Le syndicat national des agents des collectivités territoriales a déposé sur la table du ministre du Travail, de la fonction publique chargé des Relations avec les Institutions un préavis de grève de 15 jours qui débute  à partir de ce matin. Au moment où nous mettions cet article sous presse, les négociations étaient en cours.

 

« La République des grévistes » : c’est bien l’autre nom du Mali. Depuis l’investiture du nouveau président pour son second mandat, tous les secteurs se trouvent en agonie à cause des arrêts intempestifs de travail. En plus de l’éducation, les agents des collectivités territoriales sont rentrés dans la danse depuis un certain temps avec leur lot de revendications.

En effet, à partir de demain mardi 9 avril 2019, le syndicat national des Travailleurs des collectivités territoriales du cadre de l’Administration générale décide d’observer une grève de 15 jours au cas où les cinq (5) points de leurs revendications ne seraient pas satisfaits. Ces points sont entre autres : le paiement immédiat des salaires du 2e semestre 2017 et ceux de l’année 2018 en application à l’arrêté interministériel n°1482/MCT/MEF-SG du 8 mai 2018 portant prise en charge des salaires des fonctionnaires des collectivités du cadre de l’Administration générale sur le fonds national d’appui aux collectivités territoriales (FNACT) ; l’inscription des crédits dans la loi des finances représentant le montant des salaires et accessoires des salaires des fonctionnaires du cadre de l’administration générale, comme c’est le cas des fonctionnaires des cadres transférés (santé, éducation…) ; l’application des points d’accord contenus dans le procès-verbal de conciliation entre le gouvernement et le syndicat national des travailleurs des collectivités territoriales (SYNTRACT) en date du 24 mai 2018 ; l’adoption d’un arrêté interministériel fixant les bases et les maxima des taux des primes et indemnités allouées aux fonctionnaires des collectivités territoriales, conformément à l’article 72 de la loi n°2018 – 035 du 27 juin 2018 portant statut des fonctionnaires des collectivités territoriales ;  la relecture de la loi n°87-47 du 10 août 1987 relative à l’exercice du droit de grève dans les services publics et de son décret d’application pour mieux clarifier la liste du personnel appelé à assurer le service minimum dans les collectivités territoriales en cas de grève.

Le syndicat demande dans son préavis que l’État mette un terme à « l’injustice flagrante mise en place par l’État entre les fonctionnaires d’une même fonction publique des collectivités territoriales ». Toutefois, le syndicat regrette que leur demande d’audience auprès du ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation soit restée sans suite. Dans ce même préavis, nous lisons que plusieurs fonctionnaires de l’Administration générale auraient 10 mois d’arriérés de salaires. Le  préavis de grève indique également que cette situation a contribué  à l’abandon de poste par plusieurs fonctionnaires.

En effet, des agents de la mairie de Fana nous ont confirmé que cela fait plusieurs mois qu’ils ne sont pas payés. Le secrétaire général de la Mairie de Fana, Mamourou,  joint par nos soins nous indique : « Nous allons dès ce mardi observé une grève de quinze jours si les négociations entre notre syndicat et le gouvernement n’aboutira pas. »

Alors, disons simplement que l’heure est grave au Mali.

Fousseni TOGOLA

Le Pays

MaliwebSociété
Le syndicat national des agents des collectivités territoriales a déposé sur la table du ministre du Travail, de la fonction publique chargé des Relations avec les Institutions un préavis de grève de 15 jours qui débute  à partir de ce matin. Au moment où nous mettions cet article sous...