C’est autour de l’épineux dossier que le bureau de l’Union africaine a débattu, au cours  d’une réunion par visioconférence.  L’Éthiopie voit le Grand barrage de la renaissance comme essentiel à son développement et à son électrification, l’Égypte et le Soudan craignent qu’il ne restreigne leur accès à l’eau, pis la tension est montée d’un cran entre les trois pays. C’était vendredi 26 juin 2020.

 

Au cours de son intervention, le 2e vice-président de cette organisation de l’Union Africaine, le président Ibrahim Boubacar Keïta a rappelé : « la mémoire des pères fondateurs de l’OUA et exhorté ses pairs égyptien et éthiopien à trouver le juste compromis pour régler le contentieux qui les oppose». Le chef de l’état  malien est, en effet, persuadé que la guerre ne peut pas être une solution. «Le Champion pour la culture que je suis grâce à votre confiance ne peut pas imaginer un instant que la solution réside dans le crépitement des armes entre trois peuples majeurs du continent et autour d’un fleuve qui incarne l’Afrique», a déclaré le président Keïta. Cependant, Le Caire considère ce projet comme une menace «existentielle» et a sollicité pour tenter de convaincre l’Éthiopie d’être réceptive à la préoccupation exprimée. En effet, Ibrahim Boubacar Keïta est le président en exercice de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) qui est considérée comme un exemple réussi de gouvernance collégiale d’un fleuve partagé par quatre pays. À l’issue de la réunion, les participants (présidents et Premiers ministres d’Égypte, du Soudan, d’Éthiopie, d’Afrique du Sud, du Kenya, de la RD Congo et du Mali) sont parvenus à convaincre l’Éthiopie de reporter le remplissage du barrage, en attendant un accord entre les parties.

Ainsi, les services du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi  ont indiqué que : «un accord final légalement contraignant et visant à prévenir toute action unilatérale y compris la mise en eau du barrage va être envoyé au Conseil de sécurité des Nations unies afin qu’il y soit examiné lors de sa réunion de lundi (aujourd’hui, ndlr) sur la question du Grand barrage de la renaissance».

Pour sa part, le Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok a également confirmé dans un communiqué qu’il avait été : «convenu que la mise en eau du barrage serait reportée jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé». Après neuf ans de construction, le projet de mégabarrage éthiopien est prêt à entrer en phase de remplissage.

L’Éthiopie insiste pour démarrer les opérations en juillet, alors que les pourparlers n’ont jusque-là pas permis de trouver un accord. Pour l’Égypte qui dépend de ce fleuve à 97 % pour son approvisionnement en eau : « l’enjeu est fort et la crainte de voir le débit du Nil baisser, est inquiétant ».

Il est à rappeler que le Nil coule sur 6000 km et constitue une source d’approvisionnement en eau et en électricité pour une dizaine de pays d’Afrique de l’Est.

Aïssétou Cissé

LE COMBAT

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C’est autour de l’épineux dossier que le bureau de l’Union africaine a débattu, au cours  d’une réunion par visioconférence.  L’Éthiopie voit le Grand barrage de la renaissance comme essentiel à son développement et à son électrification, l’Égypte et le Soudan craignent qu’il ne restreigne leur accès à l’eau, pis...