Le Président du Directoire du Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD), Soumaila CISSE, a exprimé, le vendredi dernier, son pessimisme quant à une issue favorable, à travers le dialogue entamé par IBK. Après cinq rencontres avec le chef d’État, aucun consensus sur les réformes n’a pu être trouvé encore moins une décrispation du climat politique toujours très explosif. 

La direction du Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD) a organisé une conférence de presse, le vendredi 12 avril, à la Maison de la presse. Elle était animée principalement par Soumaila CISSE encadré par Choguel Kokalla MAIGA, Mountaga TALL et Oumar Hammadoun DICKO. Occasion pour ces responsables politiques du front de l’opposition de réaffirmer leur position sur le processus de la révision constitutionnelle, d’apprécier le dialogue en cours entre IBK et la classe politique, notamment.

Autant au plan politique que social, le Président IBK peine, estime Soumaila CISSE. L’espoir d’aboutir à une décrispation du climat politique semble se briser, constate-t-il avec regret. Car, malgré le dialogue instauré par IBK avec l’ensemble de la classe politique, semaine après semaine, le pays s’éloigne du consensus, a noté le chef de file de l’opposition. Or, en acceptant «la main tendue » de IBK, en février dernier, il souhaitait promouvoir un dialogue républicain de sortie de crise. De cette date, il a affirmé avoir rencontré cinq fois le chef de l’État, des rencontres au cours desquelles ils ont identifié des défis et des pistes de propositions. L’urgence était, a-t-il indiqué, la tenue indispensable d’un dialogue politique national inclusif. A ce jour, a déploré Soumaila CISSE, aucune des propositions soumises à IBK par ses soins n’a connu un début d’exécution. Tout se passe comme si le Président IBK s’en fichait de ces rencontres, a-t-il estimé. « Le dialogue politique ressemble plus à un jeu de ruse et de malice pour gagner du temps, plutôt que d’affronter la réalité », a affirmé le leader de l’opposition malienne.

Au lieu d’avancer, la situation est revenue au point de départ en l’absence de nouvelles solutions du régime à offrir. « Ils (les gouvernants) menacent de rompre le fil du dialogue en campant sur des positions anachroniques et sans issue », a déclaré Soumaila CISSE. Leur démarche sincère et volontaire de décrispation du climat politique n’a pas malheureusement rencontré d’écho, s’est-il indigné.   

A l’analyse de ces différents éléments, le conférencier tire la conclusion de la mauvaise foi du régime de faire bouger les lignes. Or, la situation n’est ni aux atermoiements ni aux petits calculs politiciens, a-t-il prévenu.

Le processus de la révision constitutionnelle, l’autre sujet de divergence entre le régime et l’opposition, a été également abordé. L’opposition reconnaît, certes, la nécessité de corriger les insuffisances de la Constitution par une révision, mais elle apprécie mal le contexte. Pour Soumi, les efforts devraient être plutôt concentrés sur la résolution des problèmes sociaux et la crise au Centre du pays et non sur la réforme constitutionnelle. « La révision constitutionnelle apparaît, aux yeux de nos interlocuteurs, comme la seule priorité du moment», a-t-il indiqué, tout en évoquant les raisons du refus du FSD de prendre à la cérémonie de remise de l’avant-projet de réforme constitutionnelle tenue à Koulouba, le 10 avril 2019. Selon lui, ils ont décliné l’invitation pour ne pas s’associer à cette cérémonie, d’une part.

D’autre part, ils ne se revendiquent pas de la démarche solitaire entreprise par le régime, a ajouté M. CISSE. « Les gens ont besoin d’être associés, d’être écoutés pour que les orientations soient leurs orientations », a martelé le chef de file de l’opposition. En dépit des divergences, le chef de file de l’opposition a affirmé être toujours disponible au dialogue pour le Mali. Selon lui, le dialogue n’est pas rompu.   

Par Sikou BAH

 

Source: info-matin

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Le Président du Directoire du Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD), Soumaila CISSE, a exprimé, le vendredi dernier, son pessimisme quant à une issue favorable, à travers le dialogue entamé par IBK. Après cinq rencontres avec le chef d’État, aucun consensus sur les réformes n’a pu être...