Attendu comme étant le rendez-vous de la dernière chance afin d’éviter à notre pays une crise politique durable, les échanges entre le Président la République et le Mouvement M5-RFP se sont soldés par un échec ce 5 juillet 2020. Surenchère du M5-RFP ou égocentrisme d’IBK ? Cette crise ouvre la porte à une instabilité politique chronique qui sonne comme une épreuve de trop pour le peuple malien qui souffrait déjà des affres du terrorisme, de l’insécurité, de la mauvaise gouvernance et de la crise sanitaire liée à la pandémie à Coronavirus. Face aux périls, il est urgent de s’entendre pour épargner le pays de sombrer.

 

 

Déclenché pour obtenir la démission du président Ibrahim Boubacar Keita et son régime après avoir battu le pavé a deux reprises, le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP) a fini par revoir à la baisse ses exigences. Et cela, en élaborant un mémorandum qui prend en compte les différentes médiations en cours menées notamment par la CEDEAO soutenues par l’Union africaine, l’Union européenne, les Nations Unies.
Mais, contre toute attente, aucune de leurs préoccupations ne sera acceptée par le président de la République, ce dimanche 5 juillet 2020, à l’issue de leur audience à Koulouba. Le Président de la République ayant renvoyé le M5-RFP à la majorité présidentielle, qui, elle-même, n’est détentrice d’aucune autorité publique. Donc, IBK et les frondeurs se sont séparés sans aucun compromis. Ce qui nous renvoie à la position de départ.
De toute évidence, l’échec des échanges risque de consolider les rangs du M5-RFP, qui commençaient à se lézarder du fait du refus d’une partie du mouvement de s’engager dans les discussions avec le pouvoir. Le M5-RFP, selon les propos de certains de ces responsables, a unanimement décidé de revenir sa position de départ demandant le départ pur et simple du régime.
C’est dire que chaque camp va désormais se retrancher sur ses positions et essayer de rassembler le maximum de soutiens au sein de l’opinion. Ainsi, le M5-RFP misera désormais sur sa capacité de mobilisation pendant que le pouvoir utilisera son épouvantail de dissuasion.
Dans le contexte actuel de notre pays, ni l’un ni l’autre ne constitue une porte de sortie pour un pays en proie aux attaques terroristes.
Nous restons convaincus, pour notre part, que le dialogue reste le seul moyen pour nous d’arriver à la paix et à la stabilité.
Car, ce Mali est à nous et c’est seulement à nous d’unir nos forces pour sortir de ce gouffre.
Comme dirait l’autre, ‘’pour le Mali et son bonheur, aucun sacrifice n’est de trop’’ alors plus que jamais, le Mali a besoin du sacrifice de tous ses enfants.
De ce fait, nous estimons qu’IBK doit écouter et respecter les Maliens. De son côté, le M5 RFP doit sortir de la surenchère pour trouver des solutions alternatives afin d’éviter d’exposer des innocents à la violence et la persécution des affidés du régime.
Aujourd’hui, nulle n’ignore que le pays traverse une crise multidimensionnelle. Il faut donc savoir raison gardée.
À la question si nos partenaires vont-ils laisser s’installer un tel état d’instabilité ? Nous pensons que partout au monde, cette communauté internationale a toujours agi en fonction de l’équilibre des rapports de forces.

Par Abdoulaye OUATTARA

Source : Info-Matin

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