La classe politique a perdu sa langue
Environ 20 morts et de nombreux blessés, c’est le bilan macabre d’un affrontement intercommunautaire qui a eu lieu à Ké-Macina, le samedi dernier. Très prompte à réagir sur des faits de société, la classe politique de notre pays, dans sa globalité (opposition et majorité), a péché par son silence sur le drame qui a endeuillé, le week-end dernier, le Macina et par-delà tout le Mali.

parti classe politique drapeau malien vert jaune rouge

Les partis politiques de la majorité et de l’opposition sur cet événement sont restés bien silencieux. Depuis le samedi dernier, début des affrontements, jusqu’à la mission gouvernementale sur le terrain, pas un seul communiqué, pas de réaction ni de déclaration officielle au niveau des différents états-majors politiques aussi multiples qui divers.
Que s’est-il arrivé aux hommes politiques ? Ont-ils perdu la langue ? Nécessité d’observation en vue de mieux comprendre ? En tout cas, les faits sont bien là : il y a eu violence dans une partie du pays, des Maliens ont été tués. Ce qui fait moins de bras valides, une régression économique et même moins d’électeurs pour le pays. Alors, un petit mot pour condamner ou déplorer le drame, pour présenter des condoléances, souhaiter prompt rétablissement aux blessés n’était pas un effort de plus pour la classe politique de notre pays. Mais en a manqué tout simplement l’occasion.
Dans la nuit du samedi dernier au dimanche, il y a eu un affrontement meurtrier entre des communautés dans la commune rurale de Ké-Macina. Le bilan officiel de cet affrontement fait l’état de 20 morts, 18 blessés, dont certains en état de santé grave. Aussi, cet événement a provoqué de nombreux déplacées vers les localités de Diabaly et Ségou pour fuir les représailles de cette situation.
Suite à cet affrontement, aussitôt le gouvernement a envoyé le mardi dernier une mission de 4 ministres de la république, en occurrence le ministre de la Solidarité et de l’action humanitaire, Hamadoun KONATE ; le ministre de la Justice, des droits de l’Homme et garde des sceaux, Mamadou KONATE ; le ministre de la Réconciliation, Mohamed El MOCTAR et le ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la réforme de l’État, Mohamed Ag ERLAF.
L’objectif de cette mission était de s’enquérir de la situation, d’apaiser la tension et d’apporter la compassion de la nation aux victimes de cet affrontement. À part cette mission ministérielle, c’est le silence radio au niveau de tous états-majors politiques qui n’ont pipé mot, malgré l’ampleur du drame. En d’autres circonstances, on allait assister à des tonnes de communiqués pour condamner, accuser et dénoncer. C’est en tous cas surprenant, que la classe au regard des dégâts et des conséquences de ce conflit entre communautés perde sa langue. Cette indifférence générale est à la limite un pêché de la part de la classe politique.

Par Sikou BAH

 

Source: info-matin

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