Selon les historiens, l’Islam est rentré dans cette partie de l’Afrique appelée ‟Pays des Noirs” en 734 avec l’arrivée des troupes du mouvement islamique Omeyyade. Il a été depuis cette date d’un tempérament modéré, acceptant en son sein nos pratiques qui vont avec lui.Cette perception de l’Islam dans notre société était bien intégrée dans nos mœurs islamiques. Cependant de plus en plus, depuis le dernier quinquennat de ATT on a constaté une certaine déviation vis-à-vis de cette ligne conductrice, avec la grande manifestation contre le code de la famille. Le dit code faisait avancer la société malienne dans la pratique des droits de l’homme. Malheureusement les religieux radicaux ne l’on pas compris dans ce sens en août 2009.Dès lors, les leaders religieux, ont été courtisés par les politiques, conscients de leur degré d’organisation et de mobilisation.

Contrairement aux premiers présidents de l’après l’indépendance, qui ont fait le choix responsable d’un état laïc et républicain ; nos dirigeants actuels au lieu de louer l’effort de leurs camarades politiques qui ont passé   à la tête de l’Etat disent plutôt à haute voix que leur élection est due aux religieux. Par conséquent, ils sont redevables vis-à-vis des  religieux. Ce qui a surpris de plus, c’est le cas d’I.B.K qui se fait protéger par les leaders religieux.On se rappelle que lorsqu’il était à la Primature de 1994 à 2000, il a fait battre les religieux marcheurs contre la non fermeture des bars pendant le mois de carême.

Nous comprenons dès lors pourquoi, cette immixtion des religieux dans la gestion étatique jusqu’à aller défié les décisions de l’Etat tel que l’Etat d’urgence. Si sous Alpha l’Etat avait une emprise sur la religion, tel semble ne pas être le cas sous I.B.K qui a été élu grâce aux religieux selon ses propres expressions.Sous leur pression, il a même crée un Ministère des Religieux. Sous la transition, Soumana SACKO en qualité de Premier Ministre a refusé l’immixtion des religieux dans la politique et s’était opposé également en septembre 2013 à la création d’un Ministère  chargé des affaires religieuses.

N’est-il pas temps que le Président I.B.K trace la limité à ne pas dépasser dans la gestion de l’Etat pour les religieux. S’il ne le fait pas, ils amèneront en 2018, un Imam comme Président de la République. Pour éviter cela, IBK fait les yeux doux à n’importe quelle occasion aux religieux à telle enseigne que le chef de département en charge de la religion est devenu un griot peul pour IBK. Au lieu de ne parler que de religieux et de culte, il se fait passer actuellement comme un ‘’fina’’ (griot lettré en arabe) chargé d’animer la précampagne électorale du Président IBK.

La dernière trouvaille d’IBK, c’est l’octroi séance tenante de 150 hectares de terre à l’Association Ançardine International le 7 septembre 2017, lors de la cérémonie de clôture des festivités afférentes au Maouloud. IBK va-t-il retirer le domaine privé des propriétaires de terrain au profit des partisans de Ousmane Cherif Haïdara ? Si IBK est vraiment au sérieux il y a un espace  disponible entre Anefis et Kidal. Cette localisation est la meilleure, car même si les Ançardines en veulent plus, ils pourront bénéficier d’une extension sensible. Egalement ils seront à côté de l’autre Ançardine d’Iyad Ag Ghaly et les deux Ançardines vont cohabiter sur le même espace.

En réalité, il n’est pas possible d’avoir un tel espace entre Bamako et Gao, entre Bamako et Kayes, de même entre Bamako et Sikasso, entre Bamako et Kourémalé pouvant contenir 150 hectares et qui n’appartiennent à aucun village, ou à des privés. En analysant de près, le Cherif semble bien assimiler la technique qui contraint IBK à agir contre son gré. Il profite à chaque instant de ses nombreuses prêches pour le mettre sous pression en lui demandant des faveurs en public.

Cela a été sa technique pour accéder au stade du 26 mars pour ses manifestations, dès lors le stade du 26 mars est cédé à zéro franc désormais. Il en a été de même pour amener une ligne spéciale électrique chez le Cherif, une ligne qui donne de l’électricité en permanence. Pour ce faire, il a profité du Maouloud de l’année 2016, pour pointer du doigt le problème d’électricité depuis l’arrivée d’IBK au pouvoir. Comme on pouvait s’y attendre, IBK a mis le ministre de l’énergie en demeure de réparer vite cette insuffisance ce qui a été fait.

En 2015, lors de la Ziaara dédiée à son père à Tamani, il a encore pointé IBK du doigt  sur le mauvais état de la route qui va dans son village. En mai 2017, IBK en personne s’est déplacé pour aller à Tamani et donner le premier coup de gradeur de ladite voie qui sera bitumée sur 31kms pour un coup de 13 milliards F CFA. Le Président IBK sera-t-il encore capable de tracer la limite entre la religion et l’état ?

Nous n’en sommes pas surs, car le ver est déjà dans le fuit. Pour IBK ce sont les religieux qui l’ont élu, donc il leur doit respect et obéissance, alors que, officieusement c’est la junte militaire qui l’a amené au pouvoir en fraudant dans les camps militaires pour lui donner une avance conséquente sur ses adversaires. Paradoxalement presque, tous ces membres sont incarcérés.

A travers la démission du général Moussa Sinko, et sa lettre y afférente, nous savons désormais que ceux qui lui ont donné le pouvoir veulent le-lui retirer. L’annonce de la candidature de Moussa Sinko, fera qu’IBK se repliera d’avantage sur les chefs religieux pour un hypothétique deuxième mandat. Ceux-ci pourront-il le sauver en 2018 ? Attendons de voir.

Seydou DIARRA    

Le Carréfour

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