Le verdict du procès qui opposait Koké Kallé, l’imam déchu de la Grande mosquée de Bamako, à Mme Coulibaly Fatoumata Zaharaou, est tombé, hier jeudi 24 septembre au Tribunal de grande instance de la commune VI. Deux ans d’emprisonnement ferme contre la coupable, sans tenir compte de circonstances atténuantes, ainsi en a décidé le juge de siège, dans sa délibération. Sa défense projette de faire appel devant la Cour d’appel.

Ouvert début septembre, ledit procès avait été reporté à la demande de la défense de Mme Coulibaly Fatoumata Zaharaou, pour reprendre, finalement, hier jeudi 24 septembre 2020, en présence des deux parties, assistées de leurs conseils.

Au terme d’un débat très houleux qui a duré plus d’une heure et trente minutes, Fatoumata Coulibaly, veuve et mère de sept enfants, a avoué avoir fait recours à un montage de photos publiées sur les réseaux sociaux, à l’origine de la plainte, avant de demander pardon à la Cour et solliciter sa clémence.

« Cette femme était en mission commando », accuse la partie plaignante. Tout comme le ministère public, qui parle d’une « tentative de nuire à l’honneur et à la probité » de cet homme de Dieu, qui d’ailleurs, en a fait les frais. En effet, cette affaire, montée de toute pièce a fait perdre à Kokè Kallé, son titre d’imam de la Grande mosquée de Bamako, dans laquelle il officiait depuis des années.

« L’affaire a provoqué la déchéance de l’imam de son fauteuil », rappelle la partie civile qui soupçonne des « buts inavoués », sans pouvoir prouver que la coupable était en « mission » et au profit de qui.

Le Parquet a insisté pour que ce procès « serve de leçon ».

Même la défense a reconnu la malhonnêteté de sa cliente dans cette affaire : « Elle n’a pas eu raison de falsifier les images », concède la défense qui demande pardon au nom de son client. « Ce qu’elle a fait n’est pas normal, pas légal », plaident les avocats de Mme Coulibaly.

Dans sa délibération, le juge de siège a retenu 2 ans d’emprisonnement ferme contre la coupable, sans tenir compte de circonstances atténuantes. Fatoumata Coulibaly était sous mandat de dépôt depuis plus d’un mois. Elle n’a pas bénéficié de sursis. Sa défense projette de faire appel devant la Cour d’appel.

Pour rappel, l’ancien imam de la Grande mosquée de Bamako, Kokè Kallé, a été destitué le 7 juin 2020 par le patriarche des Touré, l’une des trois familles fondatrices de Bamako, et aussitôt remplacé par l’un fils de feu Balla Kallé. Celui-là même que Kokè avait remplacé après sa mort. Son entourage avait expliqué son limogeage par une rivalité familiale autour de l’imamat de la Grande mosquée.

Maintenant, les regards se tournent vers les familles fondatrices. Vont-elles, avec ce verdict, reconnaître leur précipitation dans la gestion de l’affaire Kokè Kallé et permettre à cet imam de reprendre sa place d’imam de la Grande mosquée de Bamako ?

Rédaction 

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Le verdict du procès qui opposait Koké Kallé, l’imam déchu de la Grande mosquée de Bamako, à Mme Coulibaly Fatoumata Zaharaou, est tombé, hier jeudi 24 septembre au Tribunal de grande instance de la commune VI. Deux ans d’emprisonnement ferme contre la coupable, sans tenir compte de circonstances atténuantes,...