Pour s’épargner les soupçons et gagner en compétence, les administrateurs des élections doivent être recrutés avec soin et recevoir une formation de qualité Entamé mardi, au Centre international de conférence de Bamako, sous la présidence du Premier ministre Oumar Tatam Ly, le séminaire international d’échanges sur les organes de gestion des élections dans l’espace francophone s’achève aujourd’hui.

processus electorale espace francophone

 

La cérémonie de clôture sera présidée par le ministre de l’Administration territoriale, le général Moussa Sinko Coulibaly. Le séminaire se situe dans le prolongement des travaux de l’assemblée générale du Réseau des compétences électorales francophones (RECEF), à l’issue de laquelle le délégué général aux élections, le général Siaka Sangaré, rempile pour un second mandat de deux ans à la tête du réseau. Aussi Madagascar fait son entrée dans l’organe exécutif du RECEF à la place de la Moldavie. Pendant deux jours, les participants venus des cinq continents, se sont penchés sur l’avenir des organes de gestions des élections, notamment la consolidation et la professionnalisation de ces structures. Le forum a entrepris de répondre à une série de questionnements relatif au choix des décideurs auxquels incombe la responsabilité de désigner les administrateurs électoraux et sur la relation entre le pouvoir exécutif et les administrateurs électoraux. Ces questions se rapportent à la fois la problématique de l’indépendance et de l’autonomie de gestion nécessaires aux Organes de gestion des élections (OGE) et à la confiance envers le système électoral. La question a été traitée par une équipe d’experts panélistes incluant notamment Siaka Sangaré, le président du RECEF et Marc Tschiggfrey, le chef du Bureau élections et des études politiques au ministère français de l’intérieur et vice-président du RECEF. Cette question, d’une très grande acuité, fait référence à la composition des OGE, qui est un élément déterminant pour assurer la confiance des citoyens et des différents acteurs impliqués dans le processus électoral. L’impartialité politique nécessaire à la gestion des scrutins est en grande partie tributaire de la manière dont les administrateurs électoraux sont nommés. L’atelier s’est également penché sur les relations liant les OGE et les autres acteurs électoraux que sont les partis et les leaders politiques, les citoyens, les médias, les ministères, les tribunaux, les organisations internationales et autres institutions impliquées dans la gestion des scrutins. Les intervenants avec lesquels les OGE doivent collaborer en période électorale, comme entre deux scrutins, sont nombreux et leurs attentes varient, lorsqu’elles ne sont pas carrément opposées. De l’établissement des listes électorales, en passant par la réception des candidatures, l’encadrement de la campagne électorale et la proclamation des résultats, les relations avec des tiers sont un aspect important des activités des OGE. Les participants se sont également intéressés aux modalités de recrutement et à la formation des agents de l’OGE. A ce sujet, ils estiment qu’eu égard au rôle des administrateurs des élections, ces agents doivent recevoir une formation de base de qualité en vue de tenir efficacement leur rôle dans le déroulement des opérations électorales. La formation, selon les experts, est donc un facteur central pour développer chez le personnel l’expertise nécessaire à la bonne organisation des scrutins. En amont, un processus de recrutement s’avère être un outil efficace pour sélectionner les candidats ayant le meilleur potentiel. Le recrutement comme la formation posent d’énormes défis aux OGE, eu égard à l’ampleur des besoins en ressources humaines, le jour du scrutin et du caractère technique des opérations à remplir. De plus,  la rétention de l’expertise électorale développée lors d’un scrutin constitue un autre défi pour les OGE. Les panelistes ont épluché ces différents défis de même que les approches pour les relever. Au regard des défis identifiés et compte tenu du caractère particulièrement sensible des élections et de leur importance pour nos sociétés, il apparaît nécessaire d’aller vers une professionnalisation accrue de l’effectif des OGE en formant des spécialistes en matière électorale. Ce thème a été traité par trois organismes de formation en élection : la Chaire UNESCO des droits de la personne et de la démocratie, le Centre européen d’appui aux processus électoraux et l’Ecole de formation électorale en Afrique centrale. Le dernier thème développé a trait aux perspectives de coopération entre les différentes organisations à vocation régionale. Il a été traité par Jacques Drouin, le secrétaire général du RECEF et directeur général des élections du Québec ; Marguerite Bonane Ouedraogo, la vice-présidente de l’Association francophone des autorités de protection des données personnelles (AFAPDP) et présidente de la Commission de l’information et des libertés du Burkina Faso ; Guy Cyrille Tapoko, conseiller politique chargé des élections à la Commission africaine et Georges Nakseu Nguefang, sous directeur à la Direction de la paix, de la démocratie et des droits l’homme de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Le président reconduit du RECEF, Siaka Sangaré, a souligné le contexte particulier qui prévaut à l’organisation de cette rencontre dans notre capitale. Celle-ci se tient au lendemain du renouvellement des institutions présidentielles et parlementaires dans un climat apaisé témoignant de la vitalité de notre processus démocratique. Le choix de Madagascar dans le nouvel organe exécutif répond au double souci de la représentation de l’Océan indien et de la prise en charge du genre dans le Bureau. A. O. DIALLO

 

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Pour s’épargner les soupçons et gagner en compétence, les administrateurs des élections doivent être recrutés avec soin et recevoir une formation de qualité Entamé mardi, au Centre international de conférence de Bamako, sous la présidence du Premier ministre Oumar Tatam Ly, le séminaire international d’échanges sur les organes de gestion...