C’est une impressionnante marée humaine (estimée à plusieurs milliers de personnes) qui était au Boulevard de l’Indépendance, dans l’après-midi d’hier, mardi 11 août 2020 à Bamako. Tous ces manifestants, sous la conduite de leurs leaders l’imam Mahmoud Dicko et les responsables politiques dont Dr Choguel Kokalla Maïga, Me Mountaga Tall et d’autres, ont réclamé la « démission d’IBK et de son régime ».
Visiblement, la contestation du régime IBK ne faiblit pas. Au contraire. Le mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) était hier mardi 11, une nouvelle fois, dans les rues pour non seulement protester contre la gouvernance actuelle du pays, mais surtout pour réclamer « le départ du président de la République et de son régime ». C’est dans ce sens que les pancartes portant « IBK dégage » ont encore été ostensiblement brandies par les manifestants en colère pour diverses raisons.

Pour certains, il urge que « le pouvoir fasse tout pour la libération sans délai de Soumaïla Cissé », alors que pour d’autres, « le chef de l’Etat a montré ses limites » dans la gestion du pays.
D’aucuns s’insurgent contre ce qu’ils appellent « la corruption et la mauvaise gouvernance à ciel ouvert », « l’oligarchie et la non-gouvernance », « le tripatouillage des élections », « le laxisme et le détournement des moyens destinés aux forces de défense et de sécurité », etc. Et de souligner que c’est tout cela qui fait que le pays s’enlise dans la crise sécuritaire, avec une certaine démotivation des forces de défense et de sécurité dans la lutte contre le terrorisme, avec son corollaire de nombreuses victimes dans leurs rangs.
Les leaders de la manifestation ont expliqué ce qu’ils ont appelé « le mécontentement du peuple ». Certains feront écho à l’image du conducteur qui a le permis de conduire, mais fait trop d’accident et trop de mauvaise manœuvres. Et Choguel d’exiger le retrait pur et simple du permis pour éviter que le véhicule et ses passagers ne périssent définitivement.
Les manifestants ont longuement scandé des expressions hostiles au pouvoir avant de lancer des cris exigeant que le président « quitte le pouvoir ». Comment cela peut-il se faire au moment où des partisans du pouvoir menacent de porter plainte contre IBK pour haute trahison » s’il venait à démissionner dans le contexte actuel ?
Il est désormais urgent que le chef de l’Etat agisse à travers l’annonce de mesures fortes voire exceptionnelles dans le sens de l’apaisement des mécontents et autres frustrés de sa gouvernance. Ces mesures devraient concerner nécessairement l’attelage gouvernemental d’union national à mettre en place, à travers le réexamen imminent du contentieux électoral post-législatives, les suites judiciaires à donner aux tueries (23 morts et près de 200 blessés lors des précédentes manifestations des 10, 11 et 12 juillet à Bamako),la gouvernance elle-même en particulier la question de l’impunité et la corruption, etc. Il urge donc que IBK réponde à la sollicitation d’écoute que ne cesse de marteler l’autorité morale du M5-RFP, l’imam Mahmoud Dicko. Il pourrait d’ailleurs organiser une rencontre en tête- à-tête avec ce guide religieux et pourquoi pas avec les principaux leaders politiques de la contestation qui est en passe de…plomber le pays.

Bruno D SEGBEDJI

Mali Horizon

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C’est une impressionnante marée humaine (estimée à plusieurs milliers de personnes) qui était au Boulevard de l’Indépendance, dans l’après-midi d’hier, mardi 11 août 2020 à Bamako. Tous ces manifestants, sous la conduite de leurs leaders l’imam Mahmoud Dicko et les responsables politiques dont Dr Choguel Kokalla Maïga, Me Mountaga...