Les signes parlent et il n’en faut pas mille, pour que les citoyens maliens s’en rendent compte. Notre Maliba, depuis le 10 juillet 2020, est rentré dans une véritable phase d’effritement social avec les saccages, vandalisme, barricades, pillages…, mais surtout les violences entre manifestants et forces de l’ordre ayant occasionné plusieurs morts et des blessés. Et si l’on faisait économie des pertes en vies et les biens publics mais aussi privés détruits ?

Depuis trois (3) jours, les images du Mali font remémorer dans la conscience collective les pages sombres des années 1991 et 2012, que plusieurs personnes ne souhaitent même pas s’en souvenir.  Mais les faits sont têtus et nous obligent aujourd’hui à cette rétrospection forcée de notre histoire. Qu’est-ce qui a réellement changé depuis ces années de lutte à ce jour ? Même si la situation du pays (fraude électorale, mauvaise gouvernance, corruption…) gangrenée par des maux qui ne plaident pas en faveur du pouvoir en place, toute action visant au changement   dans la gestion mérite réflexion approfondie et un retour sur le passé de notre pays.

En un mois, notre pays a connu Trois (3) grandes manifestations demandant entre autres, la démission du Président de la République, la dissolution de la Cour Constitutionnelle, l’Assemblée Nationale et la mise en place d’une transition avec un premier ministre plein de pouvoirs. Cependant, cette situation a fait réagir le Président de la République qui, à travers quatre adresses à la Nation en un mois-une première dans l’histoire de notre pays- est loin de calmer la situation. Et ce, malgré les consultations de la classe politique et de la société civile dans le cadre d’un dialogue franc pouvant accoucher d’un Gouvernement d’Union Nationale, tel qu’exprimé par le Président IBK lui-même.

A ce jour, les promesses du Président, ne semblent pas satisfaisantes ou du moins convaincre son peuple. Une rupture totale de confiance qui se symbolise par un déchirement du tissu social de part et d’autre. Alors que l’on se souvient il y a seulement quelques jours l’un et l’autre des protagonistes de cette crise (IBK et Dicko) faisaient comprendre à l’opinion que le dialogue est indispensable pour une sortie de crise honorable du Mali.

IBK dans son discours du 16 juin dernier avait lancé un appel au dialogue tendant la main au M5-RFP. En cette pareille circonstance, l’Imam Mahmoud Dicko, chef de file de la contestation, au sortir de la dernière rencontre avec IBK, a laissé entendre la nécessité de dialoguer si l’on veut éviter le pire à ce pays.

“Aujourd’hui la situation est telle que de part et d’autre, il faut chercher une solution pour une sortie honorable de cette crise dans laquelle le pays est plongé’’, a-laissé entendre Mahmoud Dicko au sortir de sa rencontre avec le président IBK le samedi, 4 juillet 2020 ajoutant qu’“avec la volonté de tout un chacun et de toutes les parties concernées, nous allons Inch Allah trouver la solution ! ’’. Pour Mahmoud Dicko, c’est une nécessité “aujourd’hui que chacun doit faire violence sur soi, pour qu’on puisse se parler, se dire des vérités mais que cela soit dans le respect, la courtoisie entre nous comme cela a toujours été dans la vie et dans le quotidien de notre pays ‘’.

S’il l’on parle du dialogue et que malheureusement le pays se trouve dans une situation de non-retour où la confiance semble perdue, l’on ne doute pas qu’il y ait trahison à un niveau qui puisse conduire le pays dans le pétrin actuel. En quatre (4) jours, le Mali compte des morts, plusieurs blessés sans compter les dégâts matériels sur les biens publics et privés (Assemblée Nationale et ORTM… saccagés et pillés). D’où l’on se demande, pourquoi avoir laissé pourrir la situation si IBK, l’Imam Dicko et l’ensemble des Maliens conviennent qu’il y a un souci de gouvernance dans notre pays et qu’il faille y remédier ?

La réalité est qu’à tous les niveaux de la société malienne, le Mali reste au centre des intérêts seulement à des degrés différents qu’il faille concilier aujourd’hui pour un nouveau départ. Et c’est possible d’en arriver, quand on sait qu’en 2002 et 2013, Dicko et IBK étaient très soudés l’un à l’autre. Et quand on sait que ces deux grandes personnalités et même ceux qui les entourent sont bien édifiés des évènements de 1991 et surtout de 2012, on ne peut douter de cette capacité de chacun d’entre eux à pouvoir faire des concessions honorables en faisant « pression sur soi-même », dans l’intérêt national.

Au lieu de laisser la situation pourrir davantage, l’heure a sonné pour qu’IBK et l’Imam Dicko fassent la paix des braves avec un dialogue franc, sincère mais répondant aux aspirations exprimées par l’ensemble des Maliens. C’est de cette façon qu’ils pourront rendre service à la Nation mais aussi rentrer dans l’histoire de notre pays. Car les grands hommes se reconnaissent par la hauteur de l’humilité de leur pensée envers leur peuple et non par des positions abjectes qui ne servent en réalité pas au peuple.

KADOASSO I.

Source: nouvelhorizonmali

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