Un travailleur doit vivre de son service et non le contraire, a-t-on coutume d’entendre. Mais à l’entreprise de transport d’argent Burval, sis à Korofina, c’est le service et la direction de l’entreprise qui vivent des employés sur fond de maltraitance et de violation flagrante parfois de la législation malienne du travail. Face à cette situation, certains agents s’organisent pour déclarer la guerre à la filiale Mali de Burval Corporate.

Ces faits sont devenus le seul apanage de la Directrice de Burval, Mme Kayi Bibi D’Almeida qui s’emploie de toute sa force depuis son arrivée à la tête de l’entreprise (entre 2015 et 2016) à maintenir les employés de la structure dans la plus grande précarité financière.

A Burval, la motivation des travailleurs est en chute libre depuis l’arrivée de Mme Kayi Bibi D’Almeida. Et pour cause, les salaires des employés, majoritairement des chefs de famille, ne tombent plus à la fin du mois.

Selon les travailleurs rencontrés, il faut souvent attendre jusqu’au 15 ou 16 du mois pour se voir payé.

A cela, s’ajoute la baisse drastique et brutale des frais de mission des chauffeurs et des convoyeurs en dehors de la capitale malienne, lesquels sont passés de 20 000 F CFA à 13 000 F CFA.

Mieux, explique un des employés, il est presque impossible de mettre la main sur son contrat de travail. « Les contrats sont donnés pour une durée de 6 mois renouvelables. Je suis à 12 mois de travail sans pouvoir mettre la main sur la copie de mon contrat de travail. Pourtant, au moment de la signature du contrat, Burval m’a fait signer deux copies dont une devait me revenir. J’ai cherché en vain de mettre la main sur mon contrat, mais rien à faire. Chaque fois, on me raconte des ragots », s’indigne-t-il.

Ce n’est pas tout. Les travailleurs de Burval dénoncent aussi leur non-inscription à l’Inps et l’AMO, contrairement aux législations maliennes en matière de travail.

A cette situation de précarité dont ils subissent, les employés de Burval sont aussi réduits au silence et n’ont pas droit à la parole lors des rencontres avec la direction de l’entreprise. « La directrice tient ses réunions mais ne donne jamais la parole aux travailleurs », fustige un membre du personnel.

Au-delà de tout, les travailleurs dénoncent la discrimination dans les désignations pour les missions. « Les agents de nationalité burkinabé sont plus favorisés. Nous avons exigé la rotation, en vain », décrie le personnel de l’entreprise.

Pour rappel, Burval Corporate-SA est une entreprise multinationale créée au Burkina Faso et l’actuelle directrice générale est de nationalité burkinabé.

Malgré nos efforts pour avoir la version de la direction de cette société, nous avons malheureusement été butés à l’arrogance de certains agents de Burval. Il s’agit du chef du personnel, le secrétaire général du syndicat et de Ayao Tossou. Comme lors de notre première tentative de rencontrer les responsables de la société, notre équipe de reportage a été bloquée à la porte, sous prétexte que l’accès est interdit aux étrangers. Que cachent les responsables de cette société esclavagiste ? Cette interrogation doit pousser les services de l’Inspection du travail à mettre le pied dans cette société pour voir claire les conditions de travail des agents. Dans cette dynamique de l’exploitation de l’homme par l’homme, Burval bénéficie du soutien du secrétaire général du syndicat et du chef du personnel, tous deux de nationalité malienne. « C’est ici qu’on peut te parler, non dans la cour. En plus, la directrice est en congé. Je vais vous mettre en relation avec le chef du personnel, c’est le seul qui peut apporter des réponses à votre préoccupation ». C’est en ces termes qu’Ayao Tossou a bloqué notre équipe à la porte.

A la rencontre du chef du personnel, on pensait avoir un vrai interlocuteur. Malheureusement pour nous, notre surprise fut grande. Cet esclave moderne qui piétine les agents au profit de ses patrons du jour a enfoncé le clou avec une arrogance sans commune mesure. « Vous êtes journaliste ? Donc, il faut écrire ce que tu veux.  Je n’ai rien à dire »

Les partenaires de Burval doivent faire attention. Une société chargée de transporter les fonds des banques et autres institutions financières qui n’est pas en mesure de mettre ses agents dans les meilleures conditions de travail ne mérite nullement la confiance.

Burval Corporate-SA est une entreprise transporteuse de fonds en vue de permettre aux professionnels de la banque de maintenir la circulation des espèces et la disponibilité majeure de leurs services externalisés à l’ensemble de sa clientèle.

Ses activités sur le terrain consistent, entre autres : au transport de fonds, la gestion de caisse, la gestion des automates, la télésurveillance, la géo localisation, les conseils &formations.

Burval réalise la majeure partie de ses activités au Burkina Faso et est également présente dans la sous-région : au Niger, au Togo, au Mali, en Côte d’Ivoire, en Centrafrique, en Guinée Conakry.

Nouhoum DICKO

 

Source:  Le Prétoire

MaliwebSociété
Un travailleur doit vivre de son service et non le contraire, a-t-on coutume d’entendre. Mais à l’entreprise de transport d’argent Burval, sis à Korofina, c’est le service et la direction de l’entreprise qui vivent des employés sur fond de maltraitance et de violation flagrante parfois de la législation malienne...