Après avoir reculé face aux manifestants en 2017 sur son projet de révision constitutionnelle, le Gouvernement est revenu à la charge. Un Comité d’experts ad hoc a été nommé le 14 janvier 2019 ainsi qu’un Cadre de concertation national (CCN). Mais encore une fois, comme en 2017, la démarche est fortement contestée par plusieurs acteurs, notamment ceux de l’opposition la jugeant inappropriée.

Alors que la contestation monte, le Gouvernement donne l’impression d’avancer dans le processus en multipliant les rencontres du Cadre de concertation et les consultations du Comité d’experts. Une démarche solitaire qui rappelle bien le scénario de 2017 où la rue, sous l’égide des leaders de l’opposition, avait barré la route à cette révision. Alors, on peut se demander jusqu’où ira le Gouvernement dans son dilatoire?

En tout cas, depuis la première réunion du Cadre de concertation, le 30 janvier 2019, les partis regroupés au sein du FSD dirigé par le Chef de file de l’opposition, Soumaïla CISSE, ont fustigé la démarche et continuent de bouder toutes les rencontres. Aussi, la Coalition dirigée par le président du Parti FARE An Ka Wuli, l’ancien Premier ministre Modibo SIDIBE, abonde dans le même sens, avec une nuance. Une position que M. SIDIBE, a réaffirmée samedi dernier, devant les membres du Comité d’experts venus à sa rencontre. Ces deux regroupements, pour ne citer que ceux-ci, reprochent au Gouvernement le caractère unilatéral et non inclusif de sa démarche. Si l’honorable Soumaïla CISSE réclame à cor et à cri un dialogue national ; de son côté, Modibo SIDIBE va au-delà et appelle à un vrai débat national refondateur qui dépasse le cadre de la formule actuellement proposée par le Gouvernement.

Pendant que les opposants appellent de tous leurs vœux à un dialogue ouvert à toutes les forces politiques et aux acteurs de la société civile ; le Gouvernement s’obstine à parler d’inclusivité du processus. Pour faire semblant d’être à l’écoute de tout le monde, le Cadre de concertation national se trouve élargi du jour au lendemain, à telle ou telle autre composante de la classe politique ou de la société civile.

C’est ainsi que jeudi dernier, la formation politique du CCN, initialement réservée aux seuls partis ayant un député à l’Assemblée nationale, a été élargie à l’ensemble de la classe politique. Mais avant, la formation technique du CCN qui regroupe les experts des partis politiques, a elle aussi été ouverte aux acteurs de la société civile et les représentants des groupes signataires.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que nous sommes conscients que cette révision constitutionnelle est un impératif pour la mise en œuvre de l’accord de la paix et de réconciliation nationale et aussi le renouveau de notre démocratie. Pour cela, il est important que chacun puisse être écouté, mais surtout entendu. Mais, en agissant comme il le fait, le Gouvernement prend le risque d’exacerber les les frustrations. Le Gouvernement qui est conscient de la capacité de mobilisation de l’opposition a intérêt à revoir sa copie avant qu’il ne soit trop tard. Comme dirait l’autre, «rien ne sert de courir, il faut partir à point».

Par Abdoulaye OUATTARA

 

Source: info-matin

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Après avoir reculé face aux manifestants en 2017 sur son projet de révision constitutionnelle, le Gouvernement est revenu à la charge. Un Comité d’experts ad hoc a été nommé le 14 janvier 2019 ainsi qu’un Cadre de concertation national (CCN). Mais encore une fois, comme en 2017, la démarche...