Les soupçons de malversations dans la gestion des fonds destinés à la prise en charge de la situation occasionnée par le COVID-19 sont légion depuis le début la découverte du premier cas de malade au Mali.  Plusieurs structures étatiques ou privées, sollicitées dans le cadre de la riposte nationale contre la maladie à coronavirus sont impatientes d’entrer dans leurs droits à mesure que l’épée d’un embargo total plane sur le pays suite au putsch militaire qui a déposé le régime d’IBK. Nos investigations nous permettent de dire aujourd’hui que, les fonds, gérés directement par la primature, peinent à être décaissés pour apeurer les engagements pris avec certains partenaires comme les structures hôtelières et autres voyagistes. Le département des Maliens de l’extérieur, qui s’occupe du volet rapatriement des compatriotes établis et/ou bloqués à l’étranger et leur hébergement, n’a ainsi reçu que 1 milliard de nos francs sur les 6 qui lui reviennent.

Le retard dans le décaissement des 6 milliards de F CFA, mis à la disposition du Ministère des Maliens de l’extérieur,  pour venir en aide aux Maliens en difficulté en lien avec la COVID-2019, inquiète ses partenaires que sont les structures hôtelières et les compagnies de transport aériennes, qui hébergent. Pendant que les agences, qui ont affrété les avions pour le rapatriement des Maliens établis et/ou bloqués à l’extérieur pour cause de COVID-19 et les hôtels qui ont hébergé ces personnes rapatriées, attendent impatiemment d’être entièrement payées par l’Etat et ses démembrements, le Ministère des Maliens de l’Extérieur, chargé de payer les prestataires, est sous pression et attend de la Primature et du Ministère de l’Économie et des Finances le décaissement d’environ cinq millions de nos francs sur les six qui avaient été prévus pour les structures partenaires.

Ce qui a été fait avec le milliard qui a été décaissé

La somme de 1 milliard de nos francs, décaissée en deux tranches, a servi à régler certaines factures de certaines des compagnies et agences de voyage (dont l’affrètement d’avions)et des opérateurs hôteliers qui interviennent dans l’hébergement des rapatriés durant la période de quarantaine qui dure en moyenne 14 jours. La direction nationale du tourisme et de l’hôtellerie, dont nous avons rencontré le DGA et qui sert d’interface entre l’État et les opérateurs du secteur de l’hôtellerie et du tourisme, soutient qu’une première transaction a été effectuée à la veille de la fête de la tabaski.

Selon  le Directeur général adjoint de l’hôtellerie et du tourisme, « les hôtels ont été identifiés par leur direction ». Certains promoteurs hôteliers sont impatients, bien que reconnaissant avoir perçu50% des montants qui leurs sont dus grâce au milliard qui a été décaissé, mais face aux dépenses auxquelles faire face, ils souhaitent entrer le plus tôt dans leurs droits. Sur les 1 milliard, certaines factures de certaines agences de voyage ont été payées, selon une source au Ministère des Maliens de l’extérieur. C’est le cas de certains établissements hôteliers dont Khasso.

La pression monte alors sur le département des Maliens de l’extérieur qui, selon le président de la commission chargée du rapatriement des Maliens bloqués à l’extérieur, n’est nullement en cause : « ce que je sais : sur les 6 milliards annoncés par l’État, c’est un mandat de trois (3) milliards qui a été notifié au Ministère des Maliens de l’Extérieur. Et sur ces trois (3) milliards, c’est un milliard cinq cent millions (1.500.000.000) de C FA qui ont subi un traitement. Sur cette somme aussi, c’est un (1) milliard qui a été décaissé … », nuance le colonel-major Abdoulaye Sidibé, également chef de cabinet militaire de la primature.  Le chef de cabinet du MME, Cheick Oumar Coulibaly, abonde dans le même sens. Il représente son département dans la commission de rapatriement dirigée par le colonel-major Sidibé.  La secrétaire générale du département, Dr Néma Guindo, a alors adressé, le 10 septembre dernier, une lettre au secrétaire général du ministère de l’Économie et des finances afin de lui demander de diligenter le dossier du reliquat.

Ce qui est important à noter, c’est que la somme décaissée, 1 milliard, n’a pas pu couvrir la moitié des factures que le Ministère des Maliens de l’extérieur doit aux agences et aux entreprises hôtelières partenaires. Le colonel-major Abdoulaye Sidibé a confirmé cette version des faits.

Le président de la Commission chargée du rapatriement des Maliens bloqués à l’étranger suite à la pandémie du COVOD-2019 a révèle que seulement l’affrètement des avions leur a coûté plus de 2 milliards de nos francs. Idem pour l’hébergement des rapatriés dans les hôtels.

Issa Djiguiba

Le Pays

MaliwebSanté
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