Dans cette ville surnommée le « Petit Bamako », les partisans du président sortant IBK et de son adversaire Cissé attendent les résultats du 1er tour de l’élection.

À Montreuil, en Seine-Saint-Denis, l’une des villes de l’Hexagone où l’on rencontre le plus de Maliens, on crie déjà victoire dans les QG franciliens des deux principaux candidats à l’élection présidentielle au Mali, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), le président sortant, et son challenger Soumaïla Cissé.

Comme les locaux des deux équipes de campagne sont situés dans le même immeuble moderne et défraîchi (aux numéros 15 et 17) de la place du Général-de-Gaulle, les militants des deux bords ont tout le loisir de s’épier. « On entend ce qu’ils disent, donc ils doivent eux aussi nous entendre ! » s’amuse un supporter d’IBK dans le local décoré d’un immense drapeau aux couleurs du Mali.

Là où on ne plaisante plus, c’est sur les résultats (non définitifs, ils seront officialisés d’ici vendredi) du 1er tour de l’élection qui s’est tenue dimanche. « Même dans son fief électoral dans le nord du Mali, Soumaïla est très largement distancé par notre candidat ! » assure Bakary Camara, le directeur de la campagne en Ile-de-France des pro-IBK.

Le QG, à Montreuil, des pro-IBK, lundi. LP/Jean Nicholas Guillo« À Sikasso aussi nous sommes en tête. Or cette ville a toujours voté au 1er tour pour celui qui gagne finalement la présidentielle », se réjouit déjà Djenaba Keïta, en consultant son téléphone. La maire-adjointe franco-malienne de Montreuil fait activement campagne pour IBK qui n’est autre… que son oncle.

« C’est un score nord-coréen »

Dans le camp d’en face, on dégaine également des résultats massue, tout aussi invérifiables. « À l’étranger on écrase Keïta, et au Mali, Soumaïla arrive en tête dans la plupart des régions », affirme Baidy Dramé, le coordinateur en Ile-de-France de Cissé.

« Sur les 35 bureaux de Montreuil nous sommes en tête sur 32, c’est un score nord-coréen ! Et à Bamako nous pouvons être en tête mais le gouvernement est en train d’organiser un hold-up. Je ne sais par quelle magie le président pourrait sortir en tête », assène son complice Baily Dramé.

Dans le QG des supporters de Soumaïla Cissé. LP/Jean Nicholas Guillo« En Ile-de-France la tendance est très serrée, avec un avantage à Soumeïla », admet le pro-IBK Bakary Camara. Manière feutrée de reconnaître la défaite du président sortant auprès de la diaspora malienne.

« Le pouvoir lui est monté à la tête ! »

À quelques rues de là, le foyer pour travailleurs de la rue Bara bourdonne comme une ruche. Six à sept cents occupants s’agitent dans des locaux aussi vétustes que dans les quartiers populaires de Bamako. Dans la cour on vend du maïs grillé, des arachides, des bracelets argentés ou on bricole du métal sur des enclumes. Trois jeunes assis sur des plots en béton affirment ne pas avoir reçu leurs cartes d’électeurs, un autre dit ne s’intéresser « qu’au foot et pas du tout à la politique ».

À Bara, le jugement est parfois sévère à l’égard du président sortant. « C’est comme votre Benalla, le pouvoir lui est monté à la tête ! » lance Karim Framé, doyen du foyer avec sa crinière de lion et sa barbe blanche. « Les gens là-bas sont fatigués et les soldats maliens sont en train de tuer les Peuls. Et puis ce n’est pas IBK qui dirige mais son fils Karim et ses copains », soupire une cantinière en délaissant un temps ses fourneaux.

Militant actif de la campagne du RPM, le parti d’IBK, Wakary Doucouré garde la tête froide : « Oui, Soumeïla va faire pas mal de voix ici, mais on s’en fout : on est en avance au Mali et on gagnera au second tour (NDLR : le 12 août). »

 

 

Source: leparisien

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Dans cette ville surnommée le « Petit Bamako », les partisans du président sortant IBK et de son adversaire Cissé attendent les résultats du 1er tour de l’élection. À Montreuil, en Seine-Saint-Denis, l’une des villes de l’Hexagone où l’on rencontre le plus de Maliens, on crie déjà victoire dans les...