La tension sociopolitique nationale ravive depuis le 5 juin. Les critiques, injures et diffamations sont devenues légion contre le régime et les plus hautes autorités du pays. A de telles occasions, comme à l’accoutumée c’est généralement le chef du Gouvernement qui va au charbon à travers des actions de com et de mise en œuvre des méthodes contre-offensives, qui se terminent dans la plupart des cas par des échecs. Mais depuis le début de cette crise, l’opinion publique est témoin de la sagesse dont l’actuel Premier ministre fait preuve,  en cherchant les voies et moyens adéquats pour la décrispation de la situation. Du côté des frondeurs comme de la majorité l’unanimité est  dégagée sur la stature d’homme clé de la situation de Dr Boubou Cissé.

Alors que le M5-RFP d’une part et d’autre part, la CFR électrisent le paysage politique national, le Dr Boubou Cissé n’a rien perdu de sa voix posée, maîtrisée, le visage impassible et de son abnégation à se mettre à l’écoute de tout le monde. Comme ce fut le cas, mercredi lors de la réception du collectif des élus de Tombouctou, venus plaider leur préoccupation par rapport à la situation de l’honorable Soumaïla Cissé, après 100 jours dans les mains des groupes jihadistes. Auparavant, le Premier ministre de son calme olympien, qui le caractérise avait respectivement reçu les émissaires de la CEDEAO, s’est rendu à Nioro près du Chérif de Nioro et a tenu des rencontres privées, sans camera ni projecteur, toutes dans le cadre de la décrispation de la crise socio-politique et sécuritaire que le pays traverse.

Ces démarches de l’actuel Premier ministre sont agrémentées par le relatif sens de l’écoute dont il fait preuve. Cela, sans manœuvre de justifications, de contradictions ou de déstabilisation. Ses prises de position donnent l’allure d’un homme d’Etat, qui s’évertue à se mettre au-dessus de la mêlée pour concilier les différentes positions et aplanir les diverses oppositions.

Du début de cette crise à nos jours, en aucun moment le Premier ministre Boubou Cissé n’a tenté de joueur au dur et au réprobateur, histoire de sauver ou conserver son fauteuil. Il est resté neutre, sans précipiter les choses. Même si force est de le reconnaître, il dispose de toutes les manettes pour activer les choses sérieuses (notamment  la composition de son nouvel attelage gouvernemental) et enfouir dans les décombres des oubliettes les revendications des contestataires. Autant qu’il accorde tous les droits de la liberté d’expression aux pontes politiques et religieuses du M5-RFP, de cette même manière il refuse de s’afficher avec les protagonistes de la CFR, qui plaident un soutien indéfectible aux institutions de la République.

Boubou Cissé, est comme un Premier ministre qui a acquis des expériences, de la maturité au fil des épreuves, durant ses douze mois sur deux fauteuils unis de Premier ministre et ministre de l’Economie et des Finances.

Quand il s’attirait les foudres des syndicats d’enseignants, dans sa force de persuasion, il a mesuré jusqu’où peut aller l’inimitié sur fond d’une fronde sociale et jusqu’où peut s’arrêter l’expression d’un soutien face à l’épreuve dans notre pays.

Par rapport à cette nouvelle donne, avec la confiance renouvelée du chef de l’Etat en sa personne pour former un nouveau Gouvernement sur la base des recommandations du DNI (Dialogue National Inclusif), il avait la latitude d’embrumer l’horizon en composant avec des alliés politiques du M5 sur la base des strapontins, mais par principe de respect à la personnalité qu’incarne l’imam Dicko, il n’a aucunement voulu emprunter ce chemin.

D’autre part, il pouvait sans détour, prendre fait et cause avec les protagonistes qui prônent le soutien aux institutions de la République, mais jusqu’à nos jours, à leur égard, Boubou Cissé donne l’impression de jouer sur le registre de la prudence. Il n’a fait aucune déclaration pompeuse en ce sens, à savoir l’erreur commise par son prédécesseur (qui parlait d’acteurs hybrides en face).

Dans cette posture, on peut imaginer que Boubou Cissé, quel qu’en soit l’option de décrispation consensuelle de la crise, reste une figure clé pour la conduite des choses, car il dispose d’atouts considérables, pourvu qu’il s’en sert à bon escient.

La Rédaction

Source: Journal le Sursaut-Mali

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La tension sociopolitique nationale ravive depuis le 5 juin. Les critiques, injures et diffamations sont devenues légion contre le régime et les plus hautes autorités du pays. A de telles occasions, comme à l’accoutumée c’est généralement le chef du Gouvernement qui va au charbon à travers des actions de...