Depuis le renversement du président Ibrahim Boubacar Kéïta du pourvoir par un coup d’État, les militaires ayant pris contrôle du pays excellent bien dans un domaine, celui de la division. On applique que la formule qui marche le mieux. Après avoir réussi le coup avec les leaders du M5-RFP, c’est le tout de la jeune garde de subir le même sort.

Il n’y a pas de commentaires sur la démarche des putschistes. Si les hommes forts du 18 Août étaient un numéro du PMU, sur lequel l’on pouvait tenter sa chance pour miser et rafler une somme, aucun Malien ne parierait sur ce numéro. Pour cause, depuis le départ de l’ancien chef d’État, IBK, les putschistes n’ont jamais respecté une de leur parole. Ni dans la démarche ni dans les faits. Au contraire, ils ont réussi à diviser les Maliens et plus particulièrement la classe politique au départ. Dans son projet de garder toujours la main sur le pays, la junte a individuellement invité certains acteurs politiques de premier rang au sein du M5, leur promettant soit le poste de Présidence, soit la Primature de la transition, ceci afin de démobiliser leurs actions au sein du M5. Comme conséquence, ces leaders, soudoyés par la junte, étaient devenus inactifs au sein du M5-RFP. Ce qui a porté un coup dur à ce mouvement de contestation. Les militaires ont profité de cette situation pour passer à la manœuvre de leur plan qui consistait à mettre leurs hommes aux postes clés. Mais les leaders tireront la leçon un peu tard. Ce qui explique aujourd’hui la volonté de relancer la mobilisation populaire contre la clé de répartition des postes au sein du Conseil National de la Transition (CNT).

Les militaires obstinés dans leurs démarches sont toujours à la manœuvre de diviser complètement le M5, seule entité capable de les empêcher dans leur projet sordide de militariser toutes les institutions du pays. Les jeunes étant le maillon essentiel dans la contestation et surtout celle qui a fait chuter IBK, il faut une formule pour en finir avec celle-ci qui dérange. Pour ce faire, un nouveau plan de charcutage du mouvement particulièrement les jeunes, pièce maitresse de la lutte.

C’est ainsi que visiblement, l’on peut constater que depuis quelque temps, les jeunes activistes du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), tombeurs du régime d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), sont aujourd’hui devenus des proies faciles pour certains membres du gouvernement qui auraient été recommandés par la junte au pouvoir. Ces jeunes sont nommés dans les cabinets ministériels comme chargés de mission.

Au-delà, l’on croirait que c’est une véritable politique de promotion des jeunes dans notre pays. Alors que les militaires ont mis un plan de débauchage en jeu, véritable stratégie mise en place par les autorités de la transition pour affaiblir le M5-RFP. Sinon, il est bien de faire la promotion des jeunes, mais l’on ne pourrait pas lancer ces jeunes sans expérience dans un gouvernement comme celui de la transition où l’on a besoin des femmes et hommes expérimentés pour conduire les réformes souhaitées par les Maliens.

D’ailleurs, beaucoup de Maliens auraient compris que depuis un certain moment, il y a une sorte de retournement de veste de certains jeunes et même leaders du M5, hier farouche opposant du Président IBK et aujourd’hui apôtre des militaires. Alors que depuis le départ d’IBK, le pays est tombé dans une déliquescence sécuritaire et économique jamais connue au Mali. En clair, ce changement brutal n’a d’autres objectifs que de ternir l’image du comité stratégique.

La rédaction

Source: Le Combat
MaliwebPolitique
Depuis le renversement du président Ibrahim Boubacar Kéïta du pourvoir par un coup d’État, les militaires ayant pris contrôle du pays excellent bien dans un domaine, celui de la division. On applique que la formule qui marche le mieux. Après avoir réussi le coup avec les leaders du M5-RFP,...