Bien que heurté à une ribambelle de problèmes en chaîne, toujours aussi suffisant, mais pas autosuffisant, notre Maliba fait montre d’un aplomb inoxydable fasse à des assauts violents contre un pouvoir transitoire qui commet la faute irrémissible de troubler un ordre établi. La frénésie de surenchère de Paris déclenchée par un contrat non encore signé entre l’Etat malien et le Groupe de sécurité privé russe Wagner, dont aucun des détails n’est encore rendu public pour provoquer un tel charivari, ne peut que faire sauter les inhibitions.

 

Le martèlement anaphorique de mots disproportionnés qui ont émaillé les déclarations de Paris illustrent jusqu’à la caricature les dérives de ce paternalisme, à la lisière d’un néocolonialisme, toujours plus intrusif et plus oppressif.
«Une intervention d’un groupe de ce type au Mali serait incompatible avec l’action des partenaires sahéliens et internationaux du Mali », a estimé Jean-Yves le Drian.
La ministre des Armées, Florence PARLY souligne : «Il se passe des choses au Mali, inquiétantes. Et si cette rumeur selon laquelle les autorités maliennes devaient contractualiser avec la société Wagner, ce serait extrêmement préoccupant et contradictoire, incohérent avec tout ce que nous avons entrepris depuis des années et tout ce que nous comptons entreprendre en soutien des pays du Sahel».
Mais, au lieu de faire pleuvoir un déluge d’accusations sur le Mali, il faut juste sortir d’une amnésie sélective pour mettre sur la table que la réduction drastique des effectifs de la Force Barkhane est actée à travers l’annonce du président français Emmanuel Macron, le jeudi 10 juin, d’une « transformation profonde » de la présence militaire française au Sahel et la mise en place d’une alliance internationale antijihadiste dans la région.
In concreto, les militaires français doivent quitter, d’ici la fin de l’année, les bases de Kidal, Tessalit et Tombouctou, dans le nord du Mali, et le nombre de troupes françaises déployées au Sahel devrait passer de plus de 5 000 hommes actuellement à «2 500 ou 3 000» d’ici 2023, selon l’état-major français.
Face à cette débandade fardée en « transformation profonde », la realpolitik sécuritaire s’impose au Mali ; d’autant plus que la nature a horreur du vide. Point besoin de chercher à créer un écran de fumée en montant une polémique absurde, en taillant des croupières aux autorités de la Transition. En révélant, telles purulentes effluves, au mépris du scénario qui se dessine fortement inspiré d’une autre débandade d’une autre puissance qui a ouvert un boulevard à l’ennemi d’hier, en Asie du Sud, l’on est blasé. Le droit de vie et de mort n’appartient qu’au créateur.
In fine, il faut rappeler cette citation : « Dans la vie, il faut savoir ce qu’on veut, et accepter d’avance les conséquences de ses propres actions ». Citation de Victor Cherbuliez ; Miss Rovel (1875).
Nous avons parlé en hommes dignes et fiers, alors agissons en conséquence, en ne perdant pas de vue que des supplétifs ne seront jamais une armée régulière et que la seule victoire sera celle que nous aurons arrachée à la pointe du fusil ou autour de la table des discussions entre Maliens.

PAR BERTIN DAKOUO

Source : Info-Matin

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Bien que heurté à une ribambelle de problèmes en chaîne, toujours aussi suffisant, mais pas autosuffisant, notre Maliba fait montre d’un aplomb inoxydable fasse à des assauts violents contre un pouvoir transitoire qui commet la faute irrémissible de troubler un ordre établi. La frénésie de surenchère de Paris déclenchée...