Survivante d’un viol subi à l’âge de 13 ans, Djelika (le prénom a été modifié) a décidé de se confier à Benbere, plus d’une décennie après le drame. Aujourd’hui, elle n’a que dégoût envers les hommes.  

 

« Traumatisée par la mort de mon père, je suis envoyée par ma mère chez mon oncle à Bamako. Pour moi, c’était l’occasion d’oublier le deuil mais malheureusement ce séjour se transforme en calvaire.

J’avais 13 ans à l’époque. J’étais assez solitaire chez moi, à Paris. Des proches ont conseillé à ma mère de m’envoyer chez un oncle qui a plusieurs enfants. Certains avaient mon âge, d’autres étaient moins âgés. Je suis allée pour un mois. Mon oncle et sa femme sont des fonctionnaires. Ils sortent le matin et ne rentrent que le soir.

Calvaire

Ce jour-là, j’ai eu du mal à me réveiller, alors qu’on devait aller au campement. J’ai demandé à mes cousins d’aller sans moi, j’aimais être seule. Quand j’ai réussi à me lever, ils étaient tous partis. J’ai pris ma douche et me suis dirigée vers la salle à manger. J’ai remarqué que le petit frère de la femme de mon oncle était dans la maison. Je l’ai salué et me suis mise à table.

Après avoir fini de manger, je suis retournée dans le salon pour regarder la télé. Il m’y a rejoint. Au bout de 30 minutes, j’ai commencé à me sentir mal à l’aise. Son regard insistant, ses mots parfois déplacés m’effrayaient. Il m’a demandé de lui passer la commande. Quand je me suis exécutée, il m’a tirée sur lui.

Je lui ai dit que s’il n’arrêtait pas, j’allais le dénoncer auprès de mon oncle. Le jeune homme a commencé à ricaner, avant de fermer la porte du salon et dire qu’il était désolé de l’incident. J’ai poursuivi mon programme télé.

« C’était devenu une habitude »

Après quelques minutes de silence, le frère à la femme de mon oncle m’a demandé de venir regarder quelque chose dans son téléphone. Il regardait un film pornographique, je lui ai rétorqué que je n’avais ni l’âge ni l’envie de regarder ces choses. Le monsieur a ajouté qu’il pouvait me faire ce que l’homme faisait à la femme. Je me suis éloignée de lui. Assise dans le fauteuil, il a mis sa main sur ma bouche et m’a forcée à regarder son organe génital. Ensuite, mon agresseur m’a déshabillée et intimé l’ordre de le sucer. J’ai résisté à la dernière avance mais il m’a léchée les joues et les seins. Je n’avais que 13 ans.

Pendant une dizaine de minutes, j’ai vécu l’enfer sur terre. J’ai presque versé toutes les larmes de mon corps. Mon bourreau ignorant mon calvaire, me mets sur le ventre puis me sodomise. Frottant son appareil génital contre le mien.

Je tombais malade et j’étais incapable de dire ce qui me faisait mal. C’était devenu une habitude pour mon bourreau. La nuit, il venait dans ma chambre, me faisait ce qu’il voulait et ressortait calmement.

Marre de continuer à vivre cette situation infernale, j’ai décidé de rentrer chez moi, mais la femme de mon oncle n’a pas voulu. Mon oncle m’a suppliée de rester jusqu’à la fin de mon séjour à Bamako.

Un soir, je ne me sentais pas bien, j’avais trop mal au ventre. Le monsieur est rentré dans ma chambre. Je lui ai dit d’arrêter. Mais il ne m’a pas écoutée. J’ai commencé à saigner, je venais d’avoir mes règles et la douleur était si grande.

« C’est la tête de ce monstre que je vois »

Après mon séjour, je suis finalement rentrée chez ma mère en France. De retour au Mali, lorsque je croise ce monstre, il me regarde, me sourit et me dit que j’ai grandi. Un jour il m’a dit mot pour mot : « Je peux maintenant bien enfoncer mon pénis dans ta jolie ch***. »

Plus de dix ans après, lorsqu’un un homme me dit « bonjour », c’est la tête de ce monstre que je vois. Aujourd’hui, j’ai 26 ans et la seule fois que j’ai eu des rapports sexuels, c’était avec lui.

Il a une femme, des enfants, moi je n’ai rien, à part ce douloureux souvenir qui me dévore le corps et enfonce mon cœur. J’ai de l’argent, un bon boulot mais aucun plaisir sexuel. Ça m’a donné du dégout pour les hommes. Avant de connaitre l’homme avec lequel je vis présentement, je suis sortie pendant 3 ans avec une fille. Mais, même là, pas d’intimité. »

Source : Benbere

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Survivante d’un viol subi à l’âge de 13 ans, Djelika (le prénom a été modifié) a décidé de se confier à Benbere, plus d’une décennie après le drame. Aujourd’hui, elle n’a que dégoût envers les hommes.     « Traumatisée par la mort de mon père, je suis envoyée par ma mère chez...