Face à la flambée de nouvelles infections à la Covid-19, notre blogueur Aly Bocoum invite les autorités maliennes à changer de paradigme en misant sur le dépistage massif, notamment de personnes qui risquent de développer une forme grave de la maladie.

 

Le coronavirus connait une propagation fulgurante au Mali. En l’espace de deux mois, le pays a franchi la barre des 1000 cas positifs. Mais ce qui inquiète le plus, c’est la contamination locale. Au cours d’un point de presse, la semaine dernière, le Coordinateur national de la riposte à la Covid-19, Akory Ag Iknane, a tiré la sonnette d’alarme : « Il faut s’attendre à plus de cas positifs dans les jours à venir».

La hausse des nouvelles infections intervient dans un contexte marqué par un certain relâchement quant à au respect des mesures de prévention. Le respect strict des gestes barrières n’est pas de mise. Dans les marchés, mosquées, transports en commun, presque rien n’a changé. Les habitudes ordinaires d’attroupement, les poignées de main perdurent en dépit des dizaines de décès liés au virus.

Scénario catastrophe

Le port du masque, présenté par le Président Keïta himself comme un moyen de protection contre la pandémie, peine à s’ancrer dans les habitudes. À Bamako, l’épicentre de la maladie, avec plus de 80% des cas de contamination, le port du masque n’est pas une vertu partagée.

Que reste-t-il donc à faire pour parer à un scénario catastrophe ? Il est vrai, ailleurs, en Asie notamment, le masque a prouvé son efficacité à casser la chaîne de contamination. Cependant,  les bons élèves  dans la gestion de la crise sanitaire ont surtout misé sur un dépistage massif et des mesures de confinement plus ou moins drastiques, selon les seuils d’infection. Ce qui n’est pas le cas au Mali, où tous les espoirs sont placés sur le masque dont la distribution à grande échelle tarde encore. Et où, pour reprendre le Président Ibrahim Boubacar Keïta, un confinement est synonyme d’une « condamnation à mort».

Peu de marge de manœuvre

Par ailleurs, il reste très peu de marge de manœuvre aux autorités, quand on connait le déficit en termes de capacité de tests. À la date du 8 mai 2020, 3000 tests ont été effectués, tous à Bamako, d’après les conclusions du premier rapport du comité scientifique, présenté par le Premier ministre Boubou Cissé. Le chef du gouvernement avait alors annoncé l’acquisition imminente de 5000 kits de dépistage supplémentaires pour combler le déficit.

À défaut de pouvoir tester une majorité de Maliens, les autorités sanitaires devraient au moins, prioritairement, cibler les catégories de patients susceptibles de développer une forme grave du coronavirus, les isoler au besoin pour limiter la propagation. Il s’agit des personnes âgées et celles atteintes de cardiopathologies comme le diabète. C’est en changeant de paradigme que le combat contre le coronavirus pourrait être efficacement gagné. Le temps est compté, il faut agir vite.

Source : Benbere

MaliwebSanté
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