Il avait promis la rupture. Devenu président, il a entretenu les mêmes réseaux de la Françafrique. Jamais en un quart de siècles, la France n’avait envoyé autant de bidasses en Afrique.

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«Je romprai avec la Françafrique en proposant une relation fondée sur l’égalité, la confiance et la solidarité ». Ainsi s’exprimait François Hollande dans son 58ème engagement sur les 60 qu’il avait pris, en tant que candidat à l’élection présidentielle. Hollande promettait, une fois de plus, en février 2012, dans Changer de destin, que «La France répudiera sans regret les miasmes de ce qu’on appelle la Françafrique, qui n’est que l’autre nom de l’humiliation des Africains, de la prévarication et de la corruption politique», s’il devenait président de la France.
Humiliation, prévarication, corruption, les mots sont lourds de sens et le mal de la Françafrique a fait basculer fatalement le destin de millions d’Africains, exténués par les politiques précaires des autorités qui flirtent avec Hollande. L’arme fatale de cette Françafrique, la peste moderne des relations entre l’Hexagone et ses anciennes colonies, le cordon ombilical que nous Africains refusons de couper pour rester lier au maître, n’est autre que le Franc CFA, garanti par le trésor français.
Ce n’est pas un hasard si en un peu plus d’une décennie, le Mali est le seul pays africain à organiser deux sommets Afrique France (2005 et 2017). La France compte bien et bel renforcer sa présence militaire en Afrique afin de s’accaparer des richesses et matières premières, convoités par d’autres pays. En Afrique, seulement « (…) en dix ans, la France a perdu la moitié de ses parts de marché (…) au profit des pays émergents (Chine, inde, Brésil, etc. » Hollande l’Africain, de Christophe Boisbouvier (p. 261).
François-Xavier Verschave, définissait la Françafrique comme «une nébuleuse d’acteurs économiques, politiques et militaires, en France et en Afrique, organisée en réseaux et lobbies, et polarisée sur l’accaparement de deux rentes : les matières premières et l’Aide publique au développement… Le système autodégradant se recycle dans la criminalisation. Il est naturellement hostile à la démocratie».
Le destin de l’Afrique aux Africains
Les hommes se succèdent à la tête des Etats, sans pouvoir éradiquer ce fléau du 21ème siècle qu’est la Françafrique. Les présidents africains doivent avoir le courage de prendre en main le destin de leurs peuples, en imposant des relations d’égalité avec la France. Car, en réalité, c’est la France qui a plus besoin de l’Afrique. Pour ce faire, les présidents africains dont les pays ont en commun le Franc CFA doivent parler d’une même voix. Ces pays possèdent suffisamment d’or pour garantir la création d’une monnaie propre à l’Afrique. Le Mali, le Burkina, le Niger, le Sénégal sont des pays producteurs d’or. Il est temps que nos Etats se débarrassent du CFA, qu’ils trainent comme un boulet et qui les empêche de prospérer.
François Hollande, on le sait bien, participe à son dernier sommet. Sa côte de popularité est à son plus bas niveau puisqu’ils n’a pas su tenir ses promesses, ni vis-à-vis des Français, encore moins des Africains. Il a perpétué la Françafrique comme François Mitterrand l’avait prédit, lorsque qu’il écrivait en 1957, dans Présence française et abandon : «Sans l’Afrique, il n’y aura pas d’histoire de France au XXI° siècle.» Hollande l’envahisseur, n’a pas su garder ses distances des dictateurs africains. Dans une chronique publiée sur le site du journal Le Monde, le chroniqueur Abdourahman Waberi écrivait : «Ainsi François Hollande continue-t-il d’inviter les satrapes africains sous les ors de l’Elysée mais il se déplace aussi pour les saluer chez eux, comme il l’a fait depuis 2012 en rendant visite au Congolais Joseph Kabila, au Camerounais Paul Biya, à l’Angolais José Eduardo dos Santos et au Tchadien Idriss Déby. Enfin, il ne se fait pas prier pour envoyer des troupes en Centrafrique, au Mali. Bref, ses amis ne reconnaîtraient pas l’homme qui s’occupe aujourd’hui des affaires africaines. L’Afrique offre à François Hollande le supplément de masculinité qui lui a fait si souvent défaut.»
«Je viens sans doute de vivre la journée la plus importante de ma vie politique», pensait bien dire Hollande à Tombouctou, après l’accueil triomphal que lui avait réservé le peuple malien en 2013. La France aujourd’hui est dans un bourbier parce que ses dirigeants manquent de couilles pour sécuriser le Nord du Mali, eux qui sont venus en « libérateurs » il y a quatre ans à peine. IBK peine à assurer la paix à ses compatriotes du fait du double jeu de la France, tantôt amie des rebelles, jadis « ami et libérateur» du peuple malien. Comme Judas a trahi le Fils de l’homme, Hollande a trahi l’Afrique. L’africanité, ce n’est pas de la spontanéité. On est Africain dans le cœur, dans l’âme et dans l’esprit. Jamais un président français n’a été si loin des intérêts africains. En voulant tirer profits des événements malheureux qui font pleurer les Maliens, Centrafricains, etc., plutôt que d’aider ces populations à sortir de la crise, Hollande s’est attiré le courroux des Africains. Un héritage lourd pour son successeur à l’Elysée.
O. Roland

Source: Le Point

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Il avait promis la rupture. Devenu président, il a entretenu les mêmes réseaux de la Françafrique. Jamais en un quart de siècles, la France n’avait envoyé autant de bidasses en Afrique. «Je romprai avec la Françafrique en proposant une relation fondée sur l’égalité, la confiance et la solidarité ». Ainsi...