A Bamako, Kayes, Koutiala, Ségou, Mopti, France, USA… les mouvements de contestations contre le projet de révision constitutionnelle s’intensifient à l’intérieur aussi bien qu’à l’extérieur. Les organisations de la société et des partis de l’opposition, instigateurs des mouvements, justifient leur engagement par la situation d’insécurité générale et éléments dans le projet, susceptibles d’entraver la bonne marche de la démocratie.

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Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi 15 juillet à Bamako à l’appel de la plateforme “An tè A bana, ne touche pas Constitution” pour mettre la “pression” sur le gouvernement sur son projet de révision de la Constitution du 25 février 1992. Les organisations de la société et des partis de l’opposition ont appelé à la constitution d’un “front uni” afin de faire une démonstration de force, après le refus du gouvernement à retirer le projet.

De la place de la Liberté, en passant par le monument de l’Indépendance, à la Bourse du travail, c’est une marée humaine qui s’est fait entendre à travers cette marche pacifique.

En l’absence de Mme Sy Kadiatou Sow, Mohamed Youssouf Bathily alias Ras Bath, Master Soumi, Dr. Oumar Mariko…

Etienne Fakaba Sissoko, Tiébilé Dramé, Soumaïla Cissé, Modibo Sidibé, Soumana Sako, l’honorable Amadou Thiam, Hamadoun Amion Guindo étaient les têtes de proue de cette manifestation.

Plusieurs orateurs ont fustigé l’attitude du président de la République et de son gouvernement à ne pas prendre en compte la volonté de la population dans l’élaboration du projet. “L’urgence et l’opportunité du moment exigent le retrait pur et simple de l’initiative du gouvernement. Déjà, elle n’est pas en train de fédérer les Maliens. La cohésion sociale est menacée et même l’unité. La situation sociopolitique est largement suffisant pour le président de se ressaisir”, commentera Soumana Sako. Selon lui, pas question de faire passer le projet en force. “Le peuple répondra à l’appel du Mali. Nous n’allons jamais accepter d’être complices de la trahison de ce beau pays…”

Dans la déclaration lue par le président de l’ADP/Maliba, l’honorable Amadou Thiam, la plateforme “An tè A bana, ne touche pas à ma Constitution” a fait savoir que ce samedi 15 juillet est un autre jour historique dans la longue lutte du peuple malien pour la dignité, la justice sociale et la démocratie.

“La marée humaine de ce jour est le témoignage éloquent de la détermination des forces vives du Mali à combattre le mépris, l’arrogance, l’autisme et les tentatives d’instaurer dans notre pays un pouvoir personnel rétrograde. La mobilisation de ce jour dans les villes de Bamako, Kayes, Koutiala, Ségou, Mopti, France, USA… est un autre signal fort, très fort, un carton rouge au président de la République, au gouvernement et au ministre de la Réforme de l’Etat qui sont allés chercher à l’étranger une constitution qu’ils voudraient substituer à celle adoptée par le peuple souverain du Mali au lendemain de la Conférence nationale de toutes les forces vives du pays”, soulignait la déclaration.

Insécurité résiduelle”

“Soundiata Kéita, Soni Ali Ber, Sékou Ahmadou Barry, Biton et Damonzon, El hadj Omar, Samory Touré, Mamadou Lamine, Tiéba et Babemba, Firhoun Ag Alinsar, Kaocen, Komi Diossé, Banzani Théra, Cheikhna Hamallah, Alla Ag Albachar, Mamadou Konaté, Modibo Kéita, réveillez-vous, la dignité malienne est piétinée. IBK, son parti, son gouvernement et son ministre veulent imposer leur Constitution à notre peuple. Pour parvenir à leurs fins, ils ont osé déclarer que ‘l’insécurité était résiduelle’ et que l’autorité de l’Etat s’exerçait partout de Kidal à Kayes en passant par Douentza, Mopti, Ténenkou, Macina et Ségou…”

Selon la plateforme, les faits sont déformés, mais la réalité les rattrape. “La guerre d’Anéfis, l’embuscade meurtrière contre nos chers FAMa à Ménaka, les attaques contre les postes de gendarmerie dans tout le Centre, les 100 coups de fouet infligés aux agents municipaux à Korienzé, les tribunaux islamiques, les humiliations subies par les chefs de villages et les notables dans les cercles de Ténenkou et de Youwarou, le drapeau national descendu, plié et rangé à Kouakourou ( Djenné), la situation est inacceptable”, s’est insurgée la plateforme.

La situation sécuritaire est peu reluisante. Selon la plateforme, 600 personnes ont perdu la vie entre janvier et juillet dans le Nord et le Centre du Mali. Et plus de 500 écoles sont fermées, les centaines d’enseignants abandonnant leurs postes. Mais la réponse du pouvoir est : “l’insécurité résiduelle”. Les dizaines de sous-préfets fuyant leurs postes.

Le retrait pur et simple du projet

“Monsieur le président, votre Constitution n’est pas la Constitution du peuple, retirez votre projet, renoncez à cette révision constitutionnelle”, c’est le souhait de la plateforme. Selon elle, le respect des droits démocratiques du peuple est le respect de la liberté de réunion, de manifestation, de liberté d’expression et le droit à l’information.

“Cessez de harceler et de museler les radios et télévisions libres qui sont soumises à des sanctions administratives et financières qui n’honorent pas la démocratie. Cessez les attaques contre Facebook et les autres réseaux sociaux. Libérez l’information. Monsieur le président, libérez l’ORTM et mettez fin à l’information à sens unique. Le peuple continuera le combat démocratique, cette mobilisation jusqu’à la victoire finale. La victoire finale, c’est le retrait pur et simple du projet IBK-Tapo-Ceccaldi…”

Bréhima Sogoba

MaliwebPolitique
A Bamako, Kayes, Koutiala, Ségou, Mopti, France, USA… les mouvements de contestations contre le projet de révision constitutionnelle s’intensifient à l’intérieur aussi bien qu’à l’extérieur. Les organisations de la société et des partis de l’opposition, instigateurs des mouvements, justifient leur engagement par la situation d’insécurité générale et éléments dans...