La situation était déjà très compliquée, elle commence à être inextricable, sur fonds d’accusations mutuelles entre alliés et surtout de réactions nerveuses de part et d’autre. La situation semble échapper à tout le monde et c’est l’entente entre partenaires qui en pâtit.

Suite à une lettre adressée, cette semaine, par le chef d’état-major général des armées burkinabè à l’attaché militaire français; Paris a eu une réaction puérile en relevant le niveau d’alerte sur le territoire burkinabè, déclaré subitement la zone dangereuse pour les voyageurs.
Ce matin, selon l’hebdomadaire Jeune Afrique, c’est le ministre bukinabè de la Défense qui a envoyé un courrier de protestation à son homologue malien pour dénoncer des exactions commises par l’armée malienne sur des civils en territoire burkinabè.

L’hebdomadaire, basé à Paris, rapporte le contenu de ce courrier: “Les militaires maliens ont (…) procédé à une répression contre les populations du village de Abaye, occasionnant trois morts, dont un broyé par les roues de véhicules ; des destructions massives d’infrastructures et de matériels”, aurait écrit Chérif Sy, dans une correspondance confidentielle datée du 18 novembre.
Les faits dont il est question pourraient correspondre à l’opération menée conjointement par les armées nigérienne et malienne, à la suite de laquelle 24 militaires maliens et 17 djihadistes ont été tués et 90 terroristes faits prisonniers. Car, en annonçant le bilan de cette opération, les Forces armées maliennes ont également publié des photos de dizaines de motos calcinées. Les deux roues sont le moyen de déplacement favoris des Burkinabè, et naturellement, des djihadistes qui sont présents dans cette zone des trois frontières.
Evidemment, l’armée burkinabè n’a pas réservé cette fermeté à son voisin malien, avec qui elle partage la force du G5 Sahel. En témoigne le courrier adressé récemment à l’attaché militaire à l’ambassade de France à Ouagadougou par le chef d’état-major général des armées, le général Moïse Minindou. Il demandait à l’armée de l’air française d’avertir des survols du territoire burkinabè 48h à l’avance, sans quoi “ses aéronefs” seraient “considérés comme ennemis et traités comme tels”.

La France compte 4300 hommes dans cette vaste zone du Sahel et fait actuellement face à une vague de rejet des populations. Beaucoup estiment que la présence de l’armée française dans le Sahel fait plutôt le jeu des terroristes.
Evidemment, c’est bien la France qui avait stoppé la progression des djihadistes en 2012, sans quoi ils seraient arrivé jusqu’à Bamako.
Néanmoins, la gestion de la crise a été discutable, notamment quand ils se sont alliés avec le
Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), les rebelles qui sont à l’origine de toute cette crise et qui étaient eux-mêmes des alliés des terroristes.
L’intervention récente du chanteur malien Salif Keïta qui estime que les djihadistes sont à la solde de la France montre bien que beaucoup rejettent la présence française qui, après avoir permis de freiner les terroristes, est en train de rendre la situation beaucoup plus compliquée.
En tout cas, suite à ce courrier burkinabè, au ton presque martial, les autorités françaises ont jugé bon de “déconseiller, sauf raison impérative”, la majeur partie du territoire burkinabè en le classant zone orange. Alors que la zone rouge, où il ne faut se rendre sous aucun prétexte est étendue dans toute la bande nord du pays et à l’ouest sur tout le long de la frontière avec le Mali.

Ces accusations et les réactions en chaîne montrent la nervosité des différents protagonistes face aux djihadistes. La question qui se pose est de savoir si la confiance n’est pas rompue entre ces partenaires engagés dans la lutte contre le terrorisme.

Source afrique.le360.ma

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La situation était déjà très compliquée, elle commence à être inextricable, sur fonds d’accusations mutuelles entre alliés et surtout de réactions nerveuses de part et d’autre. La situation semble échapper à tout le monde et c’est l’entente entre partenaires qui en pâtit. Suite à une lettre adressée, cette semaine, par...