Dans nos sociétés circulent quelques fois des revues, magazines et journaux divers conçus et réalisés sous d’autres latitudes. Ces organes, dont les versions électroniques sont visibles de par le monde, consacrent souvent selon le cas, des reportages ou commentaires, à la situation qui prévaut dans un contexte à dominante islamique.

La spécificité de l’environnement concerné est rapidement dépassée dans ces considérations et les généralisations prennent le pas sur les précautions qui doivent être de rigueur en pareilles circonstances. Les communautés musulmanes dans leur ensemble se retrouvent mises en accusation sous des étiquettes les plus dévalorisantes, mais surtout indexées des pires extrémismes.

Pour les oulémas, l’une des caractéristiques de la communauté musulmane est cependant la modération, car les enseignements fondamentaux qui l’orientent portent notamment sur l’établissement de l’harmonie entre le spirituel et le matériel, l’individu et la collectivité.

La communauté a ainsi reçu l’appellation de nation du juste milieu, selon ce passage du Livre sacré : « Nous avons fait de vous une communauté du juste milieu (médiane)… » (2:143) Et les croyants sont exhortés à s’en tenir à cette attitude en tous leurs agissements, à l’image de ceux « Qui, lorsqu’ils dépensent, ne sont ni prodigues ni avares mais se tiennent au juste milieu… » (25:67)

Dans le rappel des caractéristiques de cette communauté, les théologiens relatent un récit portant sur un différend survenu un jour, aux premiers temps de la révélation coranique, entre un fidèle musulman et un juif. Ce dernier s’était vu administrer une gifle à la suite d’une réplique qu’il avait faite au sujet du Guide de l’islam. Pour être fixés sur la question, les protagonistes décidèrent d’en référer au Messager lui-même (PSL).

Avant même que de trancher sur le fond de l’affaire, le Messager demandera à son adepte de conversion récente, qui deviendra plus tard l’un de ses grands compagnons, de présenter des excuses à son protagoniste pour avoir porté la main sur lui. Le raisonnant ensuite, il lui expliqua que «le Créateur s’est donné comme attribut la paix et a qualifié ma communauté de musulmans (soumis). Il s’est également donné l’attribut de protecteur, lui dit-il, et à ma communauté le qualificatif de croyants».

Pour les oulémas, cette communauté se distingue par l’humilité et ne s’enfle point d’orgueil. Ils soulignent cependant que la nature de l’homme est marquée par la tendance à la dispute qui est une disposition d’esprit désapprouvée pour le fidèle. « Mais l’homme cependant, est de tous les êtres, le plus grand disputeur ». (18:54). Mettant en garde contre cette inclination, les oulémas rappellent ce hadith selon lequel «le plus exécrable d’entre les hommes sera l’adversaire querelleur». La recommandation faite alors à la communauté est de se prémunir contre une telle attitude.

«Un peuple ne s’égare, après avoir reçu la bonne direction que lorsqu’il se livre à la dispute», est-il dit. Dans une exhortation à la sagesse, il est rapporté que «Personne d’entre vous ne retrouvera la réalité de la foi que lorsqu’il renonce à la controverse, bien qu’il ait raison». Selon les exégètes, cet enseignement préserve l’homme de l’hostilité à laquelle conduit la controverse, sentiment proscrit entre fidèles musulmans. Et le théologien de rappeler à ce sujet que «s’il vous est difficile d’assister les hommes de vos biens, qu’ils aient de vous au moins un visage accueillant et un bon caractère».

A. K. Cissé

  Source: Journal l’Essor-Mali

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