Nommé, in extremis, Commandant de la Compagnie de Circulation Routière (CCR), à quelques jours du Sommet Afrique-France, le commissaire Abdoulaye Coulibaly alias «le Sorcier noir» a relevé, avec brio, l’un des défis majeurs à l’organisation de cette rencontre internationale. Maliweb.net rend hommage à ce directeur d’école qui a tout lâché pour devenir policer. A l’occasion de la deuxième journée nationale de la police.

gendarme motard police malienne ccr circulation

Son surnom «le sorcier», le Commandant Abdoulaye Coulibaly le doit à un admirateur. Ce dernier estime que partout où il a été nommé, c’était pour régler un problème. Difficile pour nous de vérifier cela. Cependant, sa nomination au poste de commandant de la CCR, à quelques jours du Sommet Afrique-France, certifie bien ce constat. Dès sa nomination, le Commandant Coulibaly propose un schéma de circulation qui sera approuvé par la Marie du district. A la fin du sommet, les félicitations du Comité d’organisation ne tardent pas. «Je n’avais pas droit à l’erreur», se rappelle le commandant.

La mission du Commandant Coulibaly ne s’arrêtera pas avec le sommet. Lui qui avait démissionné de ce même poste pour une formation à l’Ecole militaire de Saint Cyr en France était rentré dans son pays, mieux «instruit pour vaincre». Pour réussir cette mission, deux défis sont à relever : rendre fluide la circulation de Bamako avec ses 500 000 engins (véhicules et motos) mais aussi et surtout améliorer l’image de la police pour le bonheur des quelque trois millions de Bamakois. Pour y parvenir le Cdt Coulibaly ne dort que d’un œil et demi. Car, il n’est pas rare d’apercevoir le sorcier, notamment au niveau de l’Echangeur multiple de Bamako, cela dès 6h 20 ou encore aux environs de 18h. Pour quelqu’un qui habite Kati, n’est-ce pas là des prérogatives de sorcier? «Non», rigole Abdoulaye Coulibaly. «Je quitte chez moi à 5h30 et je ne rentre qu’à 23h», indique-t-il.

Pour le Cdt Coulibaly, le rond-point du Monument de la Paix est comme un centre des opérations. De là, explique-t-il, on ressent la plupart des grands embouteillages et les mesures à prendre s’imposent. Pour «donner le bon son» (bien faire son travail), le Cdt Coulibaly n’a pas seulement les yeux rivés sur la circulation, il a aussi, pour ainsi dire, les oreilles «collées» à la circulation. Dans son bureau, au moins, trois talkies–walkies posés sur la table l’alerte en temps réel sur ce qui se passe dans la ville de Bamako.

Comme de nombreux jeunes…

Diplômé de l’Ecole Nationale de l’Administration de Bamako (ex-ENA), option sciences juridiques, le jeune Abdoulaye Coulibaly va, à plusieurs reprises, s’essayer aux différents concours de la fonction publique. De désespoir en désespoir, il finira par se rendre à Koutiala où il enseigne dans les établissements secondaires, comme de nombreux diplômés de nos facultés. A Koutiala, Abdoulaye Coulibaly dispense, entre autre, les cours de correspondance administrative, de droit des affaires ou encore de droit administratif.

En 2005, alors qu’il occupe enfin le poste de directeur dans une école de santé, un de ses jeunes frères, à Bamako, lui fait part du lancement du concours des commissaires de police. Le directeur d’école prend part aux épreuves et repart vaquer à ses occupations. L’air de rien. Une nuit, aux environs de 22h, se souvient-il, il reçoit un appel, les résultats définitifs du concours sont sortis, il est admis à la formation des commissaires de police. Serein, l’enseignant ne dit mot sur cette nouvelle, il se rend à Bamako pour constater, de visu, le décret  de nomination. C’est seulement à son retour que la nouvelle est partagée avec les proches.

De teint noir, avec une taille qui avoisine 1,80 m, le jeune commissaire de police s’est fait distinguer par son élégance et, surtout, par sa connaissance  pointue des textes. Aussitôt diplômé, il traîne sa monture au 6e arrondissement, à Nioro du Sahel pendant deux ans. En 2013, il sera confirmé commissaire de Kadiolo dans la région de Sikasso. Quelques mois après, il sera appelé au poste de Commandant de la Compagnie de Circulation Routière (CCR). Mais contre toute attente, le commandant Coulibaly décide de se rendre en France  pour ses études. A son retour de Saint Cyr, il est appelé à servir au poste du commissaire du 1er arrondissement. A ce poste, il aura la lourde tâche de gérer les marches «autorisées ou pas». Une fois de plus, son calme olympien face aux problèmes lui réussit. Le 13 avril 2016, nous le photographions, alors qu’il encadrait une marche, a priori interdite, des jeunes à Bamako, suite à l’assassinat, la veille, de trois jeunes manifestants à Gao (voir photo).

Une question de procédure

Aujourd’hui deux comportements agacent le commandant Abdoulaye. D’abord, l’incivisme « notoire » de certains usagers de la route et les plaques fantaisistes des porteurs d’uniformes. «Les gens pensent qu’en prenant deux, trois ou quatre enfants sur la moto qu’ils ne violent pas les textes. C’est faux», indique-t-il. Car, la loi fixe à deux, le nombre de personnes qui doit être transporté sur les véhicules à deux roues. Sans égard pour l’âge.

Mais plus que les supports à trois ou autres actes d’incivisme des populations ce qui  dérangent plus le Cdt Coulibaly, ce sont «les plaques fantaisistes». Ce que j’appelle plaques fantaisistes, explique-t-il, ce sont les gens, généralement des agents de force de l’ordre, qui écrivent leur nom sur la plaque ou circulent avec les plaques CH. «Ça doit cesser», ordonne-t-il. «Car, si nous devons appliquer la loi, nous devons nous-mêmes respecter la loi», enseigne-t-il. Et de préciser que tout est une question de procédure.

Mamadou TOGOLA

MaliwebSociétémaliweb
Nommé, in extremis, Commandant de la Compagnie de Circulation Routière (CCR), à quelques jours du Sommet Afrique-France, le commissaire Abdoulaye Coulibaly alias «le Sorcier noir» a relevé, avec brio, l’un des défis majeurs à l’organisation de cette rencontre internationale. Maliweb.net rend hommage à ce directeur d’école qui a tout...