Lundi 30 juillet 2018 a vu apparaître les résultats de l’examen du baccalauréat malien, un mois après les épreuves. Comme chaque année et comme dans toutes compétitions, des candidats ont pleuré, pendant que d’autres jubilaient. Le taux de réussite est fortement en baisse. Le gouvernement aurait-il usé d’une grande sévérité pour se rattraper après les résultats lamentables du DEF ?

Il y a quelques jours apparaissaient les résultats du Diplôme d’études Fondamentales (DEF). Un résultat fortement applaudi par les parents d’élèves, les promoteurs, les directeurs d’écoles privées et les élèves, mais décrié par maints citoyens comme étant une honte nationale, dans la mesure où pratiquement tous les élèves ont été déclarés admis. Le taux d’admission national était de près de 70%. Ce résultat qui a amené beaucoup d’élèves à crier sur tous les toits, « Boua (IBK) n’abandonnera jamais le pouvoir » avait donné aux candidats au baccalauréat une ferme conviction, qu’en cette année électorale, le gouvernement ferait de même pour le bac. Hélas ! Les attentes sont déçues, le résultat faisant plus de malheureux que d’heureux, avec un taux de réussite nationale de 28,52% contre 32,64% en 2017. Surprise générale ! Nul ne s’attendait à ce score qui reflète d’ailleurs le degré de basculement du niveau scolaire au Mali.

Ce résultat devra servir de leçon aux élèves et aux parents. Il faudrait que les Maliens comprennent que l’important n’est pas la réussite, la possession de gros diplômes, mais plutôt le niveau. Rien ne vaut de posséder des attestations si le niveau n’y est pas. Cette paresse intellectuelle soutenue depuis des années contribue au sous-développement de ce pays. Les administrations sont pleines de travailleurs ne sachant pas s’exprimer à hauteur de souhait, pire ne pouvant jamais faire de propositions concrètes. Aucun esprit d’initiative ! En d’autres termes, il y a beaucoup de diplômés et très peu de cadres !

Ce qui inquiète un peu par rapport à ce résultat et qui mérite des interrogations, c’est la situation dans les régions sous haute tension telles que celles de Mopti, Gao et Tombouctou. Des zones où les terroristes, voire des conflits interethniques ont empêché l’ouverture de beaucoup d’écoles. Comment se fait-il que le taux de réussite soit élevé dans ces localités ? En guise d’exemple, Gao a un taux de réussite de l’ordre de 21,56% ; 28,12% pour Mopti ; 18,59% pour Tombouctou. Sur cette base, on a envie de dire que les élèves sont victimes d’un système organisé. Nous ne sommes pas sans savoir que, cette année, les élèves n’ont pas exécuté les programmes normalement suite aux grèves intempestives des enseignants, sous les yeux irresponsables d’un régime moribond, qui ne songe qu’à se servir et non servir.

D’aucuns pourront dire que cela était de même l’année dernière. Cela reste vrai sauf que, cette année, le gouvernement a voulu jouer à un double jeu. Vu qu’il y a eu trop de polémiques autour des résultats lamentables du DEF, il a voulu se rattraper en faisant croire qu’il a la mainmise sur l’éducation, qu’elle est sa préoccupation. Toutes ces situations d’hypocrisie n’arrangent nullement cette nation en crise de vrais intellectuels pour se développer.

Fousseni TOGOLA

Source: Le Pays

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Lundi 30 juillet 2018 a vu apparaître les résultats de l’examen du baccalauréat malien, un mois après les épreuves. Comme chaque année et comme dans toutes compétitions, des candidats ont pleuré, pendant que d’autres jubilaient. Le taux de réussite est fortement en baisse. Le gouvernement aurait-il usé d’une grande...