Une délégation du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU) a séjourné au Mali, les 23 et 24 octobre 2021, pour s’enquérir de la situation sociopolitique et sécuritaire, du processus de la transition. Au cours de leur visite de 48 heures dans la capitale malienne, les membres du Conseil de sécurité ont rencontré les autorités maliennes dont le Président de la Transition, Colonel Assimi GOÏTA, le Premier ministre, Dr. Choguel Kokalla MAÏGA. Cette visite a été sanctionnée par une conférence de presse tenue, le dimanche 24 octobre 2021, au quartier général de la MINUSMA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali) à Bamako. Face à la presse, les membres du conseil de sécurité de l’ONU ont exprimé leur soutien à la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) par rapport à la tenue des élections au Mali.

La délégation onusienne arrivée samedi dernier à Bamako, conduite par l’Ambassadeur du Kenya auprès de l’ONU, Martin KIMANI, était composée de l’Ambassadeur du Niger aux Nations Unies, Abdou ABARRY, le français Nicolas DE RIVIERE, l’Ambassadrice américaine, Linda Thomas-GREENFIELD et bien d’autres. Durant son séjour de 48 heures, la délégation a rencontré les autorités maliennes dont le Premier ministre, Dr. Choguel K. Maïga. Ce dernier a expliqué à ses hôtes que cette transition politique au Mali n’aura de sens, in fine, au-delà des questions électorales, que si elle s’attaque aux insuffisances politiques et institutionnelles, révélées par la pratique démocratique des trente dernières années. Selon lui, des choix politiques sont en cours dont la mise en place de l’Autorité Indépendante de Gestion des Élections et la tenue des Assises Nationales de la Refondation. «Assises nationales de refondation au terme desquelles les Maliens, à travers toutes les composantes de notre société, vont renouveler leur vision de l’État et redéfinir leurs rapports vis-à-vis de la gestion des affaires publiques », a-t-il dit. Il a dit que des efforts vigoureux étaient également en cours pour améliorer la sécurité et la stabilité. Pour le Premier ministre, ces efforts incluaient la poursuite de l’action militaire, la mise en œuvre d’actions politiques, de gouvernance et de développement portant sur la stabilisation du Centre et la poursuite de la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali issu du processus d’Alger. Choguel K. Maïga a appelé à un changement de paradigme en matière de sécurité pour améliorer la situation très préoccupante sur le terrain. « Ce changement de paradigme interpelle aussi nos partenaires, parmi lesquels la MINUSMA dont la posture et le mandat doivent tenir compte de son environnement d’évolution », a-t-il dit. Le Premier ministre a exprimé aux membres du conseil de sécurité sa reconnaissance profonde pour l’assistance précieuse et la solidarité agissante de la communauté internationale. Le Premier ministre exhorte le Conseil de sécurité, ainsi que tous nos partenaires bilatéraux et multilatéraux à apporter leur soutien à la réussite de la Transition et à continuer à avoir une lecture réaliste et lucide des défis complexes auxquels le pays est confronté. Après ses différentes rencontres, la délégation a animé une conférence de presse. «Nous attendons à présent avec impatience, la fin de la période de transition qui doit aboutir à la tenue d’élections », a déclaré devant les hommes médias l’Ambassadeur du Kenya auprès de l’ONU, Martin KIMANI. Avant de préciser que les Quinze membres du conseil de sécurité sont « attachés à la mise en œuvre de l’Accord de paix et à la stabilisation du Centre du pays ». Pour sa part, l’Ambassadeur nigérien, Abdou ABARRY,  a mis l’accent sur la lutte contre le terrorisme au Mali. « Le Mali est un verrou dans le cadre de la lutte contre le terrorisme au Sahel et une victoire du Mali contre ces hordes de terroristes qui violent, qui pillent, qui tuent, c’est également une victoire pour l’ensemble de la sous-région », a-t-il dit. Quant à Nicolas DE RIVIERE, Représentant de la France auprès des Nations Unies, il a invité les autorités maliennes à respecter leur propre engagement, c’est-à-dire à organiser les élections mettant un terme à la transition dès que cela sera possible. Si le Mali n’arrivait pas à organiser les élections dans le délai, quelles peuvent être les conséquences ? «Sur cette question, le conseil de sécurité n’est pas l’organe principal, il y a ce qu’on appelle le principe de subsidiarité, c’est la CEDEAO qui est en avant. Ici, le conseil de sécurité ne fera que soutenir ce que la CEDEAO fera, s’il ya des preuves qui sont pertinentes, comme on le dit, à l’impossible nul n’est tenu. Les pays qui ont été invités par les autorités elles-mêmes, les élections auraient dû se tenir en février 2022. Maintenant, on n’a pas de chronogramme, le calendrier n’est pas sorti, il y a un certains nombres d’Etats qui ont été décidés par les autorités maliennes, le conseil de sécurité ne fera que soutenir la position de chaque Etat et de gouvernement au sein de la CEDEAO, mais la position de l’Union Africaine également », a souligné l’Ambassadeur du Niger aux Nations Unies, Abdou ABARRY.

Aguibou Sogodogo

Source: Le Républicain

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Une délégation du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU) a séjourné au Mali, les 23 et 24 octobre 2021, pour s’enquérir de la situation sociopolitique et sécuritaire, du processus de la transition. Au cours de leur visite de 48 heures dans la capitale malienne, les membres...