« Les gesticulations stériles du régime ne nous feront pas bouger d’un iota. La concession liée au maintien d’IBK sur un poste honorifique suppose la dissolution par lui de toutes les institutions de la République et qu’il se démette au préalable. Je crois que le message est clair. Il y a certes la pression de la communauté internationale, mais il y a aussi celle du peuple malien souverain….Ceci étant, il faut aussi tordre le cou à cette idée de gouvernement d’union nationale. Non, nous voulons une transition politique avec des objectifs et des organes clairs. Le gouvernement de transition en fera partie, mais il faudra également envisager une autorité législative de contrôle de l’exécutif pendant cette Transition… »

 

Telle est, admirablement résumée par Zouber Sotbar, patriote résolument engagé dans la défense de la patrie, la volonté de tout le Mali conscient debout sur les remparts depuis le vendredi 05 juin 2020. La démission d’IBK et de son régime a été pour cela l’unique exigence citoyenne rappelée au cours de la deuxième mobilisation populaire du 19 juin. À partir de cette date, sinon à compter du 18 juin, la communauté internationale à travers une délégation de haut niveau de la C.E.D.E.A.O. a sauté dans l’arène politique malienne comme force d’interposition entre le peuple révolté et le président de la République acculé dans ses derniers retranchements. Les propositions faites alors s’appuyaient sur des points d’appui demeurés immuables : dissolution de l’Assemblée nationale et de la Cour constitutionnelle, nomination d’un Premier ministre doté des pleins pouvoirs, maintien d’IBK dans une fonction honorifique jusqu’à la fin de son deuxième et dernier mandat en 2023. Pour les négociateurs internationaux dont le cercle s’est élargi à la Minuma et à l’Union Africaine, ces propositions, bien que violant les dispositions constitutionnelles du Mali, constituaient le seul remède de cheval, dans un geste difficile de gentlemen’s agreement hautement politique, à même de pouvoir soigner le Mali de son mal profond qualifié d’ailleurs de cancer de la gouvernance par notre compatriote Cissé Ramata Sissoko depuis Atlanta. Si elle a vu juste -et elle ne s’est pas trompée-, le traitement curatif ne peut aller sans amputation de la tête pourrie de la gouvernance malienne qui n’est autre qu’Ibrahim Boubacar Keïta.

Face à cette réalité et en dépit d’elle, la communauté internationale, peu soucieuse d’ordinaire des revendications des peuples, s’est muée de plus en plus en commando chargé de sauver IBK. Elle a multiplié les entretiens et les entrevues, les conciliables et les traquenards, encore et encore, pour ramollir la position du M5-RFP en perpétuel gonflement de ses rangs par des adhésions des couches représentatives de la société nationale. Cette manoeuvre mondiale contre le peuple malien a permis par ricochet au camp adverse de tenter la mise sur pied des unités combattantes. Convergence des Forces Républicaines et autres organisations ont ainsi fleuri, mais le temps de mettre un masque anti-coronavirus, on a découvert que toutes ses armées improvisées ne recrutaient que des troufions inconscients des enjeux d’une bataille patriotique, la vraie que le peuple a engagée contre IBK et son régime prédateur et fossoyeur. 

MAHMOUD DICKO ASSIÉGÉ JUSQU’À LA SUFFOCATION

Mais un commando est de nature téméraire. Représentants du secrétaire général des Nations-Unies, de l’Union Africaine, de la C.E.D.E.A.O., diplomates américains et européens, ont cerné l’imam Mahmoud Dicko, l’ont assiégé au point de le faire suffoquer. Le dignitaire religieux, autorité morale autour de laquelle sont venus s’agglutiner les forces patriotiques, a fini par se convaincre que s’il ne cédait pas un peu, tant de genoux du policier blanc Derek sur son coup finiront par l’envoyer à l’hôpital où l’on constatera immanquable son décès. Et le voilà qui contraint le M5-RFP à une flexibilité qui arrache des larmes aux patriotes convaincus définitivement que IBK n’est pas homme à respecter ses engagements. Néanmoins, à la réunion conjointe Mahmoud Dicko-M5 RFP du lundi 29 juin,  des propositions adoucies sont acceptées et Mahmoud Dicko a été chargé de les transmettre à IBK. Ce sont : la dissolution de l’Assemblée nationale et de la Cour constitutionnelle (le moyen d’arriver est laissé à IBK), l’installation d’un Premier ministre choisi par le M5-RFP qui sera, non seulement doté des pleins pouvoirs, mais en plus mettra en place son gouvernement sans l’avis de IBK. Ce Premier ministre doté des pleins pouvoirs sera naturellement le représentant du Mali à l’extérieur. Quant à IBK, il ne sera que le Président honorifique et, en conséquence, en cas d’acceptation de sa part, tous les documents de l’accord porteront la mention « Président Honorifique ». Ce dernier point, on le pressent de loin, est difficile pour le Pharaon. Dans les coulisses, il rejette tout, avant de s’envoler pour la Mauritanie où se tient le sommet du G5 Sahel. Pour lui, le pouvoir va s’arranger pour ce qui est de la Cour constitutionnelle. Quant à l’Assemblée nationale, il n’est pas question qu’il décide de la dissoudre; non seulement son fils Karim Keïta fera les frais de cette dissolution, mais c’est tout son plan de hold-up sur le futur du Mali qui capotera, sans compter ce qui adviendra de Moussa Timbiné. Alors, Ibrahim Boubacar Keïta met en branle de nouvelles négociations pour obtenir l’abandon de la terminologie de  « Président honorifique » même si cela sera la réalité dans les faits.

On peut donc estimer que le Pharaon des bords du Djoliba (on connaît la fin de celui des bords du Nil) vient de faire galipette, une fois de plus ou pour la dernière fois. Quelle que soit sa bonne foi, l’imam Mahmoud Dicko doit admettre que désormais avec ou sans lui la mobilisation citoyenne reprendra bientôt ses droits. C’est sans doute Dieu Lui-même qui ne veut pas que la lutte pour la bonne gouvernance  tombe pas dans la banalité.

MÉDICAMENT PÉRIMÉ 

L’honorable Mamadou Hawa Gassama a sa formule : « IBK est un médicament périmé tel que sa consommation, au lieu de vous guérir, aggrave plutôt votre maladie ». Et l’ancien ministre de la Justice, Garde des sceaux, Me Mamadou Ismaïla Konaté, tranche net : « IBK n’est plus sauvable. »

Mais comme cet article débute par l’avis populaire émis par Zouber Sotbar, il va se terminer par la finalité  qu’il a exprimée : « Il faut bien comprendre que notre enjeu est la conduite d’un audit de refondation de la Nation pour tirer les leçons du passé, se projeter vers l’avenir et instruire les dossiers juridiques  pour les crimes commis, la relecture de l’Accord d’Alger, l’élaboration d’une nouvelle constitution qui devra être soumise au référendum, la définition et la mise en oeuvre des réformes structurelles dans la foulée, l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle libre, transparente et démocrate ».

Amadou N’Fa Diallo

LE COMBAT

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« Les gesticulations stériles du régime ne nous feront pas bouger d’un iota. La concession liée au maintien d’IBK sur un poste honorifique suppose la dissolution par lui de toutes les institutions de la République et qu’il se démette au préalable. Je crois que le message est clair. Il y...