvernement dirigé par Abdoulaye Idrissa Maïga, il apparaît clairement que c’est pour continuer de plus bel la ponction de la sueur de notre peuple travailleur. Aller savoir le coût de l’entretien d’un ministre malien !

En tout cas de trente quatre (34) ministres dans le gouvernement de Modibo Keïta on va à trente-cinq (35) avec le Premier ministre rentrant. Il est utile de rappeler ici que le Premier ministre Cheick Modibo Diarra, à la tête d’un gouvernement de combat de dix- sept (17) membres a réussi un travail patriotique pendant que les vannes financières étaient fermées au Mali. Comme pour dire que ce n’est pas le nombre qui compte mais avant tout l’amour pour le pays.

Et qui n’a pas entendu la fameuse mise en garde du président IBK à l’adresse des travailleurs du Mali à la clôture de sa fameuse Conférence d’entente nationale : «Nul ne peut prendre le pays en otage !». Sauf, monsieur le président, ceux qui sont au- dessus de la République, de ses lois et de ses intérêts !

Mais la roue de l’histoire tourne sans arrêt. ‘’En toute chose, il faut considérer la fin’’, a-t-on coutume d’entendre !

Fodé KEITA

Par Inter De Bamako

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L’histoire nous enseigne que les gouvernants maliens n’ont jamais su tirer du passé des leçons pour l’avenir de notre peuple travailleur. Bien de Maliens qui croyaient vraiment en IBK avaient cru qu’avec le départ de Modibo Keïta de la primature, ce serait pour le Mali un tout nouveau départ....