La tendance de l’opposition politique malienne à vouloir surfer sur toutes les vagues de contestation, est un schéma dangereux pour elle. Car, un adage africain dit : « Quelle que soit la longueur de tes urines, elles retomberont toujours sous tes pieds ».

marche-manifestation-opposition-malienne-modibo-sidibe-fare-mahamadou-hawa-gassama-soumaila-cisse-urd

La polémique autour d’un soi-disant accord de réadmission des immigrants, est la nouvelle vague de contestation sur laquelle l’opposition malienne surfe actuellement. C’est un député du principal parti de l’opposition, Mamadou Hawa Gassama qui est allé accueillir à leur descente d’avion, à Bamako, les deux Maliens expulsés d’Allemagne et était présent à la conférence de presse que ces derniers ont organisé (Dieu seul sait qu’ils en ont été poussés ou pas). Et d’après le confrère qui a rapporté ladite conférence de presse, le député a tenu à réaffirméer à nos infortunés du jour « le soutien de l’opposition à ces deux Maliens expulsés d’Allemagne ».

Quelques jours avant cette conférence de presse, l’Ambassade de la République fédérale d’Allemagne, livrait un communiqué dans lequel il expliquait les raisons de l’expulsion de nos deux compatriotes. « Les autorités de la République fédérale d`Allemagne ont ce 6 janvier rapatrié avec un vol sécurisé deux ressortissants maliens. Les deux ressortissants maliens ont été munis des laissez-passer établis par l´Ambassade du Mali à Berlin. Il n´y n’avait aucune incertitude sur l´identité de ces deux personnes qui se sont déclarés Maliens lors de leur demande d´asile en République fédérale d´Allemagne. Les demandes d´asile n´ont pas eu de suites favorables et les deux Maliens étaient obligés de quitter le territoire allemand. Les deux cas se sont aggravés à cause du comportement agressif de ces deux personnes ». Un internaute est assez explicite sur le sujet : « Soyons francs comme l’Islam nous l’impose. Le rapatriement des ces compatriotes n’a rien à avoir avec un quelconque accord. En Allemagne toutes les demandes de séjour y comprises les demandes d’asile sont examinées et tranchées. Nos deux frères n’ont pas eu gain de cause car on estime qu’ils ne sont pas persécutés ou menacés au Mali donc ils ne peuvent pas bénéficier du statut de réfugié. Surtout quand ils transitent par des pays dits “pays sures” comme l’Espagne ou la Belgique. Leur séjour en Allemagne était purement humain si non ils seraient expulsés dès le verdict. Ils ont été tolérés malgré l’illégalité dans laquelle ils vivaient. Les autorités judiciaires appellent cela duldung. Et une fois qu’on décide d’expulser quelqu’un en situation irrégulière, et qu’on pense qu’il pourrait se cacher (disparaître) on le met en prison (Abschiebehaft) juste le temps de trouver un moyen de le larguer.
Croyez moi, les Européens appliquent leurs lois à la lettre. Aucun diplomate ne peut les obliger à violer leurs lois. Si nos frères retournent malgré tout, ils iront directement en prison. A quoi bon? »

Pour une opposition qui aspire, un jour, diriger le pays, il est bon qu’elle fasse preuve de discernement et dire la vérité quand il le faut. Un expatrié, quel que soit ce qu’il puisse rapporter à son pays d’origine, s’il est jugé en situation irrégulière, il doit être sanctionné selon les lois du pays d’accueil. On ne peut légitimer l’illégalité sous prétexte que le mis en cause contribue à l’essor économique de son pays d’origine. Le vrai débat c’est plutôt comment protéger ceux qui sont dans des situations légales dans des pays étrangers. Même si l’opposition était au pouvoir aujourd’hui, elle ne pourrait empêcher l’expulsion de ressortissants maliens dans d’autres pays déclarés dans des situations d’irrégularité. La règle confirme le droit. C’est pourquoi, nous disons que l’opposition joue avec le feu en prenant position sur des sujets dont elle n’a pas la maîtrise de la solution. Et l’Ambassadeur d’Allemagne le dit dans son communiqué : « Le Mali est comme tous les États obligé à reprendre ses propres ressortissants et, le cas échéant, à dresser les documents nécessaires. La République fédérale de l´Allemagne a également le droit d’un État souverain à limiter les séjours des ressortissants d´un autre État. ». En clair, quel que soit le pouvoir en place, il ne peut refuser de reprendre ses ressortissants dès que ceux-ci sont désignés personna non grata par leur pays d’accueil. Le Mali peut en faire autant.

La recherche du pouvoir est une chose. Mais utiliser tous les moyens (bons et moins bons) pour parvenir au pouvoir, peut, un jour, te créer une situation embarrassante dans laquelle tu t’en sortiras difficile.

Tièmoko Traoré

 

Source:  Le Pouce

MaliwebPolitique
La tendance de l’opposition politique malienne à vouloir surfer sur toutes les vagues de contestation, est un schéma dangereux pour elle. Car, un adage africain dit : « Quelle que soit la longueur de tes urines, elles retomberont toujours sous tes pieds ». La polémique autour d’un soi-disant accord de réadmission des immigrants,...