Le discours d’investiture du  président de la transition Bah N’Daw  a été accueilli  sous un  tonnerre d’applaudissements. Pendant plus de 20 minutes l’ancien Colonel Major à la retraite et non moins ancien Ministre de la défense a fait un diagnostic sans complaisance de la situation générale du Mali  qui a abouti à la chute du président El Hadj Ibrahim Boubacar. Partant, il n’a pas hésité à dire avec force que la descente du Mali aux enfers est la faute à l’ensemble du peuple malien qui a perdu le sens du patriotisme. Mais hélas, le président de la transition a été rattrapé par les réalités du pouvoir. Même s’il bénéficie d’un sursis, l’opinion publique malienne attend hic et nunc des résultats susceptibles de redonner espoir. 

L’air grave en présence de l’ensemble des forces vives de la nation, du corps diplomatique et des partenaires techniques et financiers, il a affirmé avec force   que rien ne sera plus comme avant. Aussi, il a affirmé que désormais les postes de responsabilité  seront octroyés en fonction de la probité morale et de la compétence des cadres.

Mais le maçon se juge au pied du mur a-t-on coutume de dire et déjà le gouvernement de transition doit faire face aux premiers défis. C’est vrai que le Pr Doulaye Konate Ministre de l’éducation nationale   est un homme intègre, qu’il a trouvé une école déjà minée par les grèves intempestives et des élèves et des enseignants, une école rongée par la corruption à cause du comportement peu catholique de certains promoteurs privés et  de certains fonctionnaires  de l’éducation. Mais étant en terrain connu il aurait pu déjà  prendre des mesures de précaution pour le moindre mal à défaut du pire, le temps   de procéder à des réaménagements. Pour le Malien lambda le diplôme d’étude fondamentale DEF 2020 risque d’être l’examen le plus bâclé  de l’histoire de l’éducation malienne. Depuis le début des épreuves les sujets ont fuité. Et il suffisait d’aller sur la toile en occurrence   Watsapp  pour retrouver les sujets bien traités. Le désordre était perceptible   surtout dans les grands centres urbains. Dans les localités éloignés les enseignants véreux n’ont pas eu du mal à utiliser les téléphones portables avec des nouvelles puces  pour vendre les sujets traités aux élèves les plus offrants. Alors même qu’on a interdit les phones dans les salles  d’examens. Le Pr Doulaye est déjà dans le bain pour traquer les fraudeurs afin d’assainir  l’éducation    qui est l’âme de tout pays qui jouit de ses facultés mentales. L’ancien président Sud –africain héros de la lutte contre l’apartheid Nelson Mandela   n’a-t-il pas dit que pour détruire une nation il suffit de détruire son système éducatif. Il faut aussi le souligner le développement de tout pays dépend d’un système éducatif performant. Ce qui est encore plus inquiétant s’agissant de l’école malienne, c’est les récents affrontements meurtriers entre étudiants sur la colline du savoir. Ces violences dans l’espace universitaire interpellent  au prime à bord le président de la transition  Bah N’Daw.   Pour les témoins oculaires et auriculaires, la scène macabre ressemblait    à un règlement de compte entre cartels rivaux  pour le contrôle d’une route de la drogue. Pour arrêter l’hémorragie  des parents d’élèves ont plaidé en faveur de la dissolution de l’AEEM.

Le terrain sur lequel le gouvernement de la transition est attendu est celui de la sécurité. Comme par enchantement les attaques terroristes avaient baissé d’intensités, mais l’attaque contre la position des forces gouvernementales  à Sokoura le mardi est venu rappeler à Bah N’Daw que l’insécurité à encore pignon sur rue dans le centre et le nord du Mali.  Au cours de cette attaque on déplore la mort de 12 soldats et 11 civiles. Cependant, il y’a des raisons d’espérer, une intervention aérienne a  permis de neutraliser une dizaine de terroristes, deux   pickups aussi ont été détruits.  Sur ce  champ le Ministre de la défense le Colonel Sadio Camara et son homologue de la sécurité le Colonel Modibo Kone sont beaucoup   attendus. Réputés hommes de terrain et intègres Bah N’Daou peut compter sur eux. Ils doivent avoir la confiance de la troupe, parce que l’une des raisons pour lesquelles IBK a vidé le plancher, c’est à cause du présumé détournement des fonds alloués aux forces armées maliennes. Dans son discours Bah N’Daou a été clair, il n’a pas manqué de dire que les maigres ressources de l’armée seront judicieusement utilisés. Une autre surface de réparation où le président de la transition est attendu, c’est la délicate question de la lutte contre la corruption et la délinquance financière.   Evoquant ce sujet brûlant, l’ancien pilote de l’armée de l’air a été clair, il n’ya pas de corruption zéro, mais il y’aura  pas d’impunité.

Siramakan Keita

 

Source: Le Carréfour

MaliwebSociété
Le discours d’investiture du  président de la transition Bah N’Daw  a été accueilli  sous un  tonnerre d’applaudissements. Pendant plus de 20 minutes l’ancien Colonel Major à la retraite et non moins ancien Ministre de la défense a fait un diagnostic sans complaisance de la situation générale du Mali  qui...