Si le premier épisode de la transition n’est pas parvenu à indiquer le cap pour sortir le Mali de l’ornière, force est de reconnaître que le deuxième en cours affiche une hardiesse à faire trembloter de peur. En effet, la posture téméraire des nouvelles autorités de Transition aux affaires depuis cinq mois éberlue plus d’un, tant au plan national qu’à l’international.

L’homme symbolisant cette révolte infructueusement populiste pour certains – et patriotiquement grandeur-nature pour d’autres – est bien l’actuel Premier ministre Choguel Kokala Maiga. Depuis le leadership du père de l’indépendance de notre pays, en la personne de l’icône Modibo Keita, aucun leader malien ne s’était hasardé à braver de façon frontale et ostentatoire la France et par ricochet la communauté internationale. Une impressionnante réalité qui exalte dans sa grande majorité le peuple malien, lequel, il faut l’admettre, a une inclination pour le dessein du Premier ministre de proroger la période transitoire. Cependant, l’obstacle le plus sérieux à la réalisation de ce dessein est l’hostilité d’une majorité écrasante de la classe politique, qui ne se reconnaît pas forcément aux visées politiques du chef du gouvernement. Toutes choses qui dénotent de la prévalence d’un pinacle de discordances annonciatrices d’un tournant existentiel du Mali.

On reste happé, par ailleurs, par les diatribes dont l’actuel Premier ministre est la cible alors qu’il pourrait consenti d’ultime sacrifice politique en tant que dirigeant africain, à en juger du moins par son intrépide discours à la tribune de l’assemblée générale des Nations-Unies le 25 septembre 2021 ou encore ses fracassantes allégations accusant la France de former des terroristes à Kidal, à la faveur d’une interview accordée à l’agence Russe RIA Novosti en marge de la journée mondiale du coton à Genève. D’autre part, dans ce contexte particulier, bon nombre de Maliens voient dans l’adversité de certains compatriotes au Premier ministre un aveu de trahison de la cause nationale. Certains analystes politiques vont jusqu’à affirmer que Choguel porte, comme par la providence, ce qui motivait ardemment l’adhésion de ses désormais plus fervents détracteurs à la lutte du mouvement hétéroclite M5-RFP dont ils sont tous issus.

En tout cas, clivant ou pas et machiavélique ou non, le docteur Premier ministre donne l’impression de savoir tirer son épingle du jeu tant dans la situation socio-politique actuelle du pays que dans sa guerre ouverte avec l’ex puissance coloniale qui donnerait tout pour écourter son séjour à la Primature. Quant à sa volonté notoire de prolonger la transition, les conclusions des assises nationales de refondation viendront juste confirmer le souhait de la majorité des Maliens qui a tort ou à raison retrouvent en l’actuel chef du Gouvernement leader idéal de la situation.

Ousmane Tiemoko Diakité

Source: Le Témoin

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